Accueil | Par Pierre Jacquemain | 12 décembre 2017

Maxime Combes : "Le business prime sur la préservation de la planète."

Aujourd’hui, Emmanuel Macron organise un nouveau sommet sur le climat - alors qu’une étude vient de démontrer que les prévisions sur le changement climatique pourraient être pires que prévues. Maxime Combes, économiste et membre d’Attac France, participera à ce sommet de deux jours. Il est l’invité de #LaMidinale

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 Sur le réchauffement climatique 
« Le réchauffement climatique se conjugue au présent et pas simplement au futur comme on veut nous le faire croire. »
« La discussion porte sur les politiques qui sont menées et qui ne sont pas à la hauteur des enjeux. »
« L’intensification et la multiplication des catastrophes climatiques et des phénomènes climatiques extrêmes sont directement liées au réchauffement climatique global. »
« Nous avons des modes de vie qui ne sont pas climato-compatibles. »

 Sur les deux ans de la COP21 
« La France – comme l’Union européenne – derrière un discours qui se veut offensif et de leadership en matière de lutte contre les dérèglements climatiques, est pétrie de contradictions. »
« On a un décalage très fort entre le ‘make the planet great again’ annoncé par Emmanuel Macron suite à la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord de Paris, et la réalité de ce que nous avons en termes de politique climatique. »

 Sur le financement de la lutte contre le dérèglement climatique 
« Il faut que les pays riches en mettent plus sur la table. »
« Il faut que la proposition d’une taxe sur les transactions financières aboutisse. »

 Sur la finance verte 
« La finance verte, c’est le terme officiel des acteurs financiers pour expliquer qu’ils ont pris en compte la crise écologique et climatique alors qu’ils développent une niche avec les obligations vertes qui sont supposées aller dans le bon sens mais qui représentent très peu dans la part de la finance globale. »
« Il faut que le système financier international soit soumis à l’impératif climatique. »
« Il y a deux enjeux : rendre climato-compatible l’ensemble de la finance mondiale et que tout ce qui se prétend être vert, ne soit pas simplement une opération de greenwashing mais le soit réellement. »

 Sur le sommet pour le climat 
« Il y a la volonté derrière ce sommet organisé par Emmanuel Macron de s’afficher comme étant un leader super clean du point de vue du climat. »
« La politique économique et industriel de la France est la poursuite de ce qui est mené depuis des dizaines d’années. »
« Le business prime sur la préservation de la planète. »

 Sur Nicolas Hulot 
« On ne distingue plus Nicolas Hulot de Bruno Le Maire. »
« Nicolas Hulot aurait pu poser ses conditions pour entrer au gouvernement et poser les sujets sur lesquels il n’était pas prêt à transiger. »
« Nicolas Hulot a considéré que sa seule personne suffisait. »

 Sur Notre-Dame-des-Landes 
« Nicolas Hulot a répété plusieurs fois qu’il n’avait jamais posé de conditions définitives au fait qu’il reste ou pas au gouvernement. »
« Si le gouvernement valide la construction de cet aéroport qui n’est pas climato-compatible, qui a des impacts extrêmement grands, localement, on sera à des années lumières de cet engagement à faire ‘make the planet great again’. »

 Sur les migrations climatiques 
« On ne s’y prépare pas [aux enjeux des migrations climatiques] puisqu’on essaie de mettre des frontières et des barbelés partout et de renvoyer les migrants d’où ils viennent ».
« C’est un enjeu majeur qui nécessite de mettre un principe intangible de solidarité internationale obligatoire. »
« On ne peut pas être à la fois à la source du réchauffement climatique, des impacts environnementaux avec notre modèle économique insoutenable et ne pas prendre en compte les conséquences directes et indirectes de cela. »
« La majorité des migrants climatiques ou environnementaux sont des migrants sud-sud. »

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Vos réactions

  • "rendre climato-compatible l’ensemble de la finance mondiale ", ça laisse songeur comme objectif réaliste...

    Pour arriver à l’envisager, il faudrait partir du principe que la finance est prête à renoncer à la spéculation "à court-terme"... En effet, les fonds sont inexorablement aspirés par les investissements les plus rapidement rentables. Or, je doute qu’il faille attendre un quelconque record de rentabilité à court terme pour les marchés à partir du moment où l’on s’entend sur le fait que pour qu’un plan sur le climat soit réellement efficace, celui-ci doive être planifié à long terme et prévoir une coopération des pays tendant à une contraction des échanges internationaux, une augmentation des circuits "courts" de production ainsi que la mise en place d’un véritable "devoir de solidarité internationale" contraignant les pays "riches" à aider les pays les plus pauvres de la planète à mettre en place des économies intégrant l’équivalent d’une "règle verte" à la mode France Insoumise pour qu’elles soient supposées "durables"... sorte de"Règle verte" qui de fait devrait du coup se voir adopter par tous les pays riches.

    Cette soumission de l’économie à la contrainte écologique prévoit, par nature, une limite à la prédation opérée par les intérêts particuliers via l’imposition d’un temps qui n’est plus le sien propre, mais celui de la nature (celui de la reconstitution des ressources notamment) mais aussi la sanctuarisation de certaines ressources exploitées aujourd’hui à outrance ! Autrement dit, si la milliseconde était le temps de la finance de "l’ancien monde", summum de la spéculation, il ne peut pas être celui de la finance "verte"...

    D’autre part, en l’absence de "Règle verte" CONTRAIGNANTE, les engagements écologiques de ceux qui fondent la finance " verte" aujourd’hui ( en émettent les obligations pour financer leurs ambitions écologiques... ou pas, puisque certains les utilisent pour financer des centrales à charbons tout en s’en réclamant ! :) ) ne sont ni vérifiables, ni contraignants juridiquement, et c’est un problème si l’on veut éviter que la Finance "verte" ne soit en fait que du "green washing"...
    La Finance "Verte", sans "label" international, règlement admis ou cadre juridique "fort" prend donc le risque de rester un épiphénomène qui ne financera que quelques projets (et quelques centrales charbon "vertes", c’est tellement drôle que je me devais de l’écrire)... Or, qu’est-ce que ce "label", si nécessaire à l’essor de la Finance "Verte" implique ? Et bien que tout simplement la Finance accepte de substituer à une "valeur" économique fixée par un marché, un prix "politique"à la hauteur de la norme écologique qu’une société choisit de respecter ! Est-ce vraiment l’ambition de la finance que de se voir contraindre, au delà du cadre écologique, par un autre cadre, démocratique celui-là ?

    Par contre, tout indique qu’on peut considérer que la définanciarisation de l’économie est une condition incontournable de cette transition écologique puisqu’elle privilégie l’économie réelle à la spéculation à court terme...

    carlos Le 12 décembre 2017 à 15:34
       
    • votre conclusion est sans aucun doute la seule solution réellement logique : sortir de la financiarisation de l économie.

      En attendant, les premières mesures immédiates et que la France peux prendre unilatéralement sont :

      Sortir du Nucléaire : de suite par ordre d obsolescence
      Sortir du Diesel : taxe identique a l’essence
      Sortir la voiture des villes : Transports doux, durable et gratuits
      Imposer les circuits court ( cantine, restau U , Entr, collectivités.
      Développement du RAIL, TER , Fret.
      Arrêt des implantations de centres commerciaux
      Interdiction du Glyphosate
      Exigence Bio , par niche fiscal incitative.

      buenaventura Le 12 décembre 2017 à 17:19
    •  
    • J’abonde dans votre sens avec par contre un bémol sur la taxation des véhicules polluants, ou disons de la taxation comme seul moyen d’action... Non sur le principe mais sur ses conséquences quant aux populations les plus défavorisées.

      L’État doit s’inventer d’autres outils pour parvenir à un changement des moeurs et des habitudes, notamment par exemple en mobilisant avec force les ressources du savoir et et de la recherche public autours de projets d’intérêts nationaux (voir internationaux) ! Ce qui implique de lui redonner des moyens mais aussi de réfléchir à des cadres contractuels avec la recherche privée capable de mettre en forme des innovations qui resteraient du domaine public et qui n’echapperaient pas au contrôle démocratique !
      Par exemple, la conception d’un véhicule "propre" abordable sur 4 ans pourrait être un grand projet d’État, comme la 2cv en son temps, faisant travailler conjointement le champ des recherches publics en sciences sociales, physiques, biologiques, etc... Pour aboutir à un panel d’appels d’offre au privé, afin d’en assurer les modalités d’application pratiques et dont les composants resteraient pilotés par une institution public qui "gererait" le projet. Il ne s’agit pas d’atteindre la lune comme Kennedy le proposa en son temps, mais l’ambition est louable car elle répond à des impératifs lourds : l’impératif écologique et l’impératif de justice sociale...

      En effet, l’idée c’est de permettre l’équité, là ou l’action de l’Etat la met à mal... Car, concernant les taxes, seuls ceux qui ont les moyens de payer en mobilisant des fonds importants seront en mesure d’y echapper. Les plus pauvres eux, n’auront d’autre choix que de les payer : la transition écologique serait donc factuellement financée par les pauvres !

      Car, c’est cette population qui vit loin des grandes villes (parce que chassée à cause des prix) dont on peut admettre qu’elles sont bien dotés en infrastructures de transport, qui doit se débrouiller aujourd’hui pour assurer sa propre mobilité. Je crois qu’il est primordial de veiller à rétablir une égalité de traitement sur le territoire de la République qui, ne l’oublions pas, va de l’Amérique à la Polynésie (égalité au sens d’équité, donner plus à ceux qui ont moins)...

      Il y a des chances que le remède à beaucoup des maux de notre monde passe par l’imbrication de la connaissance et du sentiment d’unité (d’humanité)... En effet, La connaissance reste une des seules ressources, dans un monde aux ressources finies, qui quant elle est partagée s’accroît exponentiellement...

      Carlos Le 12 décembre 2017 à 19:40
  •  
  • "La finance verte" !
    A quand le CAC 40 bio ?

    ( extrait d’une brève de LO )

    Durruti Le 12 décembre 2017 à 19:55
  •  
  • SI la Finance "Verte" a tendance à laisser de marbre, je pense que la France ne peut pas faire l’économie d’un grand débat sur une fiscalité verte socialement juste...

    Et puisque la transition écologique fait partie des grands axes de communication que la France Insoumise a choisi de se donner, ce serait un bon moyen d’évoquer concrètement les mécanismes à mettre en place pour éviter d’en faire payer le prix aux populations les moins aisées... Notamment lorsqu’on évoque l’augmentation du prix de l’essence ou des hydrocarbures...

    carlos Le 13 décembre 2017 à 11:39
  •  
  • Bonjour
    Finance vertes !?....bizarre
    Mais ,surtout c’est la transformation du capitalisme qui passe du capitalisme dit "industriel" ou "productiviste", les mots ont-il un sens ? ; qui passe donc au capitalisme dit "vert", toutes les entreprises disent amorcer un virage vert...n’est -ce que de la com ?, pas uniquement. Et c’est là le piège, le capitalisme continue sous une autre forme, pas forcément moins destructeur de la planète , ni moins productiviste, différement seulement....le fameux développement durable, encore un terme bizarre..
    c’est là aussi toute l’ambiguïté de groupe comme ATTAC qui s’en prenne , principalement aux éxcés du capitalisme, au libéralisme , a la mondialisation, la financiarisation , mais pas au capitalisme en tant que t’elle.
    Certes cela n’est pas simple, car il faut bien assurer , le travail des gens,et donc s’attaquer a la croissance (dites verte), a la consommation, aux mode de vie (alternative) , maintenir leur "niveau de vie" n’est pas évident. Tout en sauvant la planète.
    Quelques part l’écologie n’est-elle pas une escroquerie ?, je pose la question. Voir série d’article de jean pierre Garnier (urbaniste, sociologue) De l’escrologie 1/2/3/4 site librairie tropique, ou conférence citoyenne sur you tube.

    BOB Le 13 décembre 2017 à 16:57
       
    • @bob - ce qui est sur c’ est que si l’écologie dénonce les effets de la "prédation" de l’Homme sur la nature, alors elle aura au moins fait la moitié du travail... Lui resterait alors à expliquer que l’humanité ne survivrait probablement pas, ou très mal, à la disparition de l’écosystème qui est encore le sien, bien que fortement atteint... En dehors de toute théorie purement dogmatique politique ou économique, si l’humanité prend réellement conscience de son unité et de sa fragilité, alors un nouveau système politico-économique pourrait bien émerger du chaos actuel . Un système qui devrait s’axer sur une "régulation" coopérative forte et volontaire pour empêcher tout épuisement de ressources notamment, ainsi que toute tension sociale (issue par exemple de la grande pauvreté) mettant en péril cet objectif ! Alors, bien sur, rien n’est écrit, et je n’aspire pas à jouer les prophètes, mais l’idée que j’essaie de vous traduire et celle que c’est du "concret" de l’action écologique (et non le pseudopragmatisme libéral ou de tel courant de l’écologie politique) que pourrait bien émerger un nouveau contrat social et un nouveau type d’économie.

      Carlos Le 14 décembre 2017 à 07:26
  •  
  • Bonjour
    En parti d’accord avec vous Carlos, il y a beaucoup a dire sur votre approche. L’ humanité c’est quoi, c’est qui ?.....terme trop vague. La dessus , il ne faut pas occulter la question social ; quelle transition ?, seulement écologiste, protéger la planète, l’environnement ?. Rien que dans l’approche écologiste, il y a de multiples approches, tous ne sont pas d’accord. De la simple défense des animaux, chat, chien, loup , ours..Ou protéger les forêts, l’écosystéme, en se souciant peut de l’humains, certains courant de la deep écologie (l’humain vient pertuber la nature, il faut qu’il disparaisse). Ou plus politisé, pour moi, du moins, un projet écologique ne pourra fonctionner que si nous avons un programme politique pratiquement communiste,ou communisant, si les mots font peur. La aussi nous avons 50 nuances de l’écologie....le réformisme est la dominante de l’écologie politique actuel.
    Il faut donc ,tout repenser, dans l’organisation économique et social, pour sauver la planète, et l’humanité. Cela passe, pour moi, part ralentir la croissance, diminution relative du niveau de vie, fin de l’idéologie productiviste,arrêter de produire n’importe quoi pour donner du travail, remise en cause de nos modèle de consommation,"travailler tous, moins autrement" , aller vers les 20 h en moyenne pour tous......
    Voila en simplifiant beaucoup une approche plus radical révolutionnaire, pour sauver la planète.
    Sachant que le problème n’est pas que ; qu’elle société nous voulons, mais, c’est le problème de la transition. a qu’elle rythme et qu’est-ce qu-on y met dedans. Est-ce qu’on continue dans la voie capitaliste, productiviste, de croissance infinie, de l’idéologie du travail, ou l’inverse.
    Je pense mêmes que les plus intuitif , politiquement.On bien compris que la question écologique , pose la question , social, et d’une autre société alternative, avec plus d’acuité.
    D’ou la volonté , de nos dirigeant de freiner des quatre fers, cette évolution, la détourner, s’accrocher a l’ancienne société.
    Trump est l’exemple , par excellence, de ces dirigeants qui freinent des quatre fers , mais ne croyez pas que les gens derrière Obama, Clinton, Hollande , Macron et consort....
    soit mieux, ils comprennent bien qu’il faut sauver le système(capitaliste), qu’il faut gagner du temps, faire des réformes pour cela. On en revient toujours a cela :réformisme, ou révolution ; socialisme ou barbarie...et fin de l’humanité.
    Et je rappel qu’on peut sauver la planète, en supprimant deux tiers de l’humanité !!...certains y pensent.

    BOB Le 15 décembre 2017 à 14:34
       
    • C’est pour cela Bob que je précise qu’il ne s’agit pas de suivre tel ou tel courant de l’ecologie, mais bel et bien de façon générique, une écologie "pragmatique", autrement dit, l’intuition qu’il faut tout faire pour préserver l’unique ecosystème d’une humanité de fait indivisible ( au sens le plus globalisant d’une espèce humaine)... Quitte à opérer une "transition" qu’on peut qualifier "d’écologique" mais qui n’est rien d’autre qu’un changement de notre manière de vivre, de produire ou de travailler pour les rendre compatible avec la finitude de notre planète ! Autrement dit, c’est en étant le plus "absolu" sur l’idee que nous avons participé à générer une modification profonde et rapide du climat et le moins "relatif" sur notre capacité à nous adapter à un monde qui sera devenu invivable pour l’Homme, que nous serons en mesure de nous y conserver une place... "Nous", utilisé pour designer "nos descendants"...

      Carlos Le 17 décembre 2017 à 21:06
  •  
  • Le business dont vous parlez porte un nom : c’est le capitalisme.
    Il a toujours été l’ennemi de l’environnement.

    martin Le 16 décembre 2017 à 13:31
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