Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien, Pierre Jacquemain | 10 novembre 2020

Mathieu Devlaminck : « On est opposés à la fermeture des lycées »

Jour de grève dans l’éducation nationale. Les enseignants et les lycéens se mobilisent pour que les conditions sanitaires soient réunies dans les établissements scolaires afin d’éviter leur fermeture. Le président de l’Union Nationale des Lycéens (UNL), Mathieu Devlaminck, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur le protocole sanitaire en milieu scolaire 
« La situation dans les lycées a été gérée de la même façon qu’ailleurs : dans les hôpitaux, on n’a pas anticipé la deuxième vague - on n’a pas ouvert de lits, on n’a pas embauché de soignants - et il se passe la même chose dans les lycées. »
« Il fallait diviser les classes et embaucher des professeurs. Ça n’a pas été fait. Rien n’a été préparé. »
« Grace à la mobilisation des professeurs et des élèves, on a obtenu un renforcement du protocole sanitaire. »
« Le protocole sanitaire qui a été mis en place jeudi dernier est largement insuffisant. »
« Notre revendication à l’UNL c’est pas plus de 20 élèves par classes. On en est loin. »


 Sur l’hypothèse d’une fermeture des lycées 
« On est opposés à la fermeture des lycées. Et c’est pour ça qu’on se mobilise. »
« On ne veut pas revivre ce qu’on a vécu en mars dernier avec des lycées qui n’ont pas pu étudier. »
« Il faut que les lycées restent ouverts dans de bonnes conditions sanitaires. »
« On a eu très peu de liens avec le ministère ces dernières années. On doit voir le ministre bientôt. »
« On ne veut pas que les lycées deviennent des clusters. »
« Ce qui nous inquiète, c’est une fausse consultation. Les mesures qui vont être prises vont l’être sans avoir consulté les syndicats d’enseignants et de lycéens. »


 Sur la précarité des lycéens 
« Le lieu qui garantit l’égalité entre tous les élèves n’est pas la maison mais le lycée. » 
« Ce confinement va encore accentuer les inégalités et créer un mal-être chez les élèves. »
« Il y a beaucoup de lycéens qui se reposent sur la cantine scolaire pour avoir au moins un repas par jour. »
« L’avenir est très inquiétant pour nous. »
« Le confinement a un vrai impact sur l’orientation des élèves pourtant l’orientation joue un rôle fondamental si l’on veut réduire la reproduction sociale. »


 Sur la réponse violente des forces de l’ordre aux mobilisations étudiantes 
« Le gouvernement a peur que le mouvement des lycéens devienne majoritaire en embarquant les soignants, les travailleurs et la RATP. »
« Les lycéens, c’est une première étape vers une mobilisation beaucoup plus large. »
« Si le gouvernement réagit aussi fortement, c’est parce qu’il a peur - et cette peur n’est pas injustifiée parce qu’on est déterminé à obtenir de meilleures conditions sanitaires et à changer le système éducatif créé par Jean-Michel Blanquer et qui met en difficulté les élèves qui sont déjà le plus écrasés par la société. »
« Les violences à l’égard des lycéens sont inadmissibles. »
« Les lycéens manifestent pacifiquement non pas pour se protéger qu’eux-mêmes mais toute la société. »
« Si les lycées deviennent des clusters, ce sont aussi nos parents et nos grands-parents qui vont en pâtir. »
« Quand les lycéens tirent la sonnette d’alarme sur une situation qui est dramatique pour tout le monde, la réponse du gouvernement, ce n’est pas le dialogue mais la violence, les gaz et les matraques. »


 Sur les mobilisations en temps de crise sanitaire 
« Techniquement, les manifestations et les rassemblements ne sont pas interdits. »
« On a peur que l’Etat de droit soit mis à mal et que la crise sanitaire soit instrumentalisée pour nuire au mouvement social. »
« Dans une période comme celle que l’on est en train de vivre, on doit pouvoir se mobiliser, à l’Assemblée nationale comme dans la rue. »
« On a l’impression qu’en période de crise sanitaire, le gouvernement voudrait qu’on se la ferme tous alors même que les décision qu’il a prises ne sont pas neutres mais politiques. »
« A l’UNL, on pense qu’il ne faut pas mettre en danger les lycéens ; il y a d’autres modes d’action à envisager comme le sit-in qui permet d’assurer la sécurité sur le plan sanitaire (1 mètre de distance) ou corporel vis-à-vis des forces de l’ordre. »
« On soutient les blocus parce que c’est un mode d’action qui est légitime quand il est choisi par les lycéens mais, dans la période, il peut potentiellement être risqué et doit être remis en question. »


 Sur l’hommage à Samuel Paty 
« L’hommage dans les lycées à Samuel Paty a été indigne. »
« On devait avoir des classes qui ouvraient plus tard pour permettre la minute de silence et une cérémonie solennelle. Mais ça n’a pas été le cas. »
« Ce qui nous met le plus mal-à-l’aise, c’est qu’il n’y a eu aucune discussion ni sur les libertés, ni la laïcité… »
« On aurait aimé que l’école puisse jouer son rôle de créatrice de débats, de développement de notre esprit critique et de nos valeurs. »
« La seule chose qui a été faite, c’est de lire une lettre de Jean Jaurès, manipulée par le gouvernement dans tous les sens pour la faire rentrer dans leurs idées alors même que cette lettre disait l’inverse. »
« On nous a dit que la lettre de Jean Jaurès défendait la liberté d’expression alors qu’elle correspondait juste à la vision politique de Jean-Michel Blanquer. »


 Sur la subvention octroyée au syndicat l’Avenir lycéen dépensée en frais de bouche et hôtels de luxe 
« Oui, je maintiens que c’est un scandale d’Etat. »
« Quand un ministre de l’Education nationale ferme les yeux sur les dépenses folles d’un syndicat qu’il protège, c’est un scandale d’Etat. »
« A l’UNL, on a porté plainte avec notre avocat Arié Alimi parce qu’on se sent lésés : pendant que des lycéens allaient dans des hôtels de luxe et se payaient des restaurants très chers, nous, nos subventions ont été baissées parce qu’on osait porter une parole alternative à celle du gouvernement. »

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