Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 4 mars 2021

« Si la France est qualifiée pour le mondial de foot, elle pourrait décider de le boycotter et de ne pas y aller »

Déjà 6500 ouvriers sont morts sur les chantiers de la coupe du monde de football qui aura lieu en 2022 au Qatar. Il s’agit principalement de travailleurs migrants venus d’Inde ou du Népal. Des appels au boycott émergent. Nicolas Kssis-Martov, journaliste à So Foot, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur le groupe Canal+ 
« Je ne crois pas que Canal+ ait l’intention de vider le service des sports alors qu’il vient de récupérer les droits de la Ligue 1. »
« Canal+ pense déjà à ré-embaucher des gens qui viennent de Telefoot, la chaîne de Mediapro qui s’est arrêtée. » 
« Il y a une ligne rouge autour de Cnews qui est une chaîne d’info en continue qui se rapproche de plus en plus de valeurs actuelles, avec des images. Cette chaîne est surprotégée. »
« Des gens qu’on pensait intouchables ont été soit menacés soit licenciés. »
« Ce qui se produit au sein du service des sports, de ce que l’on sait, c’est qu’il y a une volonté d’épuration. »
« Ce climat est intéressant parce que c’est quelque chose qui va se développer dans les groupes de presse et qui n’est pas spécifique au sport. »
« Il y a dans les groupes de presse de plus en plus l’envie de serrer la vis idéologique. »

 Sur la presse sportive 
« Avec le Covid il a fallu que les rubriques sportives des journaux trouvent de nouveaux sujets. Ça pousse à l’imagination. Le problème aujourd’hui c’est surtout les revenus de la presse et la baisse des recettes publicitaires. »
« On assiste à de nouvelles habitudes de consommation de la presse. On recourt beaucoup plus à Internet avec un souci de trouver du gratuit. »
« Beaucoup de titres ont mis en ligne des articles réservés à leurs abonnés : c’est un signe qu’il y a une économie qui se renouvelle. »
« L’intérêt de la période de crise sanitaire, c’est qu’on s’est mis à parler différemment des questions sportives et à leur donner une signification. »

 Sur le mondial du football au Qatar en 2022 
« Il y a peu de réaction au regard de la réalité de ce drame [6500 travailleurs migrants ont perdu la vie sur les chantiers du mondial au Qatar]. »
« En 2014, j’étais au Népal et il revenait déjà des morts du Qatar tous les jours. »
« Les 6500 morts sont des victimes pour faire une coupe du monde (…). Au Qatar, on n’est même pas sur une question des droits de l’homme mais du droit de vie des travailleurs. »
« Les personnes qui meurent viennent du Népal, de l’Inde, de ce genre de pays. »
« Il faut réussir à mobiliser l’opinion et je ne vois pas d’autres solutions que le boycott du mondial 2022. »

 Sur le boycott du mondial  
« Si on a laissé le Qatar organiser le mondial de foot en 2022, c’est parce que le Qatar a acheté la coupe du monde. »
« La FIFA est basée en Suisse avec un statut d’organisation à but non lucratif alors que c’est une des plus grandes multinationales du sport avec un budget qui se compte en milliards. »
« La justification qui consistait à dire qu’il fallait organiser un mondial dans le monde arabe-musulman pouvait s’entendre mais il y avait des pays qui avaient les infrastructures, un passé du football comme le Maroc par exemple. »
« La Qatar a acheté sa coupe du monde. Il ne faut pas oublier que le Qatar est un grand investisseur dans les médias. »
« On voit mal les jours du PSG boycotter le mondial de football. »
« Il faut interpeller le gouvernement et l’Etat français qui a un moyen de pression. »
« La France pourrait décider, si elle était qualifiée pour le mondial, de ne pas y aller, de boycotter. »
« Les footballeurs, ces derniers temps, se sont mis à prendre des positions sincères sur des contenus - sur les Ouïgours ou les violences policières. »
« Une autre alternative, c’est l’annulation totale du mondial 2022. »
« Il faudrait annuler le mondial de foot en 2022 au Qatar comme il faudrait annuler le maintien des JO de Tokyo. »

 Sur les JO de 2024 à Paris 
« Comme toujours dans ces événements, il y aura beaucoup de bénéfices pour le privé et je pense qu’on avait mieux à faire en termes d’investissements publics. »
« Il ne fallait pas organiser ces JO de Paris, il y avait d’autres priorités. »
« Ce qui est dommage, c’est qu’il faille les JO pour penser nos politiques publiques d’accès aux transports. »
« Il faut discuter de cette idée qui consisterait à croire qu’il faut absolument organiser des JO ou des compétitions mondiales. »

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