Accueil | Par Cyril Lecerf Maulpoix | 10 novembre 2017

« Le plus grand succès du néolibéralisme : la colonisation de nos esprits »

Pour la sortie de son nouvel essai Dire non, ne suffit plus ?, Regards a rencontré la théoricienne de la stratégie du choc. Une demie heure de Midinale passionnante avec Naomi Klein.

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« Trump est un étrange mélange entre la politique économique de Macron et la politique sociale de Le Pen. »

« L’idée que les gens pourront être des marques était une idée nouvelle et voilà où nous en sommes deux décennies plus tard avec ces outils extraordinaires qui nous permettent d’organiser constamment notre propre vie, nos propres expériences, nos moments les plus privés pour la consommation d’autres personnes. On produit notre propre show de téléréalité à travers les réseaux sociaux. »

Sur son livre

« J’avais l’impression que l’Histoire nous filait entre les doigts. J’ai écrit ce livre dans l’urgence parce que nous n’avons pas de temps à perdre »

« Dans le livre, je dis que l’on doit tous trouver notre Donald Trump intérieur afin de s’en débarrasser »

 

Sur la « marque » Trump

« La Marque Trump tourne autour du rêve, du désir de richesse, de l’idée que vous pouvez faire ce que vous voulez à qui vous voulez »

« Pour Trump, nier la réalité est l’expression ultime du pouvoir »

« Nous avons besoin d’un leader anti-Trump »

 

Sur la politique économique de Trump

« Trump a une vision exagérée et vulgaire du projet économique qui organise le monde »

« Le programme économique de Trump est le plus lié au monde de l’entreprise de l’Histoire ; il a ouvert les portes de l’administration à Goldman Sachs comme jamais auparavant »

« Trump a externalisé ses ministères/son administration aux entreprises les plus importantes qui bénéficient aujourd’hui de sa politique »

« Trump est vulnérable à cause de ses promesses économiques non tenues »

 

Sur la France

« La politique fiscale de Trump n’a pour but que d’enrichir les élites (…) ; sa politique fiscale n’est pas très différente de celle de Macron »

 « Ces politiques économiques punitives affaiblissent les démocraties et des personnes comme Marine Le Pen capitalisent dessus »

 

Sur l’international

« Le grand enjeu sur la scène internationale, c’est qu’il [Trump] est tellement obscène, il a tellement baissé le niveau, que tout le monde à l’air bien à côté de lui (…) même Macron et Trudeau ont l’air de super héros »

« Les gens sont tellement avides d’espoir au milieu de cette époque si effrayante qu’ils transforment dangereusement des personnes comme Trudeau en Rockstar »

« Il y a une sorte de désespoir à considérer Trump comme un agent étranger comme si tout ce qu’il se passait était orchestré par Poutine »

 

Sur l’Accord de Paris

« Il y a quelque chose de très profond dans la relation de Trump à la vérité et à la réalité. Son climato scepticisme n’en est qu’une manifestation »

« Je ne pense pas qu’il ne croit pas au changement climatique, je crois juste qu’il s’en fiche »

 

Sur les fake news

« Au sein de l’administration Trump, ils organisent des concours pour faire passer le plus de mensonges dans la presse ; ils passent leur temps à fuiter des mensonges »

« Ils construisent leur propre réalité : quelle meilleure manifestation de leur puissance que ça ? »

 

Sur la question du "Quoi faire ?" Le Manifeste.

« Alors que la politique a été confisquée par les PDG, le marketting, etc. il est encore possible de gouverner avec des idées »

« Il y a une vraie désaffection du système mais il est possible de parler à la colère qui s’exprime, partout, par le biais d’un internationalisme qui ne dresse pas les gens les uns contre les autres sur la base de la race, de la religion ou du statut migratoire »

« On ne doit pas avoir peur de dessiner le monde et d’essayer de le construire en miniature : depuis les villages et les villes »

 

Sur la société de consommation

« Il faut regarder la façon dont notre propre identité a été colonisée par le système et les marques »

« L’idée que les gens pourront être des marques était une idée nouvelle et voilà où nous en sommes deux décennies plus tard avec ces outils extraordinaires qui nous permettent d’organiser constamment notre propre vie, nos propres expériences, nos moments les plus privés pour la consommation d’autres personnes. On produit notre propre show de téléréalité à travers les réseaux sociaux »

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Vos réactions

  • Merci pour cette interview. J’ai toujours espoir que ce type de discours fait reculer la "résignation"...

    Carlos Le 10 novembre à 15:05
  •  
  • Merci pour la transcription synthétique, super idée de Regards, j’aimerais que d’autres sites s’en inspirent.

    marie Le 10 novembre à 16:05
       
    • Cette transcription est d’autant mieux venue que l’interview n’est vraiment pas dense de contenu (la faute à l’interviewer ?).

      Certaines constatations, quoique justes, n’ont rien de neuf. Déjà en 2003 lors de l’invasion de l’Irak, le vice-président Dick Cheney affirmait posément que les USA, en leur qualité d’hyperpuissance mondiale, pouvaient "créer leur propre réalité" (les armes de destruction massive de Saddam Hussein restaient alors introuvables, et pour cause...).

      D’autre part, si Trump mérite évidemment de graves critiques, les démocrates style Clinton sont tout aussi dangereux pour la planète : les libertariens de la Silicon Valley (Google, Mocrosoft, Apple, etc.) sont leurs fidèles alliés. En fait c’est toute la classe politique étatsunienne, à l’exception possible de quelques individus isolés comme Sanders, qui représente un danger mondial. Ce serait une faute considérable de l’oublier.

      hopfrog Le 12 novembre à 19:44
  •  
  • « Le grand enjeu sur la scène internationale, c’est qu’il [Trump] est tellement obscène, il a tellement baissé le niveau, que tout le monde à l’air bien à côté de lui (…) même Macron et Trudeau ont l’air de super héros » (sic)

    Même les Féodaux du Maghreb et des Pétro-dollars de la Péninsule !

    buda Le 11 novembre à 08:40
  •  
  • « Ces politiques économiques punitives affaiblissent les démocraties et des personnes comme Marine Le Pen capitalisent dessus »

    Encore le piège de l’Economisme primaire et mécaniste qui fait de l’Idéologie une pure et simple duplication de la sphère Eco ......
    La prise de conscience de Classe prend naissance dans un mouvement Dialectique matérialiste inscrit dans une Histoire.

    ........ "punitives" ? si c’était, il y aurait Frustrations génératrices de Violences envers les autres et envers soi-même....
    Les salariés ne sont pas privés du sein maternel !
    Croire que les fascismes naissent d’un manque de pouvoir d’achat, il en faut plus pour leur assigner un rôle dans l’Histoire des peuples.

    buda Le 11 novembre à 09:18
  •  
  • Sommes -nous condamnés à réinventer la roue ou l’eau chaude sempiternellement ?
    Victor Hugo en son temps écrivait déjà que prier ou dénoncer ne suffisait pas et qu’’il fallait agir" ; Quant à Marx et Engels, ils appelaient ,en leur temps, à transformer le monde plutôt qu’ à l’interpréter... et déjà ils constataient que les idées dominantes sont celles de la classe dominante... Naomi Klein, en ce début du XXIe siècle, nous montre que les outils de domination des esprits pour obtenir le consentement des peuples se sont certes perfectionnés , mais que le fond demeure le même.

    Roland B Le 12 novembre à 19:19
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  • Bonjour
    Et Marx parlé déja de l’aliénation, du fétichisme de la marchandise !.... Roland B vous avez raison.
    Comme on parle du libéralisme sauvage, du néo libéralisme , mais le mot capitalisme simplement est oublié.
    Mais bon il faut bien que chaque génération se ré-approprie les concepts, réadapté a son époque.
    Cela permet de réintroduire certaines analyses qui seraient oubliés.

    BOB Le 21 novembre à 17:48
  •  
  • Bonjour
    Il y a quelque chose de génant, dans toutes ces analyses et particuliérement a la critique de Trump.
    C’est que Trump montre la vrai réalité du capitalisme triomphant,son agressivité, son cynisme, son arrogance, sans complexe ....
    A que c’était bien !, sous Obama, ou les Clintons, avec un capitalisme qui savait endormir les gens , ne pas les choquer, se faire oublier ;caresser les femmes, les homos, les minorités dans le sens du poil. avec toute une armée de spécialistes, médias qui présenté bien les problèmes, alors que la logique capitalisme continué inexorablement a faire ses dégats.les années Obama, Clinton avait peut être trop endormie les gens, retour au réel.
    C’est peut être la mêmes chose chez nous avec cette gauche réformiste ?.

    BOB Le 21 novembre à 18:01
  •  
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