Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 9 novembre 2021

« Muriel Pénicaud incarne de la violence, de l’autoritarisme et un recul des droits des salariés »

L’ancienne ministre du travail est candidate à la direction du Bureau international du travail. Une pétition demande son retrait. Un de ses initiateurs, le responsable syndical au ministère du travail, Anthony Smith, est l’invité de la Midinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

Pour signer la pétition, c’est par ici

ET À LIRE...

 Sur Muriel Pénicaud, ancienne ministre du travail et candidate à la tête du Bureau international du travail 
« Muriel Pénicaud incarne une vraie violence conduite pendant 3 ans au Ministère du Travail. »
« Les 3 années de Muriel Pénicaud au Ministère du Travail ont été marquées par des reculs importants pour les droits des salariés, et, en interne, une vague autoritaire. »

 Sur l’inspection du travail, notamment en période de pandémie 
« L’inspection du travail est protégée par une convention internationale, la 81, de l’Organisation internationale du Travail, qui protège les inspecteurs du travail parce qu’ils ont des prérogatives très fortes : ils peuvent entrer de jour comme de nuit dans tout établissement assujetti au contrôle, ils peuvent conduire des enquêtes hors la présence de l’employeur, ils disposent des libertés des suites à donner au dossier qu’ils instruisent… Malheureusement, pendant la première vague de Covid, ces droits-là ont été remis en cause. »
« A propos du Covid, il n’y a eu aucune doctrine du Ministère du Travail sur la façon d’intervenir avant le mois de décembre 2020. Pendant toute la première phase de Covid, le Ministère du Travail s’est placé derrière les autorités sanitaires au prix d’entrave au fonctionnent de l’inspection du travail. »
« Il y a eu un effacement de l’inspection du travail voulu par le Ministère. »
« Par des notes, des circulaires et des instructions internes, on peut voir que, pendant la première phase de Covid, l’inspection du travail, au lieu de pouvoir diligenter des enquêtes et mettre en place leurs prérogatives au bénéfice de la santé des travailleurs qui étaient exposés à un risque mortel, a été entravée dans son action. »
« Pendant le Covid, c’est l’ensemble du Ministère du Travail qui a été entravé : 5 organisations syndicales (CGT, SUD, SNU, CNT, FO) ont déposé une plainte dès le mois d’avril 2020 auprès de l’OIT en constatant depuis le début de l’épidémie de graves infractions aux principes fondamentaux des conventions OIT. »
« On a suspendu pendant toute la période Covid, le droit du travail. Et cela a été préjudiciable à la santé de millions de travailleurs. Et c’était Muriel Pénicaud qui était alors aux commandes. »
« Le patronat considère que les dispositions du code du travail limitent et contraignent l’activité économique alors que la majeure partie de ces dispositions sont là pour rétablir une situation d’inégalité structurelle entre salariés et employeurs. »
« Les idées libérales d’un code du travail trop épais, en période de crise sanitaire, on en a besoin. Mais si Muriel Pénicaud prend la tête de la direction générale du Bureau international du travail, ce code protecteur, on l’attendra encore de longues années. »

 Sur l’Organisation internationale du travail 
« Comme toute énorme machine, l’OIT a ses limites : elle réagit lentement mais a produit des normes sociales qui protègent, notamment la convention 80, les inspecteurs du travail. »
« Les normes internationales s’appliquent dans les pays signataires. »
« A la tête de l’OIT, il vaudrait mieux avoir quelqu’un qui porte des valeurs de progrès et de justice sociale. »

 

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