Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 8 mars 2019

Mélissa Laveaux : « On peut faire de la musique militante tout en faisant de la pop »

Elle est canadienne. Noire. Femme. Lesbienne. Elle est d’origine haïtienne. Elle compose, chante. Elle est musicienne. Et elle est en tournée dans toute la France avec son nouvel album Radyo Siwel. À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, Mélissa Laveaux est l’invitée de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur la journée internationale des droits des femmes 
« C’est une journée d’actions militantes, qui représente tous les jours. »
« C’est une journée symbolique pour tous les combats du quotidien. »
« Je ne sais pas si #MeToo est une révolution mais ce qui est révolutionnaire, c’est qu’on rend les gens responsables. On a rendu les gens responsables de leurs actions et de leurs paroles. »

Sur la domination masculine dans le secteur musical
« Dans le milieu musical, la violence se fait en studio avec des jeunes artistes. »
« ll y a toujours un moment où l’on te propose quelque chose qui servira ta musique en échange de services sexuels. Toutes les artistes femmes que je connais ont connu ce moment-là. »

 Sur l’invisibilité des femmes et des femmes noires 
« Les femmes noires, aux Etats-Unis ou au Canada, je les vois. »
« La diversité est plus facile d’accès au Canada parce que c’est un pays qui cherche à avoir une image multiculturaliste. »
« Quand j’étais plus jeune, à la télévision je voyais cette journaliste, Michaëlle Jean, qui est devenue la gouverneure générale du Canada et squi a donc représenté la reine. Du coup, le Canada avait une reine noire. Elle représente aujourd’hui la Francophonie. »
« Ça fait onze ans que j’habite en France, onze ans que j’attends de voir des personnes racisées à la télévision, à la radio, qui prennent la parole. »
« Je peux pas ne pas voir la race partout, parce que je la vis, je la sens, quand je marche, je vois, la manière dont les gens changent leur comportement par rapport à moi. »

 Sur les combats de Mélanie Laveaux 
« Je suis en résistance contre le manque de liberté, contre l’invisibilité et la parole volée. »
« Les combats que je mène sont des combats solidaires avec toutes les personnes qui sont marginalisées. »
« L’intersectionnalité permet la libération de tous les peuples, de tous les genres. »

 Sur l’engagement des artistes 
« Les artistes devraient davantage traduire les sentiments d’une époque. »
« À différentes époques, la musique a vraiment servi à faire changer les choses. »
« On peut faire de la musique militante tout en faisant de la pop. »

 Sur l’héritage haïtien de Mélanie Laveaux 
« Mes parents avaient peur que je ne m’intègre pas assez au Canada et ne voulaient pas que j’apprenne le créole. »
« Je n’ai pas vécu ce que mes parents ont vécu [ils ont fuit la dictature]. »

 Sur le sentiment d’être une étrangère en France 
« J’ai ma carte depuis dix ans - et elle a été un peu pénible à récupérer ! »
« Je ne me sens pas étrangère au Canada parce qu’il y a cette question de repli communautaire qui revient : les différentes communautés se sentent libres d’exister sans qu’on les dérange, sans problème d’interactions avec d’autres communautés. Les gens se sentent tout autant Canadiens qu’Haïtiens. »
« En France, on dit qu’il ne faut pas de repli communautaire comme si c’était une mauvaise chose de célébrer sa propre culture. »
« J’apporte ma culture comme une offrande à un autre pays. »
« On me présente comme une artiste canadienne, personne ne me présente comme une artiste française. C’est aussi ce qui fait le cachet de mon projet. »
« Je ne sais pas si une artiste haïtienne née en France aurait bénéficié d’autant d’attention que j’ai pu avoir grâce à ma nationalité canadienne. »

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  • « En France, on dit qu’il ne faut pas de repli communautaire comme si c’était une mauvaise chose de célébrer sa propre culture. J’apporte ma culture comme une offrande à un autre pays. »

    La France a offert en sacrifice sa propre culture : le peuple français s’est purgé du Christianisme en 1793, à grand renfort de massacres de masse et de guillotines.  Depuis, nous sommes porteur de ce message universel : débarrassez vous de vos veilles cultures réactionnaires, massacrez ceux qui prétendent protéger les traditions, faite place à un monde nouveau.

    Seule la Chine Maoïste et l’URSS ont su suivre notre exemple, la Révolution Tranquille au Québec ayant manqué d’universalisme et de guillotines. Je ne doute pas qu’un jour aussi le peuple haïtien saura suivre le message universel de la France et offrira en sacrifice sa culture sur l’hôtel de la République et du Socialisme.

    jehovah_c_non Le 10 mars à 11:15
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