Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 3 novembre 2021

« Le contrat engagement jeune ne répond absolument pas aux besoins des étudiants »

Le gouvernement vient de lancer un nouveau dispositif : un parcours d’accompagnement individuel qui prévoit notamment une allocation mensuelle pouvant aller jusqu’à 500 euros. Est-ce assez pour répondre à la précarité de la jeunesse ? Ulysse Guttman-Faure, président co-fondateur de Co’p1 Solidarités Etudiantes, est l’invité de la Midinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur le « Contrat engagement jeune » créé par Emmanuel Macron 
« Permettre aux étudiants de trouver un emploi, ça peut aller dans le bon sens. Mais ça n’est pas fait pour les étudiants : 500 euros, c’est peu pour des étudiants en difficulté… Et des offres d’emplois, il n’y en a pas tant que ça. »
« Il faudrait pousser les jeunes à continuer les études. On a énormément d’étudiants qui abandonnent leurs études faute de moyens pour se nourrir. »
« La solution la plus simple aurait été de donner plus d’argent aux universités pour ouvrir des places pour tout le monde, et d’augmenter les bourses pour permettre à chaque étudiant d’étudier pleinement. »
« La difficulté des jeunes et des étudiants, c’est d’avoir accès à l’information. Puis il faut les aider à mettre en place le dossier, à accéder à ces aides, etc. »
« Il faut que les étudiants trouvent un emploi à la hauteur de leurs capacités, de leurs espérances, et qu’ils puissent vivre avec. L’étudiant ne bénéficiera pas de ce contrat d’engagement s’il refuse un emploi qui ne correspond pas à ses études, à ses envies, à ses besoins, à ses capacités, à la rémunération qu’il peut espérer. »

 Sur l’action gouvernementale vis-à-vis des jeunes 
« On attend que chaque étudiant puisse étudier et avoir un emploi quand il entre dans la vie active. »
« La première cause d’échec universitaire, c’est le fait de travailler à côté des études. »
« Sans notre aide alimentaire, les étudiants qui viennent nous voir devraient travailler encore plus, voire arrêter leurs études. »

 Sur la proposition de Mélenchon d’une allocation de 1063 euros pour tous les jeunes 
« Ça veut dire que les étudiants peuvent accepter un emploi, accepter de se tromper, accepter un stage non rémunéré au début comme première expérience. On salue toute initiative qui permet à un étudiant d’étudier et à un jeune de s’autonomiser. »

 Sur la droite qui crie à l’« assistanat » 
« Si au moins ce discours s’accompagnait de propositions pouvant permettre à chaque étudiant d’avoir une place et une formation… Ce serait un débat politique sain. »

 Sur les politiques en direction des jeunes et des étudiants 
« La politique de la jeunesse doit être beaucoup plus ambitieuse - tous les syndicats et toutes les associations étudiantes le dénoncent. »
« Si l’électoralisme permet à des jeunes de trouver une formation, grand bien leur en fasse. Mais il faudrait que ça s’inscrive dans la durée et que ce soit un peu plus cohérent. »

 Sur la jeunesse, grande oubliée des politiques 
« Il n’y a pas de majorité sociale aujourd’hui pour les jeunes. »
« On peut voter à 18 ans, on peut aller en prison à 18 ans (même avant…) mais il n’y a pas d’autonomie des jeunes à 18 ans. »
« Les premières victimes de la précarité étudiantes sont des jeunes étrangers, c’est-à-dire des personnes qui ne votent pas. Dès lors, d’un point de vue électoraliste, ils n’intéressent pas les politiques en général. »
« On fait face aujourd’hui à une individualisation des situations : on va proposer des choses individuellement et il n’y aura pas de classe ou de groupe social qui permette à chacun de se rendre compte de la réalité. »
« Il y a beaucoup de politiques en direction des plus âgés parce qu’ils votent et se mobilisent. Les jeunes, et a fortiori les jeunes étrangers, ne votent pas et ils se retrouvent ainsi exclus des politiques publiques. »
« Si un étudiant n’a pas de quoi se nourrir, il faut demander des réponses étatiques. »
« Co’p1 Solidarités Etudiantes existe depuis septembre 2020 pour répondre à un besoin qui était le fait qu’énormément d’étudiants n’avaient plus de quoi se nourrir, se laver ou acheter des masques chirurgicaux. Co’p1 existe mais ne devrait pas exister (…). Mais Co’p1 existera tant qu’il n’y aura pas de politiques qui sont à la hauteur des besoins de la jeunesse et des étudiants. »

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