Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 17 janvier 2019

Leila Chaibi : « On veut faire élire des eurodéputés qui tissent les colères à l’échelle européenne »

A quelques mois des élections européennes, en pleine crise des gilets jaunes, que peut la France insoumise ? La candidate LFI aux élections européennes, Leila Chaibi, était l’invitée de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur la prestation de Macron avec les élus locaux 
« Pendant sept heures, le président de la République a parlé et a été retransmis sur toutes les chaines d’infos. C’est quand même hallucinant. »
« Il n’y avait plus de publicité, plus rien, les émissions suspendues, pour entendre sa majesté, Jupiter, le président de la République. »

 Sur la crise des gilets jaunes 
« Si Emmanuel Macron veut sortir de la crise des gilets jaunes, il y a plusieurs possibilités : il faudrait d’abord répondre aux revendications des gilets jaunes et pour ça, il n’y a pas besoin d’un grand débat. »
« Le vrai grand débat il a déjà commencé depuis des semaines : sur les ronds-points, dans les rues, dans les foyers, dans les mairies avec les cahiers de doléances. »

 Sur le refus de participer au grand débat par LFI 
« Ce qu’on constate dans les études, c’est qu’il y a autant de personnes qui ont prévu de s’y rendre que de personnes qui ont prévu de ne pas s’y rendre. »
« La position de principe à LFI, c’est plutôt d’accepter de débattre, le problème, c’est qu’on est dans un faux grand débat. »
« Ce n’est pas un débat, c’est un QCM avec des cases qui ont déjà été choisies par le gouvernement. »
« Il y a des sujets tabous sur lesquels on ne peut pas se positionner comme le retour sur le rétablissement de l’ISF. Le gouvernement a déjà dit qu’il ne changerait pas de cap, qu’il avait été élu sur un programme. »

 Sur la progression du Rassemblement national 
« Depuis le début de ce mouvement, on entend partout que les gilets jaunes seraient des militants d’extrême droite et, petit-à-petit, il y a une prise de conscience que c’est plus compliqué que ça. »
« On essaie de mettre en scène le fait qu’il n’y aurait que d’un côté Macron et de l’autre le Front national. »
« Je ne pense pas qu’il faille se dire qu’il faudrait que les gilets jaunes se mettent à devenir des insoumis. On n’est pas dans un objectif de récupération. »
« Le vrai responsable de la situation, ce n’est pas le voisin, ce n’est pas l’immigré, ce n’est pas le bénéficiaire du RSA mais c’est le gouvernement, c’est Macron et les politiques qui sont menées. »

 Sur la stratégie populiste de LFI 
« On s’adresse à deux catégories de la population : d’un côté, le peuple de gauche, les déçus du quinquennat de François Hollande, et de l’autre ceux qui ne se déplacent même plus pour aller voter et qui disent ‘gauche/droite c’est tous les mêmes’. »

 Sur les européennes de mai prochain 
« Il y a des gilets jaunes parmi les candidats de la France insoumise. »
« On a une liste extrêmement diverse avec des gens qui ne sont pas des militants traditionnels. »
« On veut envoyer au Parlement européen une équipe d’eurodéputés qui soit en capacité de tisser les colères à l’échelle européenne. »
« Il faut faire entrer la voix du peuple dans ce truc hyper technocratisé qu’est le Parlement européen, qui est hyper obscur, hyper loin du quotidien. »
« On ne va pas mentir aux gens, on ne va pas faire croire que si on a un maximum de députés LFI, dans le cadre de l’UE on va pouvoir appliquer le programme de l’Avenir en commun. »
« Tels que sont faits les Traités européens, on ne peut pas changer la vie des gens. Mais sur certains sujets, il y a moyen d’obtenir des victoires concrètes notamment sur l’évasion fiscale. »

 Sur le Brexit 
« Si on avait une Union européenne qui privilégiait la vie des gens plutôt que celui des marchés, plutôt l’intérêt général plutôt que le business, je ne suis pas sûr que les Britanniques auraient voulu sortir de l’UE. »

 Sur les critiques internes à la France insoumise 
« Je pense qu’il ne faut pas se voiler la face. Il y a un enjeu clair à LFI : dès le départ, l’idée, c’était de ne pas faire un parti politique. »
« Si il y a un désintérêt massif des populations vis-à-vis des partis politiques et de la politique telle qu’elle se pratique aujourd’hui, c’est parce que les partis politiques, intrinsèquement, sont des machines où on se regarde le nombril, où l’on passe plus de temps recroquevillé vers l’intérieur qu’à agir sur l’extérieur sur la société. »
« A LFI, on a voulu constituer quelque chose qui soit un mouvement où il n’y a pas d’histoire de tendances, de textes votés, de motions. »
« Maintenant, clairement, la difficulté que l’on a, c’est comment on fait en sorte, sans tomber dans les travers habituels d’un parti politique, de permettre que chacun s’exprime, de permettre qu’il y ait de la démocratie interne et de la transparence. »

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