Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud | 7 mai 2021

Mathilde Imer : « L’enjeu, c’est de créer un élan populaire autour de la primaire pour déborder des partis »

Un collectif de citoyens, en relation avec les partis de la gauche et écologistes, vient de lancer un processus de primaire populaire. Objectif : 2 millions de votants à l’automne. Mathilde Imer, l’une des porte-parole, est l’invitée de la Midinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur le collectif à l’origine de la primaire populaire 
« On est un collectif citoyen, initié notamment par des jeunes. »
« On veut proposer de l’espoir pour la prochaine élection présidentielle. »
« On propose un projet de mieux-vivre sur des bases écologiques avec plus de justice sociale et plus de démocratie. »
« On veut construire une troisième voie à côté de Le Pen et de Macron. On attendait de nos responsables politiques qu’ils le fassent d’eux-mêmes mais ils passent leur temps à s’entre-déchirer, y compris au sein de ce que certains appellent la gauche et les écologistes. »
« On a décidé d’être un tiers de confiance neutre, capable d’organiser, sur les bases de 10 mesures de rupture sur les questions écologiques, sociales et démocratiques, un espace qui permette d’avoir une candidature unique en 2022. »

 Sur les objectifs de la primaire populaire 
« On cherche à prendre le pouvoir. »
« La Ve République est faite de telle manière qu’à un moment donné, il faut mettre un nom sur un bulletin. Mais on cherche à construire un processus qui part des propositions et des mesures. »
« On a bâti nos propositions avec le collectif Plus jamais ça, du pacte du Pouvoir de vivre, de la Rencontre des justices. On s’est aussi beaucoup inspiré des mouvements sociaux de ces dernières années. Et avec cette matière, on est arrivé auprès des acteurs politiques, des déçus de Macron jusqu’à la France insoumise et le PCF en passant pas le PS et EELV. »
« On cherche la personne qui pourra incarner l’écologie, la justice sociale et la démocratie dans la Vè République. »
« On a un système de vote au jugement majoritaire : au lieu de choisir parmi 10 candidats celui que tu préfères, tu mets une mention à chacun d’entre eux. »
« On veut que des acteurs politiques participent à cette primaire mais aussi des acteurs de la société civile ou des citoyens. »

 Sur les rapports de la primaire populaire aux partis traditionnels 
« Les partis politiques aujourd’hui sont trop faibles pour y arriver tout seul. Et nous, société civile, on n’y arrivera pas non plus tout seul. Il y a donc un équilibre à trouver. »
« L’enjeu, c’est de créer un élan populaire autour de la primaire pour que ça déborde des partis politiques et qu’ils n’aient pas le choix. »
« L’objectif, c’est qu’on ait 2 millions de personnes qui votent à l’automne dans le cadre de la primaire. »
« Si les partis politiques de le gauche et des écologistes arrivent à se mettre d’accord pour une candidature commune, on arrête tout. »

 Sur les rapports de la primaire à la gauche 
« Le mot gauche est un mot qui, à titre personnel, ne me parle pas. Mais dans le collectif d’organisation de la primaire populaire, il y a des gens à qui cela parle. »
« Ce qui me parle, ce sont les idées qu’il y a derrière le mot gauche. »
« Les mots de la gauche ont encore beaucoup d’avenir à condition de reprendre la matrice écologiste et de se mettre à jour du XXIe siècle. »

 Sur la prise de pouvoir en 2022 avec ou sans la primaire populaire 
« On travaille avec des gens qui en forment à être dans des cabinets ministériels, à être dans l’administration, à être attaché parlementaire… »
« Si on gagne la présidentielle 2022, avec ou sans la primaire populaire, le but, c’est aussi d’avoir des forces de rappel extrêmement fortes. »
« On voudrait recréer un front populaire pour éviter ce qui s’est passé avec François Hollande où on est passé de la finance est mon ennemie à la finance est mon amie. »

 Sur les rapports de la primaire populaire avec les candidats déclarés ou non à la présidentielle 2022 
« Tous les candidats [déclarés ou pseudo-déclarés à la présidentielle 2022] ont tous accepté de participer à la première phase, notamment pour élaborer les 10 mesures de rupture. »
« Jean-Luc Mélenchon est celui qui est le plus clair : il nous a dit non parce qu’il était déjà candidat à l’élection présidentielle et que s’il devait y avoir une candidature commune, c’était derrière lui. »
« Sandrine Rousseau nous a dit que si elle gagnait la primaire écolo, elle participerait à la primaire populaire parce qu’elle ne veut pas être sûr de perdre en alignant plusieurs candidatures de gauche et écolo. »
« On a la bienveillance d’Eric Piolle. »
« Yannick Jadot trouve cela intéressant tout en étant ambigu dans le sens où, de ce que l’on comprend, la primaire écolo n’est pas son choix favori et qu’il préférerait s’en passer. »
« Le Parti socialiste fait partie de nos interlocuteurs, Anne Hidalgo fait partie de nos interlocutrices, Arnaud Montebourg fait partie de nos interlocuteurs. Parce que, encore une fois, si ils sont plusieurs à partir, on est mort. »
« Dans le socle de mesures qu’on a porté, la question ça a été de réfléchir à comment est-ce que l’on radicalisait un petit peu le PS tout en tenant les bouts de la question écologique, qui est centrale dans la nouvelle matrice de l’arc écolo-social, mais aussi des propositions de LFI et du PCF. »
« Dans les propositions du socle commun, il y a une certaine remise en cause du quinquennat de François Hollande - et ça a été accepté par le PS ! »
« Anne Hidalgo a dit récemment dans une interview qu’elle était contre une certaine forme de primaires : elle est contre une primaire du PS et contre une primaire écolo qui serait élargie (vu qu’elle est sûre de la perdre) mais elle n’est pas contre une primaire à l’américaine, c’est-à-dire avec un corps électoral extrêmement large. Donc la primaire populaire telle qu’on la présente peut l’intéresser. Après, entre ce qui est dit aujourd’hui et ce qui sera dit au moment où on aura fait la preuve qu’il y a une dynamique populaire, on verra ce qui peut changer. »
« Si on a 300.000 personnes engagées avant l’été, on va pas avoir le même type de discussions avec les uns et les autres. Aujourd’hui, celui qui a le plus de soutiens, c’est Jean-Luc Mélenchon avec Nous sommes pour avec plus de 230.000 soutiens. »

 Sur la notion de justice 
« On aimerait réussir à trouver un nouveau nom à ce que certains appellent la gauche dans la mesure où cela ne parle plus à beaucoup d’entre nous. »
« On s’est inspiré de la rencontre des justices qui qualifie ce bloc-là comme le bloc des justices : c’est à la fois les électeurs des partis politiques dont on vient de parler mais aussi les abstentionnistes ou les gens qui votent Rassemblement national non pas pour des raisons identitaires et racistes mais pour des raisons contestataires. »

 Sur les rapports aux quartiers populaires 
« Comme pour les autres mouvements et luttes, on est en soutien de ce qui se passe dans les quartiers populaires. »
« Aujourd’hui, il y a le procès d’Assa Traoré : une partie de l’équipe est en soutien là-bas. On soutient toute lutte contre les violences policières ou pour les quartiers populaires. »
« On est de liens avec des gens comme Mohamed Mechmache qui, depuis des années, fait tout ce qu’il peut pour sortir les quartiers populaires de la merde et qui va faire un tour de France des quartiers populaires en amont de la présidentielle pour essayer de porter des propositions émanant de ces quartiers-là. »

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  • "Sur les rapports aux quartiers populaires
    « Comme pour les autres mouvements et luttes, on est en soutien de ce qui se passe dans les quartiers populaires. »
    « Aujourd’hui, il y a le procès d’Assa Traoré : une partie de l’équipe est en soutien là-bas. On soutient toute lutte contre les violences policières ou pour les quartiers populaires. »
    "

    si vous identifiez la famille Traoré aux luttes dans les quartiers populaires, le chemin pour , comme vous le dites élégamment "pour sortir les quartiers populaires de la merde "
    sera une impasse

    dan93 Le 7 mai à 17:22
  •  
  • De quoi Mathilde Imer est-elle le nom ?
    En regardant Wikipédia, il y a de quoi être impressionné :
    elle est -entre autres - cofondatrice des Gilets citoyens, membre du comité de la gouvernance.., coprésidente de Démocratie Ouverte, coprésidente de "2022 ou jamais", porte-parole de la primaire populaire, etc...
    Certes, la valeur n’attend pas le nombre des années...
    En tout cas, elle sait se placer pour préparer une future carrière comme la plupart des responsables écolos, Bayouu, Jadot, etc..

    milhac Le 8 mai à 22:06
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