Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 12 octobre 2018

Madjid Messaoudene : « Il n’y a pas plus d’homophobes à Saint-Denis qu’ailleurs »

A l’occasion du débat sur la convergence des luttes LGBT+ et antiracistes organisé en mairie de Saint-Denis samedi 13 octobre à 18h, Madjid Messaoudene, conseiller municipal Front de Gauche délégué à l’égalité des droits à Saint-Denis, était l’invité de la Midinale.

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VERBATIM

 

 Sur l’égalité des droits 
« Ce qui est sûr, c’est qu’on n’est pas en train de progresser. On voit tous les jours une nouvelle dépêche sur une nouvelle agression homophobe. »
« Si on note plus facilement ces meurtres homophobes ou transphobes, c’est qu’il y a une prise de conscience et une tolérance des gens qui est arrivée à saturation. Les gens ont décidé de ne plus rien laisser passer et de considérer qu’une agression sur la base d’une orientation sexuelle est quelque chose d’inacceptable. »
« Il faut redoubler d’effort et combattre d’avantage ces violences-là. »

 Sur le débat autour de la convergence des luttes entre LGBT et racisés 
« Je ne comprenais pas pourquoi dans une ville comme Saint-Denis, on n’aurait pas le droit de parler d’homophobie, de transphobie et de convergence des luttes avec les luttes antiracistes classiques. »
« Dans les mentalités, quand on dit Saint-Denis, on pense tout de suite à violences, homophobie, islamisme… alors que Saint-Denis, c’est beaucoup de choses en positif. »
« Saint-Denis, ce n’est pas un repère d’homophobes plus qu’ailleurs mais il y a besoin de parler d’homosexualité et des communautés LGBT comme ailleurs dans le pays. »
« Il faut faire le constat de l’invisibilisation de certaines communautés dans certains endroits. »
« On est tout à fait capable de lutter contre toutes les formes de discriminations. »

 Sur l’homophobie dans les villes populaires 
« La ville de Saint-Denis n’avait jamais travaillé sur ces questions là alors que c’est une ville qui est engagée sur tous les fronts. »
« Je refuse qu’une lutte quelle qu’elle soit puisse être invisibilisée sur le territoire. »
« Il n’y a pas assez de discussions autour de ces sujets là et j’estime qu’il faut parler d’homophobie et de violences contre les communautés LGBT partout, à Saint-Denis comme à Versailles. C’est d’ailleurs à Versailles que les communautés réactionnaires sont organisées comme la Manif pour tous et les mouvements contre la PMA. »
« Je peux comprendre que des personnes aient moins envie de s’assumer dans certains quartiers qu’à Paris qui est connue pour être gay friendly. »
« Partout où les personnes LGBT vivent, ces personnes doivent pouvoir vivre leur orientation sexuelle le plus librement possible sans être menacées ni verbalement ni physiquement. »

 Sur le rapport entre les religions et les discriminations 
« Les plus rigoristes dans toutes les religions ne sont pas forcément gay friendly. Mais moi, je ne demande pas aux musulmans, aux juifs et aux cathos de venir manifester à la marche des fiertés. Ce que je leur demande, c’est de respecter les choix que font les personnes LGBT et de ne pas manifester contre. »
« Je souligne quand même que les plus actifs dans les mouvements réactionnaires contre le mariage pour tous et contre la PMA, ce sont les catholiques intégristes. »
« La limite est, je pense, une posture ouvertement hostile à l’ouverture de certains droits. »

 Sur le lien entre les luttes des racisés et celles des LGBT 
« L’enjeu est de savoir comment on peut s’unir, notamment dans les quartiers populaires et combattre ensemble. »
« Aujourd’hui, il a des collectifs à Saint-Denis avec lesquels on ne travaille pas. Non pas parce qu’on n’a pas envie mais parce qu’on ne les connait pas, parce qu’on n’a pas mis d’action en place et parce que ces questions là n’ont pas été abordées auparavant. »

 Sur le procès avec Génération Identitaire 
« Je suis attaqué avec Thomas Portes et deux autres personnes. Je les ai qualifiés de nazis, c’est Thomas qui les a qualifiés de néo-nazis mais on ne s’est pas concerté donc ça veut dire que, quelque part, c’est ce qu’ils inspirent. »

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