Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 12 octobre 2020

« La question n’est pas le programme mais la volonté d’aller ensemble dans un combat électoral »

Plus d’un millier de personnes ont signé un appel pour un rassemblement de la gauche et des écologistes dans la perspective de la présidentielle de 2022. Claire Lejeune, coordinatrice de Résilience commune, et Pierre Khalfa, membre du conseil scientifique d’ATTAC, sont les invités de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur les nombreux appels au rassemblement à gauche
Pierre Khalfa
 
« Depuis notre appel de mai 2019, il ne s’est pas passé grand chose. »
« La profusion des tribunes n’a pas bouleversé le champ politique. »
« Notre appel aujourd’hui se centre sur la présidentielle de 2022 parce que c’est l’élection majeure qui structure le champ politique. »
« On veut créer une dynamique populaire et citoyenne qui permette de peser sur le champ politique. »

 Claire Lejeune  
« Nous sommes des militants d’organisations différentes et nous nous sommes parlés sur la base d’un texte et des idées. »
« Nous faisons un pas de côté par rapport à nos organisations partisanes. »
« Il y a une amplitude du nombre de signataires : c’est un signal fort. »
« C’est une tribune ouverte et qui a vocation à être suivie d’actions. »
« C’est une tribune de plus mais elle essaie de faire la synthèse de ce qui s’est passé et qui s’appuie sur tout ce qui a été construit de collectif pendant le confinement. »

 Sur l’absence des organisations politiques, syndicales et associatives
Claire Lejeune
 
« Il y a un travail de recomposition des idées et des luttes qui est en train de se faire du côté de la société civile. La sphère partisane est à la traine. »
« Les organisations de jeunesse ont créé un mouvement commun : résilience commune. »
« Nous avons essayé de faire en sorte que les signataires soient les plus représentatifs possible de cet arc que l’on appelle à rassembler. »
« Il manque beaucoup de monde, c’est une première étincelle, et nous avons vocation à être rejoints. »

 Pierre Khalfa 
« C’est un appel qui vise à peser sur les orientations des partis politiques. »
« Ce qui nous a motivé c’est le fait qu’il y a une division qui s’installe et s’enracine à gauche et dans l’écologie politique. »
« Il y a en France une coupure historique entre le social et le politique. Cette coupure est surmontée à de très brefs moments. »
« Il y a toujours eu en France la tentative d’instrumentaliser les mouvements sociaux et les organisations syndicales de la part des partis politiques. Donc il y a une méfiance et il faut en tenir compte. »

 Sur le projet politique
Claire Lejeune
 

« Il y a un cadre qu’on partage tous : une alternative sociale et écologique. »
« Il y a un terreau pour faire ensemble qui est immense. »
« Il y a une urgence de se donner les moyens de mettre en place le rassemblement. »
« On ne peut pas se permettre de cristalliser les tensions sur la base de micro différences et il faut qu’on travaille sur les quelques grands points clefs qui peuvent nous rassembler. »
« La visée ultime c’est de faire en sorte qu’en 2022 on ne se retrouve pas avec un. Nouveau quinquennat d’Emmanuel Macron. Notre objectif c’est la conquête du pouvoir. »

 Pierre Khalfa 
« Je pense que la question est secondairement le programme. »
« Il y a un socle commun très important. »
« À gauche et dans l’écologie politique il y a un accord global sur les 34 mesures de Plus Jamais Ça. Si on appliquait ces mesures on serait dans une société différente. »
« La question n’est pas fondamentalement le programme. Quand on veut s’étendre, quand il y a la volonté d’aller ensemble dans un combat politique ou électoral, on arrive à faire des compromis. »
« Il faut toujours des compromis en politique. »
« Il faut construire la volonté politique de rassembler. »

 Sur le sondage du JDD (intention présidentielle)
Claire Lejeune
 
« Si la gauche rassemblée est une collection de logos, ça ne pèsera pas grand chose. »
« L’idée de notre appel c’est de créer une dynamique qui dépassera de très loin une simple discussion entre partis. »
« Si on aligne les logos on est à 13% mais si on insuffle un espoir nouveau en partant des luttes, en arrivant à les coaliser et en leur donnant un déboucher électoral, on fera quelque chose d’intéressant. »
« Il faut se souvenir de ce pour quoi on s’est engagé en politique en premier. »
« Il y a une évidence que l’écologie et le social sont liés. »

 Sur les candidats déclarés ou pré-déclarés 
 Pierre Khalfa 
« Ce n’est pas très grave que telle ou telle personnalité se déclare ou que tel ou tel parti désigne un candidat. C’est assez logique. »
« La question c’est est-ce qu’un processus peut se mettre en œuvre pour désigner un candidat commun. »
« Le fait que Mélenchon se déclare candidat est assez légitime : il a fait plus de 19% en 2017. Le fait que les écologistes veuillent avoir un candidat est tout à fait logique. Le problème n’est pas là. Le problème c’est : est-ce qu’on en reste là ou est-ce qu’on construit un processus politique qui permette de dépasser cette situation ? Nous souhaitons à travers cet appel construire ce processus politique qui dépasse cet état de fait. »
« Il ne s’agit pas de préempter le nom d’un candidat mais de construire un processus légitime de désignation d’un candidat commun. »
« Il faut construire un rapport de force vis-à-vis des partis politiques. »

 Sur le profil idéal du candidat commun 
 Claire Lejeune  
« Il faut au candidat la capacité de porter un projet extrêmement clair et qui sera forcément radical. Ça sera un projet de rupture et de transformation. Il lui faudra aussi avoir la capacité à incarner le rassemblement de toutes les sensibilités de la gauche et des écologistes. »
« La question de l’incarnation, c’est le bout du processus. »

 Pierre Khalfa 
« Le processus idéal serait que notre appel soit massivement signé par plusieurs centaines, voire des millions, de personnes. »
« Il nous faut construire dans les principales villes de France des relais locaux qui interpellent les partis politiques et mobilisent les citoyens. »
« Nous allons organiser un grand événement au mois de janvier pour faire le point sur le processus. »

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  • « Il faut au candidat la capacité de porter un projet extrêmement clair et qui sera forcément radical. Ça sera un projet de rupture et de transformation."

    Merci Claire, à vous d’assumer vos idées, surement mieux que Jadot au Medef.
    En toute cohérence, nous devrions nous retrouver sur un projet de rupture :
    sociale
    écologique
    démocratique
    Au fait, avant Hollande, les verts parlaient toujours de la nécessité d’une dose proportionnelle aux législatives. EELV n’en parle plus, votre parti a-t-il changé d’avis ?

    Cyrano78 Le 12 octobre à 20:32
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