Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 21 mai 2019

Louise Ylla-Somers : « Il y a, sur les écrans, de plus en plus de regards différents sur la banlieue »

Cette année, le dispositif la Quinzaine en actions, qui permet de rendre le cinéma et le Festival de Cannes accessibles au plus grand nombre en accueillant les habitants en exclusion sociale aux projections de la Quinzaine des Réalisateurs, fête ses 10 ans. L’occasion de recevoir, sa coordinatrice, Louise Ylla-Somers.

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VERBATIM

 

 Sur les publics du Festival de Cannes 
« Le Festival de Cannes appartient aux professionnels du cinéma. Il y a très peu de publics. »
« La Quinzaine des Réalisateurs est la seule sélection qui offre une billetterie, la seule section où le public peut acheter son ticket. »
« C’est toujours les classes sociales les plus favorisées qui vont au cinéma. »
« Il y a plus de 50% de la population qui n’a pas accès à la culture. »
« Les films sélectionnés au Festival font peu d’entrées et sont souvent réservés à des cinéphiles auteuristes. »

 Sur le cinéma et les quartiers populaires 
« Pour les habitants des quartiers populaires de Cannes, c’est beaucoup de complications. Moins de transports, impossibilité d’accéder aux restaurants… »
« J’ai l’impression que les films sur les quartiers populaires sont moins clichés qu’auparavant, comme avec Les Misérables dans la sélection officielle ou Divine. »
« Il y a, sur les écrans, de plus en plus de diversités et de regards différents sur la banlieue. »
« Le regard des cinéastes sur les quartiers populaires avance un peu. »

 Sur le dispositif de la Quinzaine en Actions 
« Les gens qui ne regardent pas le cinéma ont un regard très spontané, très naturel. »
« Les intervenants sont souvent épatés et heureux de rencontrer ceux des quartiers populaires qui ne voient habituellement pas leurs films. »
« En général, on sélectionne cinq ou six films de la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs parce qu’on a envie de leur montrer la diversité du cinéma. »
« Les réalisateurs et les intervenants jouent le jeu et souvent, ça donne de très jolis débats. »

 Sur le rôle de l’éducation nationale 
« Il existe le dispositif “collèges et lycées au cinéma” qui commence à poser des petits graines - en matière de sensibilisation. »
« Ce qui nous intéresse, c’est d’aller voir les publics qui ont décroché de l’école. »
« Il devrait y avoir une vraie prise en charge de ces questions, d’autant plus avec la saturation d’images que les jeunes ingurgitent à longueur de journées : l’éducation à l’image devrait être l’une des grandes missions de notre époque. »

 Sur le bilan du dispositif 
« On n’a pas vraiment vocation à faire naitre des vocations : on sait bien qu’ils ne vont pas devenir cinéastes. Nous, c’est vraiment le partage et la transmission qui nous intéresse. »
« Ce que l’on cherche, c’est de permettre l’accès à la culture et l’ouverture des œillères, de développer son esprit critique. Mais on n’est pas naïfs : on sait bien qu’on ne va pas faire émerger des réalisateurs avec ce dispositif. »
« On espère susciter un désir de culture, qu’il repousse la porte du cinéma, sans nous, au bout de deux ou trois films. »
« Notre mission, c’est vraiment l’accès à la culture plutôt que de faire naitre des vocations professionnelles. »

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