Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 15 janvier 2019

Malik Salemkour : « Les Droits de l’Homme en France sont très fortement malmenés »

Libertés publiques, droit de manifester, répression, violences policières, #giletsjaunes, laïcité. Le président de la Ligue des Droits de l’Homme, Malik Salemkour, dresse un état des lieux des droits de l’Homme et des libertés en France, en pleine crise sociale. Il était l’invité de #LaMidinale.

(et nous vous prions d’accepter toutes nos plus plates excuses quant à la qualité de la captation son, victime d’un étrange mal non-identifié)

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VERBATIM

 

 Sur la révision de la loi sur la laïcité 
« Ce projet de révision [de la loi sur la laïcité] est inutile. Il concerne soit des questions de lutte contre le terrorisme, soit des questions de financement - ce à quoi répond déjà la loi de 1905. »
« On voit bien que la question de la laïcité, et derrière la question de l’Islam, qu’agite le gouvernement, est un des points clivants de la société française. »
« Il s’agit de jeter en pâture différents sujets qui divisent plus qu’ils ne rapprochent. Et ça ne permet pas d’apaiser la société. »
« Aujourd’hui, bien sûr qu’on a besoin de débattre. Mais pour débattre, il faut des éléments contradictoires, des éléments de faits. »
« Si on veut simplement des impressions, des opinions, on risque plutôt de révéler les mauvais penchants, les travers, plutôt que de répondre au fond des questions. »

 Sur la loi de 1905 
« La loi de 1905 est une loi de liberté. »
« Aujourd’hui, certains voudraient faire de la laïcité une loi d’exclusion, une loi qui voudrait marginaliser les religions et surtout une religion en particulier en disant que celle-ci ne serait pas compatible avec la République. »
« La laïcité a toujours été une loi d’équilibre, une loi dans lesquelles les religions et le monde laïc défendaient chacun leurs points de vue. »
« Aujourd’hui, on veut exclure et marginaliser une religion. »
« J’ai confiance dans les musulmans, ils savent tout à fait être dans la République. »
« Il faut combattre tous les intégrismes : à la fois ceux qui peuvent amener les individus à dévoyer une religion pour faire du terrorisme, comme les autres qui veulent empêcher les femmes de pratiquer l’IVG. »

 Sur les gilets jaunes 
« Il y a une défiance profonde envers le politique et notamment la démocratie représentative - et c’est particulièrement inquiétant. »
« A partir du moment où les moyens de l’Etat sont réduits, à partir du moment où on a décidé que ce qui était support de création de richesses - je pense aux entreprises - n’étaient plus un lieu sur lequel on prélevait de l’impôt, on a réduit la capacité d’agir de l’Etat. »
« On attend de l’Etat qu’il rende plus de services, qu’il améliore la vie des gens, qu’il redistribue les richesses. »
« Ce mouvement des gilets jaunes est capable en même temps de porter de belles choses, celles de gens qui veulent s’impliquer dans la vie sociale, dans la solidarité et en même temps de révéler de manière volontaire des manipulations de groupuscules qui veulent déstabiliser la République. »
« Le président de la République a choisi une confrontation directe avec le peuple. Je pense que c’est une erreur. Les corps intermédiaires, les syndicats, les associations, les partis politiques, sont utiles pour construire de l’opinion, pour débattre. »
« Le débat ne consiste pas simplement à poser des questions et attendre que les gens y répondent mais il consiste à alimenter, argumenter, contredire, et essayer de construire un consensus. Je ne suis pas certain que ce débat national va aider à cet apaisement. »

 Sur les atteintes aux libertés publiques 
« Il faut condamner tous les actes de violences et je suis particulièrement sensible aux attaques contre les journalistes. »
« La répression de l’Etat est extraordinaire et exceptionnelle. »
« Lorsqu’on est capable de ressortir des dispositions de l’état d’urgence, dans la lutte contre le terrorisme, contre un ennemi de l’extérieur, pour empêcher les gens de manifester, pour arrêter des gens qui manifestent, on est sur une ligne jaune qui commence à être franchie. »
« On est particulièrement inquiets de revoir la loi ‘anti-casseurs’ être remise en place. »
« La loi anti-casseurs, c’est la possibilité de sanctionner de manière collective des individus. C’est une police de la pensée, une police politique qui viserait à ce que les préfets empêchent les gens de manifester lorsqu’on les soupçonne de s’opposer de manière véhémente à la loi. »
« Ces dispositions qui sont mises en place, la violence qui est aujourd’hui pratiquée, au-delà des violences individuelles, sont une stratégie du maintien de l’ordre qui vise à contrôler la population et ça c’est particulièrement inquiétant. »
« On voit aujourd’hui que se succèdent des lois liberticides. »
« Aujourd’hui on voit des pouvoirs administratifs, ceux des préfets ou du ministère de l’Intérieur, de plus en plus accrus et en face des contre pouvoirs qui sont affaiblis : c’est la justice, avec des magistrats de plus en plus marginalisés et on le voit maintenant également dans le contrôle du mouvement social. »

 Sur l’accueil des migrants et les Droits de l’Homme 
« L’accueil des migrants est absolument insupportable en France. On a perdu toute humanité. »
« On a atteint une inhumanité insupportable. »
« On a un nombre de mineurs qui sont mis en centre de rétention, particulièrement élevé avec ce soupçon qu’ils seraient des fraudeurs. »
« Les Droits de l’Homme en France sont très fortement malmenés. »
« Le garant des institutions et des droits fondamentaux, c’est le président de la République et à aucun moment dans sa lettre aux Français, il ne parle de ligne rouge. »

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  • Quel « collapse » intellectuel ! Le discours des marxistes (les communistes, l’extrême gauche trotskiste ou maoïste, les socialistes ou écologistes radicaux...) n’a pas évolué d’un pouce depuis les années 1850. La même rhétorique, la même langue de bois (d’acier trempé ?), l’incapacité d’effectuer la moindre réflexion critique sur un système qui depuis plus d’un siècle a échoué partout sans aucune exception et qui n’a pu se maintenir au pouvoir que par la répression et les bains de sang.
    Inutile d’en dire plus et de rappeler encore et encore aux tenants et sympathisants de cette idéologie leur déni du naufrage de l’organisation collectiviste de l’humanité.
    Qu’aujourd’hui les communistes et ses satellites représentent encore 20 à 25 % de l’opinion française, s’avère tout bonnement affligeant.

    Je remarque que l’auteur de l’article souhaite qu’une « certaine religion », inutile de préciser laquelle, soit exclue du cadre de la loi de 1905. On a tout compris.

    Paul Valcour Le 25 janvier à 13:59
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