Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 29 octobre 2021

« Ne cédez rien à l’extrême droite ! » : Geneviève Jacques interpelle la gauche sur les migrants

Le traitement indigne des exilés en France, dans une période d’extrême tension liée aux discours décomplexés d’une extrême droite omniprésente, continue de mobiliser les associations humanitaires malgré les intimidations répétées des forces de l’ordre et du gouvernement. Les militants résistent. Parmi eux, Geneviève Jacques, ancienne présidente de La Cimade, est l’invitée de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur la France comme terre d’accueil 
« La France n’est pas une terre d’accueil comme elle devrait l’être. »
« Nous sommes dans une situation très particulière actuellement avec une forme de maltraitance administrative et d’inhumanité dans le fonctionnement des préfectures et des politiques comme on l’a rarement vu avant. »
« Il y a des idées toxiques et pourries qui polluent l’atmosphère. »
« Sur un certain nombre de terrains, dont Calais est un exemple caricatural, on ne peut pas dire que la France soit à la hauteur de sa réputation et de ce qu’elle prétend être en tant que terre d’asile. »
« Les obstacles s’intensifient au prix d’une inhumanité qui nous sidère. » 
« On est halluciné de voir dans quelles conditions sont traités les êtres humains et quelle humiliation ça représente. »
« On est en colère. »
« Les autorités pensent que l’inhospitalité et l’inhumanité empêchera la France de devenir attractive. »
« C’est pas parce qu’il y aura des lieux dignes et des lits confortables à Calais que les gens viendront plus. Ça n’est pas ça qui fait venir les gens. »

 Sur la criminalisation de la solidarité  
« Ce qu’il se passe à Calais en ce moment avec les grèves de la faim et les actions des associations prouve qu’il y a beaucoup de citoyens qui veulent résister et qui considèrent que la situation est intolérable. »
« La manière dont on traite des familles, des femmes et des enfants est inacceptable. »
« On ne peut pas accepter les inégalités entre les êtres humains. »
« Il y a une tentation des pouvoirs nationaux et locaux à criminaliser la solidarité mais ça n’empêche pas les associations de continuer leurs combats. » 
« On parle de gens qui se trouvent en danger à cause des politiques migratoires et leur seul crime c’est de pouvoir vivre dignement dans nos pays. »

 Sur les déplacements de population  
« La réalité migratoire ne va pas cesser, bien au contraire et c’est même l’histoire de l’humanité. »
« Le dénie de cette réalité conduit à des situations de morts à nos frontières. »
« Il faut repenser les mobilités humaines. »
« Il faut accueillir et écouter. »
« Il nous faut imposer un changement de regard face aux migrations. »
« Les discours d’enfermements nationalistes sont non seulement inacceptables sur un plan démocratique mais en plus sont irréalisables. »
« Ce qu’on pourrait espérer, c’est une analyse et une conception de la coresponsabilité de tous les pays vis-à-vis de la marche du monde. »
« Nous avons une co-responsabilité à repenser notre rapport aux migrations. »
« Il serait grand temps de prendre conscience que les questions de mobilités humaines sont une problématique qui concerne tout le monde - à commencer par la France qui est traditionnellement un pays d’immigration. »
« On a tous des ancêtres qui viennent d’ailleurs. »

 Sur la lecture utilitariste des migrations 
« À La Cimade, nous sommes prudents sur l’utilisation des chiffres. Il y a un rapport utilitariste à présenter les migrations en termes de coûts et bénéfices. On parle d’êtres humains (…). Ceci dit, dire que les migrations ne sont pas un danger économique est nécessaire et si c’est prouvé par la statistique et les chercheurs, on ne va pas se priver de ces ressources. Bon, pour autant, nous à La Cimade on préfère ne pas raisonner en ces termes. Mais si ces données permettent de dégonfler tous les mensonges, pourquoi pas. »

 Sur les préjugés et les fantasmes  
« La peur est l’outil qu’utilisent les démagogues de tout poil et surtout ceux d’extrême droite. »
« Les migrations se font essentiellement du sud vers le sud. »
« Il n’y a rien qu’y soit identifiable à une submersion. »
« La peur des migrations est instrumentalisée par les médias. »
« Un pays comme la France n’est pas du tout submergé. »
« Comme le dit François Héran, 80% des entrées annuelles en France sont de droit. »
« Cette idée, ce fantasme, d’arrivées clandestines en France ne repose sur aucune base statistique réelle. »

 Sur l’accueil de migrants en Allemagne / France 
« Les Allemands ont eu une dirigeante qui face à la réalité, au lieu de dire ‘on ne peut pas’ à dit ‘nous, peuple allemand, on y arrivera’. Les Allemands étaient prêts à accueillir. »
« En France, on a eu des dirigeants qui ont commencé par dire qu’on n’était pas prêt et qu’on n’avait pas les moyens d’accueillir. »
« Souvent, la première réaction des gens est la crainte et quand il se passe une rencontre humaine, ça change leur regard. »
« Il y a des endroits entiers, dans nos campagnes, où il y a des logements vides. »

 Sur Emmanuel Macron et le gouvernement 
« Nous vivons une époque où le gouffre entre les discours - et en particulier celui du président - et la réalité sur le terrain est devenu insupportable. Ça donne le vertige. » 
« La différence entre les beaux discours de Macron et les politiques mises en œuvre donne le vertige. »
« Accéder aux droits est devenu un parcours du combattant. »
« On ne croit plus aux beaux discours. »
« Nous avons besoin d’une autre politique. »

 Sur la gauche 
« Ce que l’on attend de ce que devrait être la gauche, c’est le courage de considérer les questions migratoires comme des questions essentielles de démocratie et non pas de caler ses discours sur la droite ou l’extrême droite. »
« Il faut que la gauche arrête la compétition avec la droite et l’extrême droite sur les questions de sécurité parce que c’est à l’aune du traitement des personnes étrangères et des personnes les plus vulnérables que l’on juge de la solidité de nos démocraties et qui est de gauche et qui ne l’est pas. »
« Je veux dire aux candidats et aux candidates de gauche à l’élection présidentielle : ayez le courage de tenir des paroles de vérité sur la réalité des mouvements migratoires et la nécessité d’accorder un respect de la dignité des personnes qui sont là (…) sans peur des réactions excessives de l’extrême droite. »

 Sur l’état du débat public 
« Il y a une survalorisation médiatique du monsieur Z et des discours lepénistes qui ne correspondent pas forcément à la réalité. »
« L’anxiété par rapport à l’avenir - les épreuves de la vie comme le dit Pierre Rosanvallon - affaiblit le tissu collectif : les gens se renferment sur leurs peurs. »
« Si aujourd’hui on refuse de l’aide à une famille qui vient d’Afrique, demain on la refusera à quelqu’un qui a mauvaise mine ou qui n’a pas le bon genre. »
« A partir du moment où l’on fait des différences entre les gens qui sont là et qui ont faim, on est sur une très mauvaise pente. »

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  • Ok
    Mais sachant que la majorité des migrants sont d’extrême droite, on fait quoi ?

    jojoLeMarlou Le 31 octobre à 22:51
  •  
  • Bon, absolument aucune réflexion sur la conviction politique des migrants. Le discours de Geneviève Jacques est typique de l’impérialisme catholique qui réduit les allogènes à des bons sauvages un peu bêtes qu’il faut aider.

    Les migrants sont des êtres politiques, ils ont un cerveau, une rationalité, et des convictions. Ils sont profondément réactionnaires, racistes, homophobes, antisémites. Ils se comportent comme de véritables skinheads qui tabassent et violent les gauchistes.

    Votre incapacité à regarder cette réalité en face est en train de tuer la gauche. Nos enfants se font tabasser à mort pour oser défendre le droit à l’athéisme et au blasphème. Ouvrez les yeux

    jojoLeMarlou Le 31 octobre à 23:00
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