Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud | 24 juin 2021

Marche des fiertés : « Faisons converger les luttes des opprimé.e.s du système capitaliste »

Samedi prochain, au départ de Pantin, a lieu la marche des fiertés quand dimanche dernier avait lieu la pride radicale qui se voulait plus radicale. Quels sont les enjeux de ces deux manifestations ? On en parle avec Tarik, membre de la commission LGBT du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), invité de La Midinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

...ET A LIRE

 Sur l’existence de deux prides à Paris à une semaine d’intervalle 
« Il y a une complémentarité des 2 prides : toutes les occasions d’avoir des luttes et des manifestations LGBTI sont bonnes à prendre. »
« Depuis l’année dernière et l’annulation de la pride, les LGBTI n’ont pas attendu l’Inter-LGBT pour s’organiser. »
« Ça fait des années qu’on essaie de politiser la pride, alors qu’il y a une marchandisation et une dépolitisation de la lutte. »
« Il s’agit de montrer d’autres types de représentations LGBTI, que ce soit aussi des personnes racisées, des personnes trans, des personnes en situation de handicap, aussi des malades… par exemple, on ne veut plus voir Act Up qui défile en dernier, c’est plus possible. »

 Sur la singularité et la convergence des luttes 
« En tant que communistes et révolutionnaires, on revendique le fait que la classe ouvrière, le monde du travail, ce n’est pas seulement des hommes blancs hétérosexuels : on en fait partie aussi. »
« Si on mène des batailles à l’intérieur du système, c’est parce qu’on pense qu’il faut un mouvement LGBTI large et radical. »
« Être antifasciste n’est pas seulement un surplus moral : la montée des idées d’extrême droite montre qu’il va falloir faire front à l’internationale. On voit ce qui se passe au Brésil, en Pologne, en Hongrie. »
« Il faut faire converger les luttes de toutes les personnes opprimées par le système capitaliste. »

 Sur le Covid 
« Le contexte du Covid a entrainé un retour à la famille pour beaucoup de jeunes LGBTI, qui a entraîné un isolement, des questions de santé mentale. »

 Sur les combats à mener 
« On est pour la fin de l’hétéropatriarcat et du capitalisme, et on pense que ça ne se passera que par une révolution. Mais on voit bien qu’avec l’exemple de la PMA, on ne va pas attendre la révolution pour fonder des familles différentes, pour vivre tout simplement, sans avoir peur de se faire tabasser dans la rue. »
« On a des revendications directes et claires : la PMA ouverte à toutes et tous y compris les personnes trans, sans conditionnement sur la question du poids et de la couleur de peau, une PMA gratuite et remboursée par la Sécu, mais aussi la ROPA, la reconnaissance de la PMA artisanale. »
« Cette société est patriarcale : « mon corps mon choix » n’est pas compatible avec le capitalisme tel qu’il est organisé sur la cellule familiale. »
« Pour donner du sens à ce qu’on dit, il faut des luttes qui fassent progresser nos droits ici et maintenant, sans pour autant oublier qu’il faut renverser le système dans son ensemble. »
« La pride ce n’est pas juste « on se voit tous les ans et à l’année prochaine » : il faut créer un cadre qui se pérennise. »
« La lutte sur l’Allocation Adulte Handicapé devrait être portée par toutes les organisations, pas seulement les organisations LGBTI. »
« Des questions comme celles relevant du droit des personnes trans, des travaillleur.euses du sexe ne sont pas du « réformisme » : c’est survivre. »
« Malgré nos différences de fonctionnement, nos différences politiques, on doit discuter ensemble. »

 Sur l’UEFA et l’illumination du stade de Munich pour Allemagne/Hongrie 
« Ce sont eux qui politisent la question en refusant de faire ça. »
« Il faut avoir des liens de solidarité avec les personnes LGBTI en Hongrie mais pas seulement : les poussées d’extrême droite sont répandues dans le monde. »
« Il faut écouter les sportifs LGBTI qui commencent à s’exprimer. »

 Sur la droitisation des luttes LGBTI 
« Cette droitisation n’est pas spécifique aux LGBTI : c’est la société qui se droitise. »
« Les LGBTI sont partout dans la société : ils ne sont pas plus dans la classe bourgeoise. »
« Il faut qu’on s’adresse directement aux personnes de leur communauté pour leur dire que leurs intérêts ne sont pas dans la Macronie, qu’ils ne sont pas à droite. »
« Les questions de l’assurance chômage, de la réforme des retraites nous touchent, que l’on soit une personne trans ou une personne cis, que l’on soit hétéro ou pédé. »

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