Accueil | Par Pierre Jacquemain | 23 novembre 2017

Malika Zediri : "Depuis trente ans, les chômeurs ne sont jamais consultés sur ce qui les concerne"

C’était comment les Bahamas ? Malika Zediri, militante des droits des chômeurs et précaires, revient dans #LaMidinale sur les (mauvaises) intentions du gouvernement en matière d’assurance chômage. Parole de concernée.

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 Sur les préjugés sur les chômeurs 
« Combien de gens n’ont même pas dix euros pour finir le mois. »
« Moins d’une personne sur deux ne part pas en vacances. »
« Y’a un paquet de gens dans nos politiques qui sont déconnectés. »
« Il y a du mépris de la part de nos politiques. »
« Quand on stigmatise une partie de la population, on ne parle pas du reste. »
« Aujourd’hui les assistés, c’est les grands riches, ceux qui préemptent la planète. »
« C’est les riches qui nous foutent dans la merde aujourd’hui. »

 Sur le sentiment de honte des chômeurs 
« C’est une chose que l’on ne dit jamais quand on est au chômage ou dans la précarité. »
« Le chômage et la précarité tuent. »
« Chaque jour je me demande ce que j’ai bien pu louper. »
« L’ascenseur social est en panne. Il y a des gens qui ne se sortent pas des milieux d’où ils viennent. »
« Le chômage dans les classes populaires a toujours était prégnant. »

 Sur le rendez-vous mensuel des chiffres du chômage 
« À parler des chiffres, on oublie qu’il y a des femmes et des hommes derrière. »

 Sur la réforme de l’assurance chômage 
« Quand on voit que l’UNEDIC indemnise moins d’un chômeur sur deux, c’est qu’il y a un problème. »
« On (les associations de chômeurs et précaires) demande à être consultés. »
« On peut réfléchir à un autre moyen de gestion de l’UNEDIC. »
« Depuis trente ans, les chômeurs ne sont jamais consultés sur ce qui les concerne. »
« Le véritable enjeu de la réforme devrait être d’augmenter les droits des travailleurs et des précaires. De mieux les protéger. »
« Ceux qui vont écrire la réforme sont des gens bien nés, qui n’ont jamais été au chômage. »
« Les indemnités chômage doivent être financées par les salariés et les patrons. »

 Sur les formes de mobilisations 
« On n’a encore pas trouvé autre chose que la manifestation. »
« On continue d’avoir besoin de dire un certain nombre de choses dans la rue. »

 Sur les services publics de l’emploi 
« L’urgence est renvoyée à trois, quatre semaines, parfois un mois d’étude pour avoir un rendez-vous sans que ça conduise sur une réponse. »
« Je rêve de bienveillance réelle. Je rêve de gens qui sont correctement payés pour répondre aux besoins des autres, pour aider et éviter que les gens continuent de plonger. »

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  • bravo pour votre intervention, très bonne.
    Moi qui a été chômeurs de longues années, et en "fin de droits" , comme ils disent, sans ressource. Je sais ce que sait !, il me semble.Et maintenant une retraite presque ridicule.
    C’est la division qui affaiblie le mouvements des chômeurs, et le monde du travail. Division qui n’est pas du seul fait des dirigeants , des élites, de la classe dominante. Mais division entre les travailleurs, les chômeurs les exclus , les immigrés...
    Division au niveau syndical, entre syndicat des travailleurs et associations de chômeurs, souvent eux mêmes divisés (Ac !chômage, Apeis, MNCP, CGT chômeurs...). syndicat officiel qui souvent jouent un rôle ambïgue, signant des accords , supprimant les droits des chômeurs. Monde du travail , qui lui mêmes, participe de ce mépris.....les travailleurs sont des fainéant, ne cherche pas du travail , ce discours existe dans les milieux populaires. Les médias , qui tendent le micro se frottent les mains : vous voyez les pauvres le disent !.
    C’est donc la lutte , et l’unité des travailleurs, chômeurs , immigrés qui fera avancer les choses ; pas les luttes corporatistes , chacun dans son coin.
    L’autre aspect, c’est de se battre sur un objectif claire : la réduction massive du temps de travail , pour partager le travail, entre tous. Travailler tous, moins autrement...voila le mot d’ordre unitaire. Car il me semble, vu l’évolution du travail, on parle de sa disparition, le monde du travail ne peut pas s’accrocher au 40 h, ni 35 h.Dans le projet Macronien néo-libéral, de soit disant fléxi-sécurité (ou il y a plus de fléxibilité que de sécurité)la précarité, et la pauvreté, explosera, car c’est les employeurs qui déciderons , de qui travail , et combien d’heures, et qu’elle type de contrat.Cela se vérifie partout(USA, GB, Italie, Espagne, pays du Nord)...Les gens font deux , trois travail, quelques heurs par-çi par-là pour survivre.....
    Les générations future risque de se retrouver pour avoir peux travailler et surtout cotiser, avec des retraites trés, trés basse et végéter dans la pauvreté.

    bob Le 23 novembre à 17:30
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  • Vrai
    les chômeurs ne sont jamais consultés sur rien.
    Merci de votre intervention.

    irae Le 23 novembre à 20:36
       
    • Les chômeurs vivent plus durement que les autres salariés l’exploitation du fait de leur isolement, de leur bannissement social et de leur précarité et du mépris insidieux dont ils sont victimes de la part des décideurs et des média. Mais ils ne sont ni plus ni moins consultés que l’ ensemble des salariés de notre pays ayant le droit de vote ! ce n’est certes pas le summum du droit d’expression et d’intervention dans les affaires du pays mais c’est le moyen de condamner des politiques nuisibles menées par des parasites au profit des parasites et de faire du passé table rase. Le chômage si pénible soit-il n’explique ni ne justifie la démission ! Pour une fois, il n’y a pas d’alternative à l’indispensable prise de conscience et mobilisation de chacun .

      René-Michel Le 24 novembre à 10:48
  •  
  • Absolument ! "rien ne justifie la démission". Et c’est bien parce qu’il y a démission et donc absence de mobilisation des chômeurs et des précaires à la hauteur des enjeux que d’autres qu’eux s’autorisent à parlert à leur place et en arrivent à signer n’importe quoi (CFDT).

    Bob R Le 25 novembre à 17:06
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