Accueil | Par Pablo Pillaud-Vivien | 2 février 2018

Mathilde Larrère : "L’histoire neutre ? Une arnaque pour faire passer une histoire de droite."

Détricotteuse, historienne, chroniqueuse, prof : Mathilde Larrère est tout ça à la fois. Elle vient d’ailleurs de co-écrire avec la journaliste Aude Lorriaux, un ouvrage aux Editions du Détour : "Des intrus en politique - Femmes et minorités : dominations et résistances". Elle est l’invitée de la Midinale avec, au menu : Marlène Schiappa, l’égalité, les révolutions et mai 68 !

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 Sur l’histoire en tant que science 
« L’histoire, c’est une science politique : il y a une histoire de gauche et une histoire de droite. »
« Dire que l’histoire est neutre, c’est une grande arnaque pour faire passer une histoire de droite. »

 Sur Marlène Schiappa 
« Pour faire du bon boulot, faudrait que Marlène Schiappa ait un budget, ce qu’elle n’a pas vraiment. »
« Marlène Schiappa a des prises de position qui s’insèrent dans un discours féministe. »
« Un ministre du gouvernement poursuivi pour viol, on attendait quand même un peu la secrétaire d’Etat des droits de la femme dessus… »

 Sur l’égalité homme-femme 
« Si j’étais ministre de l’égalité homme-femme, j’irai chercher avec les dents du fric. »
« Les affichages, c’est mieux que pas mais de fait, au bout d’un moment, l’absence d’argent commence à poser problème. »

 Sur les pistes pour plus d’égalité entre les hommes et les femmes 
« Les binômes paritaires, c’est super à condition que la femme ne fasse pas fonction de secrétaire de l’homme. »
« Quantitativement, c’est bien de faire 50-50 mais après, il faut que ce soit qualitatif. »
« Ca marche parce que les politiques sont de plus en plus formés et ça fait quand même diminuer la plupart des attaques. Pas forcément parce qu’ils ne le pensent plus mais parce qu’ils savent qu’ils vont se faire attaquer dessus. »

 Sur l’écriture inclusive (absente de l’ouvrage écrit avec Aude Lorriaux) 
« C’est vachement plus cher les correcteurs pour faire de l’écriture inclusive. »
« En écriture inclusive, ça fait tout de suite le truc militant alors que là, il y avait l’envie de faire un truc assez large. »

 Sur les révolutions 
« Le propre des révolutions, c’est d’agréger des groupes très différents. »
« Dès qu’on veut faire un changement un peu important, on utilise le terme de révolution. Sauf qu’une révolution, c’est un peu plus qu’un changement un peu important. »

 Sur la représentativité de la population 
« La grosse minorité qui n’est pas à l’Assemblée actuellement, c’est les ouvriers. Il n’y en a plus. »
« Il n’y a plus de représentation des classes ouvrières et plus généralement des classes populaires. »

 Sur la période actuelle 
« On n’est pas du tout dans une période révolutionnaire. »
« Il faut qu’il y ait une période de révolution pour qu’on puisse caractériser une période de pré-révolutionnaire. »
« C’est plus dur de faire une révolution en démocratie ; les révolutions, ça fait plutôt tomber des dictatures. »
Sur mai 68
« Non, mai 68 n’est pas une révolution. »
« Certes, il y a eu dans mai 68 un moment révolutionnaire. »
« Il y a une effervescence, une politisation, une union des classes, il y a des éléments qui sont propres à la révolution… mais ça n’a pas fait tomber De Gaulle, ça n’a pas fait tomber la Vème République, ça n’a pas modifié l’ordre social ni le capitalisme, ça n’a pas renversé le salariat. »

 Sur l’interview de Christiane Taubira dans Libération lundi 28 février 
« Si déjà l’homme blanc faisait l’expérience de l’égalité, ce serait pas mal. »

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Vos réactions

  • L’historien fait son métier au titre de sa compétence, non pas de son opinion.

    Glycère Benoît Le 3 février à 07:14
  •  
  • l histoire c’est tout simplement la mémoire des vainqueurs

    buenaventura Le 3 février à 10:17
       
    • Hou là là ! l’histoire est" la mémoire des vainqueurs" et l’histoire est affaire "de compétence et non pas d’opinion" ? Une tentative de réponse courte : non, l’histoire n’est pas uniquement celle écrite par ou pour les vainqueurs, et elle n’est pas non plus qu’une question de compétence .
      L’histoire est une science humaine qui ,pas plus que les autres, n’est jamais extérieure aux enjeux politiques et idéologiques de la période où elle pratiquée. Il y a un combat historien permanent pour chercher la vérité des causes qui produisent les faits et motivent les gestes que nous lèguent les générations qui se succèdent jusqu’à nous et font l’histoire. "un présent sans passé n’ a pas d’avenir"( Fernand Braudel).

      Marc A. Le 3 février à 11:06
  •  
  • @buenaventura. Non, c’est la pseudo-histoire, l’histoire instrumentalisée à des fins politiques qui est écrite par les vainqueurs. Vainqueurs d’une guerre étrangère, d’une guerre civile, d’une révolution, d’un coup d’État. L’historien lui, le vrai, ne se réclame que de l’esprit scientifique quand il conduit ses recherches et écrit ses ouvrages. Il n’est à la solde d’aucun vainqueur, d’aucune faction, ne milite pour aucun parti.

    Bien sûr il est poreux, sa culture est relative à son époque, son environnement. Il a des opinions politiques, qu’il a le droit comme tout citoyen dans une démocratie, d’exprimer. Mais il ne doit pas les faire interférer avec sa méthode de travail. Il ne doit pas travestir la vérité pour les conforter. Pour prendre un des pires exemples, il ne doit pas faire comme Annie Lacroix-Riz qui considère l’Holodomor comme une disette d’origine naturelle, compliquée par la difficulté du rationnement. Les communistes étaient les vainqueurs en Ukraine en 1932-33. Une disette à quatre millions de morts, on est alors dans le négationnisme. À l’autre bout du spectre politique Robert Faurisson tombe dans la même perversion. Comme militante Annie Lacroix-Riz a atteint son but. Comme historienne elle a perdu tout crédit.

    Glycère Benoît Le 3 février à 13:07
       
    • Glycère, vous avez réouvert votre bréviaire de la haine anticommuniste pour nous parler cette fois-ci des famines des années 30 en Ukraine... Bien, alors allons-y : l’historien lambda sait qu’il n’y a jamais une cause unique aux évènements et cela visiblement vous l’ignorez superbement en n’en privilégiant qu’une seule , l’action du communisme stalinien.

      La moindre honnêteté intellectuelle aurait consisté à souligner que sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, ,l’historiographie est très diverse et les controverses nombreuses.
      Une fois d e plus, Vous avez choisi de mettre en avant la vieille thèse foncièrement anticommuniste développée par Werth et Courtois dans le "Livre noir du communisme".

      C’est votre droit. Mais faîtes-nous de grâce des accusations de "négationnisme" dont vous accablez ceux qui n’ont pas n’ont pas la même approche ni la même interprétation des faits que vous et vos mentors.

      Sachez enfin que s’il y a des vrais "négationnistes", comme , par exemple, Faurisson à propos de "la Shoa" il y a également de vrais " révisionnistes" de l’histoire.

      Sans surprise, je constate une fois de plus que vous vous rangez de leur côté, ce qui réduit à néant votre prétention à dire ce que doit être l’histoire.

      Robert T. Le 5 février à 08:25
    •  
    • @Rodolphe T. Calomnie. Vous m’accusez de négationnisme alors que vous-même le côtoyez en faveur du régime qui a votre sympathie, du moins votre indulgence. Pour ma part je condamne le négationnisme partout où il sévit, qu’il profite au nazisme ou au communisme.

      Ce n’est pas le bréviaire de la haine que j’ouvre mais l’histoire. Les chercheurs travaillent maintenant sur des archives qui sont moins fermées qu’autrefois et le déclin des partis communistes les affranchit de leur influence. Celle-ci obéit à des raisons politiques, étrangères à l’esprit scientifique et au sens moral.

      Je maintiens ce que j’ai dit sur l’Holodomor. Je récuse votre expression ‘communisme stalinien’. Il n’y a pas de communisme stalinien, pas plus que de nazisme hitlérien. Il y a le communisme.

      Glycère Benoît Le 5 février à 11:09
    •  
    • Pauvre Glycère B ! À court d’arguments vous avez recours au mensonge : relisez - moi, je n’ai jamais écrit que vous étiez un négationniste ", mais proche des "révisionnistes" de l’histoire. comme Courtois et Werth , les auteurs "académiques" de votre livre de chevet.Et c’est vous qui calomniez les "chercheurs" en les accusant d’être des "négationnistes" , parce qu’ils n’ont pas vos oeillères.

      Rodolphe Le 6 février à 09:33
    •  
    • Pauvre Rodolphe (ou Robert T) ! Vous me déclarez proche des négationnistes et maintenant vous dites le contraire en tergiversant sur la nuance entre révisionnistes et négationnistes. Relisez-vous, votre phrase est ambiguë. La nuance de sens entre les deux termes est réelle au demeurant, et il importe de ne pas les confondre. Mais que l’un ou l’autre soit jeté à la face d’un interlocuteur, le but est le même : le diaboliser par une marque d’infamie. C’était probablement le vôtre. C’est vous qui êtes à court d’argument dans votre défense du communisme, afin, sinon de le justifier, du moins de lui accorder les circonstances atténuantes. Peut-il y en avoir ?

      Glycère Benoît Le 6 février à 14:16
    •  
    • Rebelotte, c’est reparti entre Gyclère Benêt et les stals de chez Fabien, à nous les rebriser menu sans aucun rapport avec l’interview ou l’article qui précède ! Tout pour leur ego, leur concours de bistouquettes à deux balles ! C’est tellement chiant et sans surprise qu’on en deviendrait grossier bordel !!!

      René-Michel Le 11 février à 16:39
    •  
    • @René-Michel. Redevenir grossier ? C’est fait, vous l’êtes. A Fabien il y a des communistes, rien d’autre. Exprimez-vous, puisque vous êtes si intelligent, plutôt que de balancer un crachat de temps en temps. Qui vous empêche de participer aux débats de façon saine ? Si vous estimez que les participants ne sont pas assez relevés pour vous, n’intervenez pas, tenez-vous à l’écart. Sinon intervenez, vous êtes le bienvenu.

      Glycère Benoît Le 11 février à 19:15
  •  
  • @glycere - je suis persuadé que tout le monde ici sait parfaitement, comme vous même d’ailleurs, que si l’Histoire est une science humaine qui tend à ce titre à "maitriser" la subjectivité de l’historien, elle ne fait pas exception aux pressions que subissent les autres disciplines, y compris celles relevant des sciences dures, à travers le temps...
    Il y aura toujours un discours officiel car se référer à l’Histoire est l’acte le plus politique qui soit. Et la, fort est de constater qu’il est cautionné par l’autorité en place car il en conforte la position hégémonique...

    Carlos Le 3 février à 14:00
       
    • @Carlos. Tout à fait. Khrouchtchev disait des historiens : ‘il faut les mettre sous surveillance’. À son échelle le PCF surveilla les siens jusque dans les années soixante-dix et l’on doit à Roger Martelli – parmi d’autres – d’avoir œuvré à desserrer le carcan.

      Glycère Benoît Le 3 février à 21:22
    •  
    • @Glycere - Voilà une approche qui a donc survécu et à Khrouchtchev et au communisme... puisque vous la croyez absolument marquée par le socialisme. Il vous faudra bien un jour ouvrir les yeux sur le fait que cela a juste à voir avec une stratégie de pérennisation du pouvoir en place, quelqu’il soit...

      carlos Le 5 février à 15:30
    •  
    • @Carlos. Pour ouvrir les yeux un jour il aurait fallu qu’ils se fussent fermés. Je ne fais pas ce genre de choses en politique.

      Le PCF survit. Il le fait dans un cadre politique auquel il lui faut s’adapter sous peine de mort, malgré sa condition idéologique qui l’y dispose mal. Pour tout être vivant, ici un être collectif, la conservation est de l’ordre de l’instinct. Loin du pouvoir, à force d’érosion il a fini par laisser une certaine marge de liberté aux historiens, dont la parole s’est écartée peu à peu de ce qui était attendu d’elle.

      Le communisme a le culte du secret, du mensonge, de la disproportion. Un bout de ficelle devient une pelote et un gouffre une fissure. C’est tout ce que les historiens, y compris ceux du PCF, détestent mais leurs conditions de travail ont malgré tout évolué.

      Glycère Benoît Le 5 février à 17:15
    •  
    • @glycere - c’est justement parce que le PCF est loin du pouvoir qu’il est moins concerné par une stratégie de pérennisation que ne peuvent l’être les régimes, quelqu’ils soient, aujourd’hui en place...

      Carlos Le 5 février à 20:33
    •  
    • @Carlos. Le PCF est très concerné par la stratégie de pérennisation. Elle est cruciale pour lui car il y joue sa survie, dont elle est l’objectif. L’éloignement du pouvoir auquel est condamné le PCF ne la rend pas anodine, au contraire, par la rareté et les inconvénients des moyens dont il dispose. Le choix est cruel mais non pas impossible.

      Glycère Benoît Le 6 février à 09:07
  •  
  • Bonjour
    Rappel, la disparition de Suzanne Citron historienne qui a écrit le "’Mythe national", entre autre, et qui fut une des première a faire une histoire de France critique.
    Tout son passage a partir de la révolution, la période actuelle me plait, voilà une personne lucide.

    BOB Le 3 février à 14:29
  •  
  • Bonjour
    Pour info
     les luttes et les réves, une histoire populaire de la France de Michelle Zancarini éditions Zones la découvertes
     Révolutions , quand les peuples font l’histoire éd Belin collectif
     Une histoire populaire de la France de Gérard Noiriel éd Agone

    BOB Le 3 février à 17:41
  •  
  • Bonjour, très intéressant !
    deux classiques ;

     Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours.
    Par Howard Zinn

    Avril 1980 : 1re édition aux USA
    2003 : 1ère édition française... no comment… indispensable

     L’age des extrêmes
    Par Eric Hobsbawm

    Alors que l’ouvrage, paru en anglais en 1994, a déjà été traduit en près de quarante langues, y compris en hébreu et en mandarin, il est refusé par plusieurs éditeurs parisiens dont les éditions Gallimard représentées par Pierre Nora. En 1999, en collaboration avec Le Monde diplomatique, André Versaille fait traduire L’Âge des extrêmes en langue française. C’est le plus grand succès commercial de l’histoire des éditions Complexe, avec 80 000 exemplaires vendus (Wikipeda)

    Bon Weekend !

    Arouna Le 3 février à 18:20
       
    • Deux autres classiques :

      Histoire intérieure du Parti communiste, par Philippe Robrieux, 4 tomes publiés de 1980 à 1984.

      Le Livre noir du communisme, par Stéphane Courtois, Nicolas Werth, Jean-Louis Panné, Karel Bartošek, Jean-Louis Margolin et Andrzej Paczkowski, publié en 1997.

      Ces ouvrages ne nuisent en rien aux travaux des historiens marxistes, chez qui il y a des auteurs importants et compétents, dont la valeur est reconnue. Ce n’est pas leur but. Leur but est la vérité.

      On sait qu’elle peut prendre plusieurs aspects selon les points de vue. Par son caractère clos dans l’histoire, éloigné maintenant des enjeux de la politique où le mensonge peut être un outil, le communisme en tant qu’objet d’étude réunit les conditions permettant à l’esprit scientifique de s’y appliquer. Dire que l’histoire n’a pas de parti n’est pas un vain mot.

      Glycère Benoît Le 4 février à 10:15
    •  
    • Glycère, les auteurs du "livre noir du communisme" que vous citez , selon vous , seraient d e" vrais historiens" et non "des charlatans" ou "des menteurs"... C’est à voir.Je vous invite à plus de circonspection dans l’éloge et à lire toutes affaires cessantes : "Octobre 1917, une lecture critique de l’historiographie dominante " par Lucien Sève , les éditions sociales, 2017. vous y découvrirez que vos "vrais " historiens ne reculent pas devant le mensonge par omission et même la manipulation de la chronologie des faits ou des textes, pour soutenir leur thèse...

      Robert T Le 5 février à 08:55
    •  
    • @Rodolphe T. Votre mise en doute de la compétence et de la probité des historiens de l’équipe Courtois est sans fondement. Leurs travaux, à côté d’autres parlant différemment mais qui tous se complètent pour la compréhension de ce que fut réellement le communisme, ont une valeur reconnue, malgré les controverses. Vous citez l’exemple de Lucien Sève, auteur compétent en son domaine. On peut dire la même chose de ses travaux, malgré la aussi les controverses.

      Glycère Benoît Le 5 février à 11:24
  •  
  • @Glycere,
    Le Livre noir du communisme, par Stéphane Courtois, Nicolas Werth, Jean-Louis Panné, Karel Bartošek, Jean-Louis Margolin et Andrzej Paczkowski, publié en 1997.
    Le but de ce livre est la vérité, croyez vous vraiment ? Lorsque l’on sait que d’une part S. Courtois a ajouté des morts à la louche mêlant ceux de la guerre civile avec la famine, contre l’avis de ses propres co-auteurs ?

    Parce que l’objectif était d’atteindre le chiffre "choc" de 100 millions de morts. Alors même que soit dit en passant ces 100 millions sont sous nos yeux dans notre monde capitaliste (et je ne parle pas des chiffres de millions de morts provoqués par l’impérialisme US depuis la seconde guerre mondiale, y compris ceux des guerres au Moyen Orient).

    Chiffre du reste, qui correspond au nombre de morts en 5 ans sous le capitalisme (rien que le nombre de morts de faim se monte à 200 millions depuis la chute du mur, soit 9 millions par an, chiffres FAO).

    Julien Le 4 février à 15:00
       
    • @Julien. Les auteurs du Livre noir du communisme sont des historiens. Ils ne sont pas des charlatans. Leur travail repose sur la méthode historique et rien n’indique qu’ils l’ont dévoyée. C’est pourtant ce que vous insinuez. Est-ce parce que leurs observations et leurs analyses éclairent le communisme sous un jour que vous n’aimez pas ? Cette réalité pourtant devrait vous inviter à réfléchir – nous tous d’ailleurs y sommes invités. Laisser entendre que ceux qui la rapportent sont des menteurs est une imputation facile. S’ils vous en demandaient raison ce serait un autre débat en marge de celui portant sur la nature du communisme : comment en parler en France ?

      Les divergences entre les auteurs de l’ouvrage portent sur les responsabilités politiques et morales, non sur l’ampleur numérique des crimes, dont la variation ne modifie ni la qualification ni les circonstances de leur commission, qui ne sont en rien atténuantes. Vous suggérez qu’elles le furent, le contexte de guerre civile y aidant. Mais qui a déclenché la terreur rouge, après que les communistes eurent pris le pouvoir par un coup d’État et imposé leur régime par la violence ?

      Qui est responsable des malheurs du monde, dont l’histoire nous déroule le flot ? Les seuls à en être innocents seraient selon vous les communistes, qui veulent la combattre. Sont-ils les seuls, au fait ? Sont-ils les seuls à avoir une morale ? En tout cas ils mirent sur pied, en 1917, le régime qui devait y mettre fin. Ce régime fut le plus criminel de tous. C’est une chose que de mal réguler les besoins alimentaires et sanitaires, ensuite de mal assumer les errements de telle ou telle politique censée les corriger. C’en est une autre que d’exterminer des populations pour des raisons idéologiques. En plus du sang, ce régime fit couler les mensonges pour égarer les esprits. De ce point de vue, en France, le bilan du communisme n’est pas encore soldé.

      Glycère Benoît Le 4 février à 23:04
    •  
    • @Pauline - Si les révolutions basées sur une vision de la société en termes de classes, n’ont pu prévenir l’émergence d’une "caste" dictant à la majorité ses contingences, il est tout a fait évident que le risque que vous évoquez est plus que vraisemblable pour celles qui ne s’y réfèreraient pas...

      Votre mise en garde sur la nécessité de réfléchir à toutes les formes de domination reste donc pleine de bon sens même si pour moi, il n’est pas forcément utile d’en passer par l’analyse marxiste pour le faire. La simple critique basée sur le fait que l’humanité est une découverte et non une construction (postulant une unité au-delà des différences culturelles ou ethniques), amène le fil conducteur d’une réflexion sur l’altérité et la nature des relations entre les êtres humains... Or, malgré la complexité inhérente au sujet, on peut noter que depuis l’origine, les sociétés les moins inégalitaires étaient celles où la démocratie, sous des formes diverses, régulaient les liens et influences réciproques.

      Le meilleur garde-fou face au risque de domination d’un groupe sur un autre, et au cortège d’injustices qui le suit, reste donc dans l’un des réflexes humains les plus basiques qui soit : il réside dans notre capacité d’agir et à réinventer notre environnement de manière collective au sens le plus large possible... en somme à modifier les limites du déterminisme qui préside à nos destinées (nous fabriquons autant notre environnement que nous le subissons). Et la seule manière d’y parvenir le plus efficacement possible, c’est de garantir à minima le pluralisme et la démocratie pour que chacun d’entre nous ne puisse pas être empêché de jouer un rôle dans notre destin commun. L’équité et la justice pour tous, ou la fin de l’humanité, un choix qui n’a rien de Cornélien...

      carlos Le 5 février à 17:19
  •  
  • l’intelligence et la culture de Madame Larrère ne sont pas contestables, ses biais idéologiques et ses obsessions ne le sont pas moins. C’est curieux comme les concepts de Révolution, Résistance fascinent la bonne Bourgeoisie la plus installée. Chacun a droit à sa part de frisson...
    On a connu les "établis" ds les années 70 dont beaucoup ont rapidement quitté le cambouis et la dureté industrielle pour retrouver des sinécures universitaires ou médiatiques.
    Nous avons aujourdhui des prescriptrices d’opinion qui se vivent comme transgressives et minoritaires mais sont en réalité visibles partout et d’un conformisme lénifiant avec une vision du monde parfaitement binaire.
    Concédons au personnage une vraie épaisseur et une réelle capacité d’analyse, on ne peut pas en dire autant de certains(nes..) de ses acolytes, passant leur temps à s’admirer ds le miroir des réseaux sociaux ou à coups de pétitions grandiloquentes où on retrouve la même cinquantaine de noms parfaitement interchangeables.

    vince Le 4 février à 22:29
       
    • Rappel :

      "En 2018, nous fêtons le bicentenaire de la naissance de Karl Marx. Son analyse historique est-elle valide aujourd’hui ?

      Mathilde Larrère :

      Si on entend par « son analyse historique » la compréhension du monde qui l’entourait, elle est globalement valide. S’il s’agit de voir si on peut l’appliquer à notre contexte, c’est autre chose.

      Mais je pense qu’elle reste pour partie valide. Ce qui me marque chez les indignés et même à la France insoumise, c’est qu’en oubliant des aspects du marxisme et en revenant à une conception du « peuple » ou du « 99 % contre le 1 % », on revient plus en arrière.

      On renoue avec des lectures de la Révolution française qui noyaient le mouvement ouvrier dans un mouvement populaire, citoyen, plus vaste et justement alors construit pour vider de sa substance le mouvement ouvrier en train de naître.

      La sans-culotterie était une fraternité de consommateurs, pas de producteurs. Les revendications ouvrières s’y noyaient. Bien sûr, on ne peut pas calquer le monde et la société actuelle sur le XIXe siècle, mais il faut garder à l’esprit un certain nombre de grilles de lecture marxiste qui permettent de comprendre ce qui se passe.
      De ce point de vue, je ne suis pas favorable à rompre avec une lecture en termes de classes. Lorsqu’on appelle à renverser l’oligarchie, on perd de vue le fait que le risque est que la partie supérieure du 99 % devienne le nouveau 1 %.

      Il faut donc beaucoup plus réfléchir sur toutes les formes de dominations afin de ne pas les reproduire et de remplacer une caste par une autre. Ce que finalement Marx dit de la Révolution française.

      Pauline Le 5 février à 08:43
    •  
    • désolé je me suis trompé de "post"... je le remets donc ici.

      @Pauline - Si les révolutions basées sur une vision de la société en termes de classes, n’ont pu prévenir l’émergence d’une "caste" dictant à la majorité ses contingences, il est tout a fait évident que le risque que vous évoquez est plus que vraisemblable pour celles qui ne s’y réfèreraient pas...

      Votre mise en garde sur la nécessité de réfléchir à toutes les formes de domination reste donc pleine de bon sens même si pour moi, il n’est pas forcément utile d’en passer par l’analyse marxiste pour le faire. La simple critique basée sur le fait que l’humanité est une découverte et non une construction (postulant une unité au-delà des différences culturelles ou ethniques), amène le fil conducteur d’une réflexion sur l’altérité et la nature des relations entre les êtres humains... Or, malgré la complexité inhérente au sujet, on peut noter que depuis l’origine, les sociétés les moins inégalitaires étaient celles où la démocratie, sous des formes diverses, régulaient les liens et influences réciproques.

      Le meilleur garde-fou face au risque de domination d’un groupe sur un autre, et au cortège d’injustices qui le suit, reste donc dans l’un des réflexes humains les plus basiques qui soit : il réside dans notre capacité d’agir et à réinventer notre environnement de manière collective au sens le plus large possible... en somme à modifier les limites du déterminisme qui préside à nos destinées (nous fabriquons autant notre environnement que nous le subissons). Et la seule manière d’y parvenir le plus efficacement possible, c’est de garantir à minima le pluralisme et la démocratie pour que chacun d’entre nous ne puisse pas être empêché de jouer un rôle dans notre destin commun. L’équité et la justice pour tous, ou la fin de l’humanité, un choix qui n’a rien de Cornélien...

      carlos Le 5 février à 17:22
  •  
  • Bonjour
    A Pauline
    j’ai du être couper sur une première réaction ?....bizarre.
    Je vais plutôt dans votre sens.
    Tout cela manque d’analyse de classe, surtout notre époque.
    En France c’est le poids du réformisme, véhiculé principalement par la classe moyenne salarié, ou la petite bourgeoisie intellectuelle. Poids du réformisme , et des catégories sociales qui vont avec qui ne date pas d’aujourd’hui, déja depuis 1981 avec l’arrivée de la gauche réformiste au pouvoir, puis des années Jospin et Hollande, incarné principalement par le PS , mais pas que. Et qui maintenant ce sont tourner soit vers Macron....mais aussi FI et Mélenchon.
    D’où , une une tendance fortement réformiste chez Fi, qui ne sent cache pas et le revendique mêmes . Réformisme qui peut être radical....il n’y a pas que du mauvais . Nous sommes toujours dans la problématique réformisme ou révolutions.
    Mais je pense que , la majorité des gens penchent vers le réformisme actuellement, donc il faut voir , jusqu’où on peut aller, quelle compromis et quelle alliance de classe.

    BOB Le 5 février à 18:04
       
    • Pour l’instant , LFI et son césar , englués dans leur "populisme" et leur sectarisme, n"en sont pas au "compromis" ni aux "alliances de classes". Mais s’ils veulent vraiment gouverner et faire avancer des réformes, il leur faudra bien y venir. La réalité ne sera jamais " LFI, sinon rien".

      Benoit G Le 6 février à 09:42
  •  
  • BOB je vous cite dans votre réponse a Pauline

    Analyse de classe, Réformisme employé 7 fois, petite bourgeoise intellectuelle , réformisme ou révolutions , alliance de classe .

    Vous avez avalé une vieille cassette assimil , "le marxisme élémentaire " en 10 leçons ?

    Mais qui parle encore ainsi en 2018 ? comment pensez vous convaincre les générations de trentenaires qui hésitent entre un réalisme social-libéral façon Macron et une utopie constructive comme le tente la FI .

    l’alliance de "classe " comme vous le dites, se fera sur d’autres antagonismes et thématiques que la surannée lutte des classes.

    Parlez, écologie , obsolescence programmée, alimentation, vivre ensemble, croissance, décroissance, mode de déplacement doux , urbanisme, gentrification, études, débouchés, salaires, discrimination, égalité hommes femmes.

    Mais épargnez nous le discours ringard de la lutte des classes, des petits bourgeois, des bobos et autres social-traitres.

    buenaventura Le 7 février à 19:27
  •  
  • A buenaventura, avec mon amitié
    Bonjour
    Désolé, mais je peux vous retourner le discours de la mêmes façon...On en a marre des discours uniquement écolo et la suite comme vous dites...La question écologique est importante , mais jointe avec une pratique sociale révolutionnaire, la lutte a tout les niveaux, partout....Je pense au contraire , qu’il faut ré-introduire le discours de classe, de l’analyse de classe , la lutte des classes, qui ont été refoulé, oublier, censuré...Faire retrouver la mémoire de classe aux générations , matraqué par l’idéologie des classes dominantes, qui ont justement étouffé ce discours classiste, aprés 68 particuliérement.Jeunes Générations qui non plus de culture de classe, ni culture politique, ni politique tout court pour certains ....il n’y a qu’a voir les interventions ici . On y trouve des analyses de droite, anticommuniste, antimarxiste....

    BOB Le 11 février à 15:23
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