Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 4 avril 2019

Liliana Hristache : « Les enfants roms veulent juste vivre et avoir un avenir »

Une semaine après les fausses rumeurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux - évoquant le kidnapping d’enfants par des Roms -, comment vivent les familles ? Quelles conséquences sur les enfants ? Liliana Hristache, présidente de Rom Réussite, est l’invitée de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur les conséquences des violences à l’égard des familles Roms 
« La plupart des familles se sentent visées, elles ont peur et sont inquiètes. »
« La plupart des gens dans les bidonvilles, les femmes surtout, ne sortent plus du tout. »
« Les femmes sont enfermées et elles vivent avec la peur. »
« Depuis une semaine, beaucoup d’enfants ne sont pas retournés à l’école. »

 Sur l’évolution de la violence envers les Roms 
« Je suis inquiète pour moi dans la rue. »
« Des gens sont toujours hospitalisés en ce moment suite aux violences. »
« Il y a toujours des menaces de ceux qui disent qu’ils vont revenir avec des bâtons, incendier nos terrains, donc c’est inquiétant. »

 Sur l’origine des agressions et le racisme antiroms 
« Les agressions sont liées à la fausse rumeur qui a circulé sur les réseaux sociaux mais, en réalité, l’origine des agressions est plus ancienne. »
« On vit dans un racisme total depuis des siècles. »
« On essaie de faire changer les choses, on crée des associations pour sortir des préjugés que l’on a sur nous. »
« En tant que femme rom, je sens que le racisme est plus fort qu’avant. »

 Sur les préjugés 
« J’aimerais bien faire comprendre [à ceux qui véhiculent les préjugés] que nous ne sommes pas des voleurs d’enfants, que nous ne faisons de mal à personne et que nous ne faisons jamais la guerre. »
« Les gens nous font la guerre mais nous, nous ne la faisons jamais. A chaque fois qu’il y a un problème, on prend nos valises et on s’en va tranquillement. »
« Nous ne sommes pas des gens mal éduqués. »

 Sur la scolarisation des enfants roms 
« Le quotidien des enfants roms est très difficile et très triste parce qu’ils n’ont pas les moyens de vivre comme tous les autres enfants ? »
« Souvent, on nous dit que nos enfants ne vont pas à l’école : mais comment voulez-vous qu’un enfant soit heureux à l’école quand il est mal regardé par les autres enfants. »
« Quand on réussit à inscrire des enfants à l’école, c’est comme si on avait fait le plus gros boulot de notre vie. »
« [A cause des expulsions régulières], nous sommes amenés à scolariser les mêmes enfants deux à trois fois par an. »

 Sur l’Europe
« L’Europe pour nous, c’est une ouverture des droits dans les autres pays de l’Union européenne. C’est une ouverture des frontières. »
« Avant l’Europe, on était plus stigmatisé, plus dans des difficultés d’accéder aux droits, y compris simplement pour une domiciliation. »
« Depuis qu’on est en Europe, il y a une amélioration de l’accès aux droits mais pas d’amélioration de nos conditions de vie. »
« Je ne comprends pas pourquoi l’Etat, pourquoi cette société accepte que des gens vivent dans la précarité et dans la misère alors qu’il y a tous les moyens sur la table. »
« Il faut penser aux enfants qui veulent juste vivre et avoir un avenir. »

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  • Membre de la ligue des droirs de l homme , les temoignages sur la non scolarisation des enfants sont devenus des faits banalises que nous dénonçons ts les jours.
    J ai l exemple d un enfant de 13 ans qui a suivi toute sa scolarité en primaire dans 5 lieu différents d Île de France .En fin d année scolaire 2017-2018 il passe des tests a Vigneux pour entrer en collège mais le camp est démantelé .La famille trouve refuge sur Ivry mais le risque d expusion est si fort que la maman ne se sent pas la force de faire les démarches pour inscrire son enfant.
    En février la famille est dans un squatt sur un terain prive a Vitry avec tjs ce risque d etre expulsee et ce n est que maintenant que la maman tente les demarches aupres du CIO en charge des inscriptions en collège et la que dit on a la maman l enft doit passer des test et ce ne sera que le 4 juin pour une rentrée en septembre et on demande un vérification de domiciliation alors Que le seul fait de résider même en squatt sur la ville suffit à le scolariser. Que de temps perdu pour cet enfant qui a le droit à la scolarisation comme tt enfant
    Comment voulez vous que les familles ne baissent pas les bras devant tant de freins stupides liés au peu de moyens dont disposent les CIO, l inspection d academie ( ministère de l éducation nationale ) s en lavant les mains , et qui sont si discriminants .
    Par ailleurs les domiciliations qui sont de la compétence légale des centres commununaux d action sociale ( CCAS) ont déléguées aux associations qui ont un quota à hauteur du financement pour cette action et qui se disent débordées .
    Revenons dans nos communes à des CCAS efficaces et dotés de personnels competents et bienveillants formes pour ces taches infispensables poyr que ces familles puissent avoir leurs droits a la sante à l hebergement, à la scolarisation des enfts des la maternelles ,aux transports ...comme tt un chacun et refusons l arbitraire des associations dont certaines font de la morale et se nourissent de la pauvreté .

    Slawny Florence Le 5 avril à 12:32
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