Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 15 juin 2021

Marc Endeweld : « On peut s’attendre à une fin de quinquennat très dure sur les questions sociales et économiques »

Comment comprendre le marcronisme à l’heure du quoi qu’il en coûte ? Que restera-t-il du quinquennat Macron ? Marc Endeweld, journaliste, auteur de Le Grand Manipulateur aux Éditions Stock, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

...ET A LIRE

 Sur la définition du macronisme 
« Le marcronisme, c’est d’abord Macron et sa folle ambition de pouvoir. »
« Le marcronisme est, sur le plan idéologique, un libéralisme autoritaire. »
« Emmanuel Macron peut être interventionniste sur plusieurs dossiers industriels et il y a aussi une composante républicaniste qui est apparue au cours du mandat, une composante assez peu étonnante parce qu’il vient du chevènementisme. »
« Il est à la fois dans un sucroit de confiance et dans une insécurité qui fait que la macronie prend souvent des décisions brutales et de défiance à l’égard de parties de population. »
« Il y a plus que jamais du Sarkozy dans Macron. »

 Sur la côte de popularité de Macron 
« Macron s’adapte à son public à chaque mode de communication qu’il utilise : on est dans une démagogie des groupes et des particularités. »
« Au moment des gilets jaunes, il ne bouge pas sur la réforme de l’ISF - pas pour faire plaisir aux grands patrons - mais pour reprendre et prendre l’électorat qu’il n’avait pas en 2017, c’est à dire l’électorat de la bourgeoisie patrimoniale qui avait voté pour François Fillon. »
« Macron conserve un socle électoral : il est passé de centre gauche à une droite assumée au niveau de son électorat mais en réalité, dès 2017, il avait eu qu’un objectif qui était de manger sur cet électorat de droite et dès 2017 il fait une campagne beaucoup plus à droite qu’on a pu le dire. »
« Le satisfecit des Français vient sur des raisons très matérialistes, notamment sur la fiscalité. »
« Avec le ‘quoi qu’il en coûte’, Macron a acheté la paix sociale. Il n’a pas fait une politique sociale vis à vis des plus pauvres ou des plus démunis et on le voit avec l’explosion des inégalités mais en achetant la paix sociale qui consiste à envoyer des aides au petit patronat, les artisans ou les restaurateurs. Macron a décidé d’arroser une partie de la population pour maintenir la paix sociale. »
« Le libéralisme de Macron ou de ce que j’appelle le libéralisme autoritaire consiste à utiliser de l’Etat au profit d’intérêts privés - de multinationales ou de certaines catégories de la population. »

 Sur le bilan du quinquennat  
« Ce qui est le plus frappant, c’est que Macron a profité de l’écroulement du système politique traditionnel mais il l’a aussi suscité. »
« Bien que la macronie adore la formule ‘la destruction créatrice’, ils ont plus été dans la destruction que dans la création. »
« Ce qui me frappe, c’est cet appétit de pouvoir qui va jusqu’à des extrémités de décisions, parfois très cyniques, qui met les français les uns contre les autres. »
« Il n’y a pas d’alternative politique qui se dessine sur le champ politique et c’est très inquiétant par rapport à ce qui va se passer en 2022. »

 Sur une nouvelle candidature de Macron 
« D’un strict point de vue personnel, au sens où qui est Macron et son appétit de pouvoir, tout montre qu’il veut rempiler. Et depuis plusieurs mois, son objectif est de se faire réélire en 2022. »
« Une partie de l’entourage de Macron essaie de lui dire qu’il faut parler au centre gauche et force est de constater que ce qui est fait est très cosmétique. »
« On peut s’attendre à une fin de mandat d’Emmanuel Macron très dure sur les questions sociales et économiques. »

 Sur les socialistes et les républicains 
« Macron profite du fait que chez les socialistes ou les républicains, certains ne savent plus très bien où ils habitent. »
« Au parti socialiste, beaucoup encore essaient de se placer auprès du portillon de l’Elysée en expliquant qu’il faudrait une grande coalition. »
« Julien Dray qui était fâché depuis le début du quinquennat parce qu’il le considérait comme un traître à l’égard de François Hollande, a repris le dialogue avec Emmanuel Macron depuis quelques semaines. »
« Macron utilise avec brio l’épouvantail Marine Le Pen. »

 Sur En Marche et la campagne 2022 
« Macron se prépare en rencontrant beaucoup de gens de gauche et de droite. Il rencontre beaucoup plus de responsables politiques que de chefs d’entreprises et , paradoxalement, une partie des grands patrons qui l’avaient soutenu en 2017, ont pris davantage de distance parce qu’ils le considèrent imprévisible sur bien des dossiers. »
« En Marche est une coquille vide. »
« Depuis le début du quinquennat, l’Elysée s’est désintéressé d’En Marche. »
« Le président de la République n’a jamais parié sur En Marche pour constituer sa base politique. »
« L’objectif premier de Macron est sa propre ambition personnelle. Elle n’est pas collective. »
« Emmanuel Macron est aussi populiste que Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon. »

 Sur Edouard Philippe  
« Je ne crois pas qu’Edouard Philippe devienne un adversaire à Emmanuel Macron. » 
« Philippe et Macron partage beaucoup trop d’infrastructures politiques entre eux pour qu’Edouard Philippe puisse y aller en frontal contre Macron. Philippe n’ira que si Macron décide de ne pas y aller. Ou alors, Philippe va tout faire pour empêcher Macron d’y aller - ce qui va être très difficile. »

 Sur Jean-Luc Mélenchon  
« La vraie difficulté que Mélenchon a eue, c’est la même que celle de Macron au pouvoir : c’est sa capacité à intégrer le système institutionnel. »
« Il y a une ambiguïté chez Mélenchon entre ‘je veux le pouvoir’ et ‘je suis dans une posture de contre pouvoir’. »

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