Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 12 avril 2021

Mathieu Gallard : « En Île-de-France, l’hypothèse que la gauche ne soit pas qualifiée pour le second tour est à surveiller »

Ce week-end, deux sondages – l’un sur la présidentielle de 2022, l’autre sur les régionales en Île-de-France – révèlent la très grande fragilité de la gauche et des écologistes. Mathieu Gallard, directeur de recherche chez Ipsos, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur le sondage du JDD à propos de 2022
 
« À un an d’une échéance, un sondage n’est pas une prédiction mais un aperçu du rapport de force politique. »
« Les électeurs ne sont pas encore dans l’état d’esprit de l’élection présidentielle. »
« Ce sondage est une photographie actuelle, assez floue, avec malgré tout quelques enseignements majeurs. »
« Tous ces résultats sont un peu théoriques à un an du scrutin. »

 Sur le sondage du JDD et la gauche 
« En 2017, une partie de l’électorat de gauche est partie à LREM. »
« L’électorat de gauche est un électorat minoritaire dans un contexte où, quoi qu’il arrive, le paysage politique français est éclaté entre un bloc de gauche - divisé en son sein mais cohérent -, un bloc autour de LREM et enfin un bloc de droite radicale. Donc avec un tiers des voix [ce que pèse la gauche], on peut peser si on est uni. »
« Il y a un problème d’incarnation à gauche et l’élection présidentielle est une élection où l’incarnation joue beaucoup. »

 Sur Jean-Luc Mélenchon face à Marine Le Pen 
« Il y a un changement dans l’image personnelle de Jean-Luc Mélenchon. » 
« Quand on regarde la perception que les gens ont de Jean-Luc Mélenchon par rapport à 2017, on constate que son image s’est considérablement dégradée. »
« Il y a une poursuite de la dédiabolisation de Marine Le Pen dans un contexte qui a été depuis quelques années très dure sur le plan sanitaire, économique et social. »
« Il n’est pas certain que dans un an on se retrouve dans cette situation. »
« On peut penser que Marine Le Pen est surévaluée dans les sondages mais on peut aussi penser que les campagnes électorales ont un effet et que peut être elle fait des campagnes qui ne sont pas très bonnes. De l’autre côté du champ politique, c’est exactement l’inverse. On peut nous accuser de sous évaluer Jean-Luc Mélenchon ou considérer que c’est un bon orateur, avec un programme clair et qui s’appuie sur des thématiques porteuses et que dans les derniers mois, les dernières semaines des campagnes, il parvient à mobiliser un électorat qui, un an avant, n’est pas du tout dans le jeu de l’élection présidentielle. Marine Le Pen, c’est plutôt l’inverse. »

 Sur le sondage en Ile-de-France (régionales) 
« D’après le sondage, et sachant que le seuil pour se maintenir au second tour est de 10%, il y a une possibilité statistique pour que la gauche soit éliminée au second tour. Il ne parait pas probable à ce stade que ces trois listes qui sont légèrement supérieures à 10% fassent toutes les trois une mauvaise campagne qui les place tous les trois à moins de 10% mais ça reste une possibilité à surveiller. »
« Si au moins une des trois listes de gauche parvient au second tour et si ces trois listes s’unissent, le match devient serré dans le cadre d’une quadrangulaire. Valérie Pécresse serait à 36% quand la liste de gauche serait à 32. »
« À deux mois de l’élection régionale, dans le cadre d’une quadrangulaire, les choses deviendraient relativement incertaines. »
« Il y a des reports qui sont très majoritaires sur les trois listes de gauche même s’il y a des déperditions notamment du côté de la liste de la France insoumise. »
« L’électorat écologiste est un électorat très centriste. Il y a une partie importante de l’électorat écologiste qui a une très bonne image de Valérie Pécresse et de son bilan même si dans un second tour cet électorat reste sur un vote à gauche. »
« Il n’y a aucune dynamique sur les trois listes de gauche. »

 Sur l’interdiction des sondages 
« On est dans un système politique où savoir ce qu’il se passe est important pour les électeurs notamment pour des questions de seuil comme pour les élections régionales. Franchir ou non le seuil des 10% peut avoir un impact décisif sur ce qu’il va se passer par la suite. C’est un élément d’information important pour que les électeurs fassent leur choix. »

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  • En France le débat politique s’est racialisé, à l’image du débat aux USA. 60% des blancs ont voté Trump. Le clivage MLP vs JLM à 60/40 représente ce clivage : 60% des blancs veulent une politique répressive violente contre la délinquance, et un arrêt de l’immigration.

    Or, les sondeurs ne prennent pas en compte l’ethnie dans leur partition. Le fameux 1000 cas national représentatif peut tout à fait être constitué de 1000 blancs. C’est très certainement ce qui s’est passé dans ce sondage.

    Les racisés vont voter en masse en 2022, car ils en ont marre du racisme et de l’islamophobie de Macron et de la droite. Leur vote n’est pas pris en compte par les instituts de sondage.

    Ainsi, le débat ne porte pas tant sur l’interdiction des sondages, mais sur celui des statistiques ethniques. Dans un pays où les tensions raciales sont exacerbées, et où le vote devient ethnique, l’absence d’une partition ethnique permet des fraudes au sondage en ignorant volontairement le vote des minorités.

    jojoLeMarlou Le 13 avril à 08:53
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