Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien, Pierre Jacquemain | 1er mars 2021

Lilian Alemagna : « Il faut alerter les dirigeants de gauche pour qu’ils arrivent à une solution d’union »

Ce week-end, Libération a publié une enquête, sur la base de témoignages, sur cet électorat de gauche qui ne votera plus jamais Macron – y compris en cas de second tour face à Le Pen. Libé entend ainsi alerter les dirigeants de gauche. Lilian Alemagna, chef du service politique de Libération, est l’invité de #LaMidinale​.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur l’enquête de Libération 
« On a juste fait notre travail de journaliste. »
« Les dirigeants de gauche nous ont fait remonter le fait qu’ils ont de plus en plus de militants et de sympathisants qui s’interrogent sur leur vote de second tour en cas d’absence de candidat de gauche. »
« On a souhaité, non pas faire un sondage comme le font d’autres médias, mais s’appuyer sur des témoignages (…). On a récolté plus d’un millier de réponses. »
« Plusieurs des témoignages convergent vers l’idée que cette fois, voter Macron ça serait non. »

 Sur les critiques de la macronie 
« Il y a une absence de remise en question de la macronie. »
« Si on regarde qui nous a critiqué, c’est surtout des dirigeants de la majorité plutôt issus du PS ou d’EELV et qui ont rejoint Emmanuel Macron en 2017. C’est un peu pour le président, les garants du socle social-démocrate de l’électorat de premier tour. »
« Ils s’en prennent à nous pour se faire passer pour la gauche responsable et nous faire passer, avec d’autres, pour une gauche irresponsable qui demain ne choisirait pas entre Le Pen et Macron au second tour. »
« Nous alertons sur un fait politique qui est que le barrage contre le FN a tenu aux régionales en 2015, au second tour en 2017. Et il y a un risque que ce barrage ne tienne plus aux régionales et en 2022. »
« Les duels annoncés plus d’un an à l’avance ne se sont jamais reproduits dans la Vème République. »

 Sur Macron et Le Pen 
« Dans les témoignages que nous avons reçus, il y a beaucoup de gens de gauche qui croyaient au discours d’Emmanuel Macron sur l’égalité des chances, sur l’école ou la République. Et ils sont déçus. »
« Certains des sympathisants de gauche considèrent qu’Emmanuel Macron est un marche pied pour le RN. Il fallait le mettre en lumière. »
« En 2002, il y a eu une prise de position éditoriale pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen et éviter que l’extrême droite arrive au pouvoir en France. La Une de ce weekend sert au débat sur la base de témoignages. »

 Sur Libération  
« J’assume la Une de 2017 [‘Votez ce que vous voulez mais votez Macron’]. On est un journal d’opinion et il nous revenait de prendre position. »
« Libé n’est pas un journal qui a fait campagne pour Emmanuel Macron. On a appelé à voter Macron à la veille du second tour pour faire barrage à l’extrême droite. »
« Avec le Une de ce weekend, il n’y aucune volonté de noter part de se racheter de la Une de 2017 mais il y a une volonté de poser un débat. »
« Libération est un journal des gauches. Libération doit réunir et alerter. »
« Il faut alerter les dirigeants de gauche pour qu’ils arrivent à une solution d’union. »

 Faites-ce que vous voulez mais votez Macron : aujourd’hui encore ? 
« [Si la situation se reproduit], il y aura un débat dans la rédaction et une prise de position éditoriale : on ne se cachera pas derrière notre petit doigt. »
« On est un journal dans une démocratie : on se doit d’avoir une prise de position éditoriale. »
« On est un journal où ça discute beaucoup, on a un comité de rédaction auquel tous les journalistes peuvent participer et donner leur avis. »
« La réalité aujourd’hui, dans le peuple de gauche, c’est que des gens nous disent que plus jamais ils ne voteront Macron. »
« On a eu des critiques du côté des insoumis nous disant que l’on faisait peur en installant le duel entre elle et lui. Mais c’est faux : les sondages valent ce qu’ils valent mais ils créent une réalité politique qu’il faut traiter. »

 Sur la démocratie et Emmanuel Macron 
« Je ne mettrai jamais un signe égal entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. »
« J’ai grandi dans une région où le FN a été au pouvoir et a dirigé des municipalités donc je sais faire la différence entre une gestion d’extrême droite et une gestion de droite. »
« Emmanuel Macron n’est plus le président du en même temps : il s’appuie beaucoup plus sur sa jambe droite que sur sa jambe gauche. »
« La question que la majorité doit se poser, c’est pourquoi les gens de gauche qui ont voté pour elle ne voient pas les mesures sociales, sociétales ou en matière d’éducation qui ont été prises. Sûrement parce que le début de quinquennat a été consacré à faire des cadeaux aux très très aisés. »
« A partir du moment où l’on décide de remettre sur les rails la réforme de l’assurance chômage, c’est-à-dire de faire des économies sur les gens qui vont être victimes de la crise économique et sociale due à la crise sanitaire, tout en refusant de taxer l’épargne accumulée par les plus aisés, ça définit une ligne politique - de droite. »

 Sur Libération, journal des gauches 
« En 2017, on avait été à l’initiative, quand on ne parlait pas encore de primaires à gauche, d’une tentative de primaire qui irait de François Hollande à Jean-Luc Mélenchon. Avec peu d’espoir que ça aboutisse. Mais c’était notre rôle en tant que journal qui voulait favoriser l’union. Ce sera aussi notre rôle pour 2022 : faire dialoguer les responsables politiques de gauche, trouver des convergences entre eux et les mettre face à leurs responsabilités. »
« Cela ne veut pas dire qu’il faut une candidature unique parce qu’il faut aussi qu’il y ait une diversité pour les électeurs de gauche. Mais il faut éviter le morcellement qui ferait qu’il y ait une impossibilité pour un candidat de gauche d’arriver au second tour. »
« En 1934, les communistes et les socialistes ont su se mettre ensemble dans une même manifestation contre les Ligues d’extrême droite ; avant 1981, communistes et socialistes avaient réussi à se mettre d’accord pour un programme commun. Pourquoi est-ce que ce serait impossible aujourd’hui ? »
« Il n’y a qu’à lire ce que dit sur les réseaux Jean Quatremer : il est beaucoup plus proche de la majorité de la rédaction de Libération parce qu’il a vu ce qui s’est passé en Europe et à Bruxelles, notamment depuis les dernières crises politiques. »

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  • Bonjour,
    moi,qui vote depuis 1974,pour la gauche,a voté Mitterand en 81,puis les années suivantes ,pour les autres candidats de gauches,puis Mélenchon à la derniere élection,je me demande à chaque élection ,si cela a encore un sens,et si à la prochaine je ne vais pas m’abstenir.......

    bob Le 1er mars à 19:39
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