Accueil | Par Pierre Jacquemain | 7 février 2019

Mathilde Larrère : « S’il y a autant de domination sexuelle, c’est parce que les hommes sont plus souvent au pouvoir »

Le pouvoir a-t-il un sexe ? C’est la question posée par Clémentine Autain et Libération qui organisent, ce vendredi, un débat à l’Assemblée Nationale. Parmi les participant-es, l’historienne Mathilde Larrère est l’invitée de la Midinale.

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VERBATIM

 

Sur le débat « Le pouvoir a-t-il un sexe ? » 
« Pour une fois le déséquilibre est en faveur des femmes (…) il y avait un souci de faire parler des hommes et de ne pas faire qu’un colloque de femmes. »
« Un certain nombre d’hommes ont décliné ou n’ont pas répondu à notre invitation. »
« C’est plus facile d’avoir des hommes sur tous les débats, en revanche sur les femmes il y en a plein qui disent ‘je n’ai rien à dire là-dessus’. »

 Sur la loi « parité » 
« On va tirer un point de vue quantitatif positif : les femmes sont objectivement plus nombreuses. »
« Ces chiffres sont faussés. C’est vrai qu’il y a autant de conseillères municipales aujourd’hui qu’il n’y a de conseillers municipaux mais quand on regarde les maires, 16% seulement sont des femmes. »
« Il y a une différence entre la parité qualitative et la parité quantitative. »
« Les femmes, dans les conseils municipaux, sont généralement adjointe à la petite enfance, à la famille, à la santé, au domaine du ‘care’ alors que les hommes sont aux finances, aux transports, les trucs régaliens. »
« Un des effets induits et dégueulasses de la parité c’est que des femmes qui étaient parfaitement légitimes à rentrer en politique sont délégitimer au nom d’un discours sur la femme quota. »

 Sur l’entreprise et les femmes 
« Si ça ne change pas sans contrainte, la contrainte devient la solution. »
« Ceux qui ont défendu la parité l’ont défendu comme quelque chose de transitoire en espérant qu’au bout d’un moment il n’y ait plus besoin d’imposer des contraintes pour qu’il y ait autant de femmes que d’hommes. »

 Sur le partage des temps 
« Le temps du politique n’est pas calqué sur le temps du domestique. »
« Dans les partis, les réunions sont assez systématiquement de 18h à 21h. S’il y a personne pour garder les enfants, les femmes ne peuvent pas faire de la politique. »
« Quand on regarde dans les partis politiques, il y a des femmes jeunes et des femmes âgées. Mais dans la tranche d’âge qui correspond au moment où les femmes se retrouvent en charge de famille, la vie politique ou associative pour elles devient compliquée. »

 Sur les femmes et la politique 
« Le monde politique est un monde difficile pour les femmes. »
« Elles sont en permanence en procès d’illégitimité donc au bout d’un moment elles ont en marre. »
« Les femmes ont intériorisé leur illégitimité. »

 Sur les femmes et les médias 
« Je pense que les médias invitent naturellement des personnes qui ont leur rond de serviette dans certaines émissions. »
« Les partis politiques ont aussi une part de responsabilité. Si un homme n’est pas disponible, ils envoient un autre homme. »
« Il y avait eu une enquête sur les participants des soirées électorales sur les plateaux de télévision : quand le parti à triomphé, il n’envoie que des hommes. Quand le parti a échoué et qu’il faut supporter les attaques de ceux qui ont gagné, on y envoie des femmes. »
« On envoie les femmes dans les médias quand il s’agit de les envoyer au casse pipe. C’est comme les circonscriptions : on envoie les candidates sur des circos perdantes. »

 Sur #MeToo 
« #Metoo a fait émerger une parole qui s’est libérée et a permis une prise de conscience chez les femmes et chez les hommes. »
« Il y a aujourd’hui plus de plaintes déposées par les femmes. Ça ne veut pas dire qu’il y a plus d’agressions mais ça veut dire qu’elles osent désormais porter plainte, ce qu’elles ne faisaient pas auparavant. »
« S’il y a autant de harcèlement et de domination sexuels c’est parce que les hommes sont plus souvent au pouvoir. »
« Ce qui se dit au procès Baupin, on est en pleine culture du viol. »
« La vraie révolution, la seule vraie révolution, c’est quand ces schémas de domination qui permettent aux hommes d’exercer ces violences sur les femmes, seront inversées. »
« Pour l’instant, on traite le symptôme, la révolution c’est quand on traitera le système : quand de fait il y aura autant d’hommes que de femmes au pouvoir. »

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  • Bonjour
    Maggie Thatcher, Marine Le Pen , ....ont-elle un sexe ?
    Le capitalisme a t-il un sexe ?
    Il n’y a pas que la quantité, l’égalité, la parité ?
    Il y a aussi la qualité...rosa Luxembourg, louise Michel, emma Goldman, m’inspire plus, que de mettre des femmes au pouvoir a tout prix.

    bob Le 11 février à 11:15
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