Accueil | Par Pierre Jacquemain | 1er octobre 2018

Mireille Fanon-Mendès-France : « Nos frères d’outremers sont considérés comme des non-êtres »

Alors qu’Emmanuel Macron est en déplacement de quatre jours aux Antilles, la présidente de la Fondation Frantz Fanon internationale, Mireille Fanon-Mendès-France était l’invitée de la Midinale.

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VERBATIM

 

 Sur la visite d’Emmanuel Macron aux Antilles 
« [La métropole] entretient un rapport extrêmement malsain avec les outremers. »
« Ce rapport n’est pas débarrassé de la racialisation et tant que rien ne sera fait au niveau des réparations politiques, économiques et non des réparations individuelles, la relation ne pourra pas être une relation d’égalité. »
« Je ne vais pas parler de « métropole » parce que c’est un terme empreint de colonialité, mais je vais parler de la France. »

 Sur le regard du colonisateur, du dominant 
« Il y a, y compris à gauche, une intériorisation du racisme structurel. »
« Nous sommes des dominés, par le système, la structure et la suprématie blanche mais nous sommes aussi dominés à l’intérieur-même d’un groupe, par ceux qui défendent un anti-racisme moral. »
« Les victimes ne peuvent jamais être partie de la solution. Or, ce qu’on revendique, en tant que descendants de cette histoire, c’est que la solution vienne de nous. »

 Sur l’indépendance, l’autonomie et l’Etat 
« Il y a eu dans les outremers, surtout en Martinique, un envoi de fonctionnaires blancs pour tenter de blanchir la race. »
« Je ne dis pas "plus" d’Etat. L’Etat a fait main basse sur le pays d’une certaine façon. Il a préempter le pays d’une certaine façon qu’est la pire parce ce que ça a été par l’histoire de la race : blanchir la race et plus la race est blanche, mieux c’est. »
« Ce que veulent les agriculteurs, c’est pas plus d’Etat, c’est récupérer la terre qui leur appartient. »
« Les agriculteurs revendiquent la terre pour assurer la souveraineté alimentaire. »

 Sur la situation économique et sociale des outremers 
« Macron n’est pas allé se promener dans certains quartiers de Pointe-à-Pitre, les jeunes sont totalement abandonnés. »
« C’est une situation explosive socialement parce que les gens sont abandonnés à eux-mêmes. »
« Il y a un choix dans la visite de Saint-Martin, c’est là où sont les plus riches et où s’installent les artistes. C’est une vitrine touristique pour la France, ce qui n’est pas le cas de la Guadeloupe. »
« C’est une honte de continuer, en tant que chef d’Etat, de procéder par choix de qu’est-ce qui est le plus porteur, qu’est)ce qui va me rapporter le plus de voix et le plus d’argent à la France. »
« Nos frères d’outremers sont considérés comme des non-êtres, ils ne comptent pas. »
« On a continué à considérer les gens des Antilles et des outremers, comme de la chair à patron. »

 Sur le manifeste pour l’accueil des migrants 
« Non, je ne l’ai pas signé. »
« L’analyse du point de vue capitaliste est bonne mais du point de vue racialisation, elle est absente. »
« Le capitalisme s’est construit sur la racialisation, sur la mise en place de la politique de la race comme moyen de hiérarchiser l’humanité. »
« Je ne pense pas qu’il faille accompagner le développement des gens. »
« Le problème [en Afrique notamment], ce ne sont pas les gens, ce sont ceux qui gouvernent, c’est-à-dire la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’Union européenne. »
« Qui signe les accords iniques et félons avec les transnationales ? Ce sont les présidents : Issouphou, Macky Sall, IBK… »

 Sur la restitution des terres aux peuples autochtones 
« Les décisions sur les restitutions des terres ne peuvent pas venir de ceux qui gouvernent mais de ceux qui vivent de la terre et l’exploitent. »
« Aujourd’hui, ni l’Etat ni les Békés ne peuvent prouver qu’ils sont détenteurs des terres parce qu’ils n’ont pas de titres de propriété. »
« La question du développement ne peut pas dépendre d’un projet de domination. »

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  • « Ce que veulent les agriculteurs, c’est pas plus d’Etat, c’est récupérer la terre qui leur appartient. »

    Propos typiques de l’extrême droite anti-révolutionnaire, qui pousse les miséreux aliénés à rêver de devenir riches à leur tour. La Droite, pure et dure, façon Macron, qui veut une France qui rêvent de devenir millionnaire

    Castro a mis fin la ségrégation raciale en collectivisant les terres, voilà la solution pour la Guadeloupe et la Martinique

    MonKheymrad Le 4 octobre à 15:23
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