Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 14 janvier 2020

Maxime Cochard : « Enrichir les plus riches nuit à l’économie et à la lutte contre la pauvreté »

Il vient de sortir Nous n’avons pas besoin des riches (éditions Arcane 17) où il casse les a priori qui nous poussent à penser que nous aurions besoin des riches. Maxime Cochard, candidat communiste dans le 14ème arrondissement de Paris, est l’invité de #LaMidinale.

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 Sur l’affaire Carlos Ghosn 
« Dès que l’on a appris l’évasion de Carlos Ghosn, des gens ont minimisé le geste en expliquant qu’il fuyait la justice japonaise qui était tyrannique. »
« Il y a un discours dominant qui valorise les grands patrons et les capitaines d’industrie – par des gens qui sont prêts à tout leur pardonner et tout leur passer. »
« Je rappelle que Carlos Ghosn, c’est salaire de 7,2 millions d’euros lorsqu’il était chez Renault-Nissan – et même les actionnaires avaient dit que ce n’était pas possible qu’il ait un tel salaire mais le conseil d’administration était passé en force. »

 Sur la ploutolâtrie et le macronisme 
« A partir du moment où Emmanuel Macron a été élu, il a mis en place une politique qui consistait à supprimer l’impôt sur la fortune, à baisser les taxes sur les dividendes et le capital, à supprimer l’exit tax (un impôt qui s’adressait aux exilés fiscaux)… »
« Emmanuel Macron a mis en place une politique pour exonérer les riches d’impôts et, de facto, leur faire des cadeaux fiscaux. »
« Même s’il n’emploie jamais le terme, Emmanuel Macron croit au ruissellement : en enrichissant les plus riches, ça va dégouliner sur la classe moyenne. C’est là le cœur idéologique du macronisme. »

 Sur la définition de ce qu’est un riche 
« La définition de la richesse est nécessairement relative : on est tous le riche ou le pauvre de quelqu’un. »
« Je propose, dans mon livre, de retenir pour définir un riche, le seuil de déclenchement de l’impôt sur la fortune avant qu’Emmanuel Macron ne le supprime, c’est-à-dire lorsqu’on est assis sur un capital de 1,3 million d’euros. Cela représente à peu près 3.000 foyers fiscaux en France, soit moins de 1% de la population mais pour une fortune de plus de 1.000 milliards d’euros, soit la moitié du produit intérieur brut français. »

 Sur les problèmes des riches avec la démocratie 
« Emmanuel Macron a été élu grâce à l’aide d’un certain nombre de milliardaires influents, des gens qui détiennent des médias, d’autres qui ont fait des dons défiscalisés… »
« Au lieu d’avoir un mur infranchissable entre la politique et les milieux d’argent, on a aujourd’hui tout l’inverse. Et Emmanuel Macron est la caricature de cette collusion. »

 Sur la possibilité d’une société sans riches 
« On nous sèvre, depuis l’enfance, avec l’idée selon laquelle il y aura toujours des riches et des pauvres et qu’on ne pourra jamais rien changer aux inégalités. »
« Quand on regarde l’histoire récente de l’Humanité, on se rend compte qu’au XXè siècle, plus d’un milliard de personnes ont été sorties de la pauvreté selon la Banque Mondiale. »
« Quand les Etats s’en donnent les possibilités, quand les peuples s’en donnent les moyens, on arrive à réduire les inégalités – de même que l’on a réussi à réduire des fléaux comme l’analphabétisme ou l’accès à la santé. »

 Sur l’idée qu’on pourrait tous devenir riches 
« Le but du livre, c’est de démontrer que ce sont les inégalités qui posent un énorme problème. »
« Il y a les moyens de répartir les richesses. »

 Sur le capitalisme 
« Le système capitaliste est le système qui permet à une poignée de personnes de s’approprier les richesses produites par la grande majorité. »
« Le système pourrait s’identifier à une station de pompage : on va prendre dans les poches de ceux qui créent de la valeur par leur travail. »
« L’impôt frappe beaucoup plus, proportionnellement, les couches populaires que ceux d’en haut. »

 Sur le livre : post-capitaliste ou communiste ? 
« Le but du livre, c’est de démontrer que le discours libéral repose sur du sable. »
« Je prends douze idées reçues : les riches font tourner l’économie, créent de l’emploi, etc. et point par point, je déconstruis ces idées-là. »
« Le but n’est pas d’être dans le registre du dogmatisme ou du pamphlet ; c’est d’être un livre citoyen, le plus clair possible, pour convaincre ceux qui ne sont pas d’accord. »

 Sur la conclusion du livre 
« La politique d’Emmanuel Macron augmente les inégalités. »
« En vingt ans, la fortune des 500 Français les plus riches a été multipliée par 7 et, dans le même temps, on apprend par l’INSEE que les inégalités en France sont plus hautes que dans les années 1970. On a là la démonstration qu’enrichir les plus riches nuit à la croissance, à l’économie et à la lutte contre la pauvreté. »
« L’impôt ne suffit pas : la question n’est pas seulement de savoir comment on répartit les richesses mais comment on les produit. »
« Il faut démocratiser les entreprises et l’économie, permettre aux salariés de décider, d’avoir voix au chapitre mais aussi favoriser l’appropriation collective des outils de production. »

 Sur la gauche 
« Je suis content de voir que la gauche commence à se rassembler et à se réunir - notamment pour dire non au projet de réforme des retraites. »

 Sur sa candidature à Paris sur les listes d’Anne Hidalgo 
« Le programme d’Anne Hidalgo n’est pas de se débarrasser des riches à Paris. En revanche, si on va dans les quartiers où les grandes fortunes habitent, les habitants vont se mettre à hurler quand on leur parle d’Anne Hidalgo parce qu’on a implanté des logements sociaux et des centres pour sans abris - considérant que ces ghettos de riches devaient aussi prendre leur part à la solidarité. »

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