Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 14 juin 2019

Marie-Pierre Vieu : « La gauche ne peut pas aller dispersée aux municipales car on disparaîtrait de la carte »

Elle n’a pas été réélue au Parlement européen le 26 mai dernier et son parti, le Parti communiste français n’a pas atteint le seuil de remboursement de la campagne. Quel avenir pour les communistes en Europe ? Et en France ? L’ancienne eurodéputée Marie-Pierre Vieu est l’invitée de la Midinale.

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VERBATIM

 

 Sur la disparition des communistes français du Parlement européen 
« Depuis 1979, les communistes avaient une représentation au Parlement européen. »
« Le groupe communiste est devenu progressivement le groupe-ressource du groupe anti-austéritaire au Parlement européen. »
« Au niveau du champ européen, le PCF devient invisible, ce qui ne veut pas dire que nous n’aurons pas une activité à ce niveau-là. »
« Vouloir changer la France, c’est aussi changer l’Union européenne. »
« Le Parti communiste n’est pas le seul à être rayé de la carte de la GUE (Gauche Unie Européenne) : les Italiens et les Hollandais aussi. »
« Numériquement, la GUE est amputée puisque l’on passe de 52 à 38 députés. »
« On est affaibli numériquement mais surtout politiquement. »

 Sur le score du PCF aux élections européennes 
« Nous avons fait une belle campagne. »
« Une autre candidature que celle de Ian Brossat nous aurait vraisemblablement situé à un niveau encore plus bas. »
« On a été visible grâce à notre liste, grâce à notre tête de liste et grâce à la dynamique militante. »
« On a rassemblé toute la famille communiste au sens large et même au-delà… ce qui ne veut pas dire qu’on n’est pas effacé du logiciel politique et des consciences. »
« Il y a une vraie question pour le communisme et le Parti communiste en France : on ne fait plus obligatoirement partie des référents et l’on n’apparaît plus comme une perspective crédible. »
« Le mot communiste, même si on a des jeunes qui adhèrent, est relié à quelque chose qui est passé et qui est globalement négatif et non souhaitable – l’absence de démocratie, Staline… »
« On n’a pas reconstitué aujourd’hui un référent positif du communisme. »
« Notre combat au niveau social n’est pas vécu comme un combat présent et encore moins comme un combat d’avenir. »
« Beaucoup voient les questionnements liés au communisme comme une question de deuil alors que je le vois comme une question de réinvention. »

 Sur la gauche en France 
« Il faut continuer à ne pas désespérer les gens donc il faut montrer que [Générations, la FI, le PCF, EELV] se parlent. »
« L’abstention, c’est une grosse démobilisation de l’électorat de gauche. »
« Il faut poser les prémisses d’une base commune, d’un pacte commun. »
« Il faut que chacun, avec sa spécificité, apporte ce qu’il est. Et les communistes ont quelque chose à apporter en matière de conscientisation des masses comme on disait avant, mais surtout pour se réaccaparer une identité sociale. »
« Ce n’est pas possible d’aller dispersés aux élections municipales ou alors la gauche, dans sa diversité, va disparaître de la carte. »
« Il faut se parler et construire des plateformes municipales. »
« Le terrain municipal peut être l’occasion d’explorer de nouvelles propositions, par exemple sur les transports ou sur l’écologie. »
« Au delà du rassemblements des forces de gauche, il faut une démarche populaire et citoyenne. »

 Sur la gauche en Europe 
« Il se passe à l’échelle européenne ce qu’il se passe à l’échelle française. »
« Au delà de l’affaiblissement numérique de la gauche, il y a un effacement politique. »
« La GUE (Gauche Unie Européenne) doit résister au compromis qui est en train de se dessiner entre sociaux-démocrates, la droite et les écologistes. »
« Il y a des rassemblements de la gauche européenne sur des enjeux comme le climat, l’agriculture, les services publics, les transports ou les paradis fiscaux. »
« La GUE est un embryon de rassemblement des gauches transformatrices mais c’est un relai pour toutes les luttes sociales. »
« Un groupe diminué comme celui de la GUE peut fait des choses à partir du moment où il se met au service des mouvements sociaux. »

 Sur l’extrême droite au Parlement européen 
« L’extrême droite, c’est un groupe de près de 80 députés quand les écolos sont 82, que le parti de Macron est à 104. Et, dans un sens plus large, il y a près de 200 députés d’extrême droite au Parlement européen. »
« Le débat se déplace de plus en plus vers la thématique identitaire : fermeture des frontières avec le budget de Frontex, violences sociales avec une répression des mouvements sociaux… »

 Sur le budget spécifique à la zone euro 
« On voit émerger une Europe à plusieurs vitesses… et cela peut exacerber le ressentiment de certains. »
« Il faut une Europe de l’égalité et une harmonisation vers le haut. »

 Sur les combats à engager 
« Le dialogue avec la France insoumise, je le place au même niveau que le dialogue avec Génération.s, avec une partie du Parti socialiste, avec les écologistes… pour une reprise du débat à gauche. »
« La politique, ce n’est pas fini pour moi ! Mais j’ai envie de me consacrer à ce qui me paraît essentiel : le débat d’idées et la question culturelle. »
« Demain, je ne partirai pas aux élections municipales parce que je ne fais pas partie des gens qui croient qu’on ne peut pas passer impunément d’un siège à un autre. »

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