Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 31 octobre 2019

Mal-logement : « Les organisations syndicales et politique de gauche ne sont pas à la hauteur »

Le 1er novembre commence à la trêve hivernale des expulsions locatives qui durera jusqu’au 31 mars prochain. Où en est-on de la lutte contre le mal-logement et le sans-abrisme ? Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL (Droit au logement), est l’invité de la Midinale.

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VERBATIM

 

 Sur la trêve hivernale qui commence le 1er novembre 
« La trêve hivernale, ça veut dire pas d’expulsion pendant l’hiver, c’est-à-dire entre le 1er novembre et le 31 mars. »
« La trêve hivernale est un acquis après l’appel de l’abbé Pierre en 1954 et grâce à une loi des communistes en 1956. »

 Sur les raisons des expulsions locatives 
« 80% des expulsions sont liées à des impayés de loyers. Et les 20% qui restent, ce sont des congés donnés par les propriétaires, en général à caractère spéculatifs. »
« Il y a trois causes aux expulsions : la flambée des prix de l’immobilier et par voie de conséquence, des loyers, encouragée par les pouvoirs publics qui soutiennent le renchérissement et la spéculation immobilière ; la baisse des revenus des locataires qui sont de plus en plus issus des classes populaires et qui voient leurs revenus baisser ; la baisse des APL par l’Etat. »
« Il y a plus de 130.000 jugements d’expulsions qui sont rendus chaque année. »
« On a atteint les 15.000 expulsions manu militari, c’est-à-dire avec l’intervention de la police. »
« Les juges appliquent la loi : c’est du côté du législateur et du gouvernement qu’il faut aller chercher la responsabilité. »

 Sur les solutions au mal-logement et au sans-abrisme 
« On a des personnes qui ont été expulsées ces dernières semaines et qui dorment dans leur voiture. »
« On a bloqué beaucoup d’expulsions en faisant des piquets anti-expulsions. »
« Plutôt que d’agir sur les causes du mal-logement, le gouvernement va agir sur un petit bout du résultat. »
« Les politiques publiques aujourd’hui nourrissent et aliment la crise du logement. »
« Sur le logement, des choses ont été faites au XXè siècle : on a encadré les loyers dans le secteur privé, on a régulé la spéculation immobilière, on a produit du logement social. »
« Il faut mettre en place une politique de réquisitions : on n’a jamais compté autant de logements vacants. »
« Il faut une politique d’encadrement des loyers à la baisse et une taxation des produits spéculatifs. »

 Sur les pouvoirs d’un-e maire en matière de logement 
« Le maire a de vrais pouvoirs : il a les moyens d’une vraie bataille politique qu’il ne mène pas. »
« Il faudrait porter des arrêtés anti-expulsions, anti-coupures d’énergie et de réquisitions de manière beaucoup plus vigoureuse même si certains maires communistes le font. »
« Les municipalités de gauche sont à la traine de la lutte contre la crise du logement et pour le logement des classes populaires. »

 Sur les alliés objectifs du mal-logement et du sans-abrisme 
« L’expansion de Airbnb est une catastrophe sur le plan locatif. »
« Si on limite la location à quatre semaines, si on interdit la location de résidence secondaire, si on bloque les transformation de magasins en hébergements touristiques, il faut des dizaines et des dizaines d’inspecteurs qui vont vérifier et coller des amendes. Mais aujourd’hui, il n’y a pas cette volonté politique. Il n’y a que de l’affichage et ça, les gens le savent. »
« L’Etat a coupé les subventions à la construction de logements sociaux. »

 Sur la mobilisation en faveur du mal-logement et du sans-abrisme 
« Certains pays ont réussi à calmer la spéculation immobilière. »
« Les Allemands sont très mobilisés sur la question du logement parce qu’ils voient la spéculation débarquer dans leurs villes. »
« Les Français ne sont pas du tout mobilisés sur la question du logement : nous, quand on fait une manifestation, on est 500. C’est ridicule quand on voit les conséquences dramatiques que ça a pour les gens dans leur vie quotidienne. »
« Travailler la moitié du mois pour avoir un abri souvent merdique, ce n’est pas possible. »
« Les organisations syndicales et politiques de gauche ne sont pas à la hauteur sur la question du logement. »
« Le 28 mars prochain sera une journée de mobilisation européenne sur la question du logement. »

 Sur la crise de l’accueil des réfugiés 
« Il y a trois millions de logements vacants, un million de plus qu’il y a douze ans. »
« La crise de l’accueil des réfugiés vient se surajouter à la crise du logement. »
« Il commence à y avoir des expulsions de résidents de foyers parce qu’ils ont hébergé des tiers. »
« La politique est très dure aujourd’hui pour tuer les solidarités avec les mal-logés et les sans-logis. »

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