Accueil | Par Pablo Pillaud-Vivien | 24 avril 2018

Nnoman : « Je veux mettre en avant celles et ceux qui luttent »

Comment photographie-t-on les luttes contemporaines ? Faut-il être militant pour mieux les photographier ? Et ça peut être beau, une lutte ? La réponse dans la Midinale avec le photoreporter Nnoman.

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 Sur la lutte des postier-ères du 92 pour la réintégration de Gaël Quirante 
« En ce moment, je suis la lutte des postières et des postiers du 92 qui sont en grève depuis le 26 mars pour la réintégration de Gaël Quirante. »
« Tous les matins, je les retrouve sur les piquets de grève dans différentes villes du 92. »
« Il y a très peu de médias qui s’y intéressent parce que la Poste a un pouvoir de nuisance beaucoup plus faible que les cheminots. »

 Sur son engagement militant 
« Me lever pour montrer leurs luttes, c’est important. »
« Je revendique une photo sociale et engagée. »
« Aujourd’hui, je ne suis plus militant, même si je l’ai été pendant longtemps. Maintenant, je suis véritablement photographe de presse. »
« Je veux mettre en avant celles et ceux qui luttent. »

 Sur l’économie d’un photoreporter indépendant 
« Aujourd’hui, c’est très compliqué de vivre de la photo de presse. »
« Pour vivre de la photo, il faudrait ne pas être très regardant sur la photo que l’on diffuse. »
« Aujourd’hui, la photo sociale, ça ne vend pas beaucoup dans la presse maintream. »
« Couvrir un meeting politique, c’est de la communication politique et plus du journalisme. »

 Sur ce qu’est une photo engagée ou une photo sociale 
« Ce qui m’intéresse, c’est comprendre la cause de la colère et pas seulement l’épiphénomène de la casse que les médias vont reprendre majoritairement. »
« En fonction de où on se positionne et de l’angle que l’on choisit, ça ne dit pas la même chose. »

 Sur l’importance des photos dans les luttes 
« Il y a des luttes historiques qui n’ont pas été documentées en photos. »

 Sur l’esthétisation des luttes 
« Visuellement, les fumigènes, ça marche très bien en images. »
« Moi, le fumigène que je prends en photo, c’est le fumigène des cheminots, des supporters anti-fascistes dans les stades et certainement pas ceux des jeunesses identitaires. »
« Il n’y a aucun problème à esthétiser les luttes. »
« Aujourd’hui, on est inondé d’images et si on ne se démarque pas par une image un peu esthétique, un peu graphique et qui en plus a du sens, elle va être oubliée. »
« Les images qui marquent, ce sont des images qui peuvent être très dures mais qui sont belles aussi graphiquement. »

 Sur le fait qu’il porte un casque lorsqu’il couvre une manifestation 
« Je me protège des coups de matraque à hauteur de tête et des grenades de désencerclement qui devraient être lancées au sol mais qui aujourd’hui sont lancées en cuillère donc arrivent au niveau de la tête. »
« On s’équipe pour aller dans des manifestations parisiennes comme pour une zone d’affrontement. »
« Il y a un rapport physique qui se durcit. »
« Il y a 2 ans, je ne partais pas en manif avec ma carte de groupe sanguin ; aujourd’hui, je l’ai toujours sur moi. »
« La liberté de la presse est menacée aujourd’hui en France. »

 Sur le jeune qui aurait été hospitalisé suite à l’intervention des CRS à l’université Paris-I Tolbiac 
« On a 3 personnes qui reviennent sur cette évacuation et qui disent avoir vu cette personne tomber d’un mur de plus de 3 mètres de haut, des policiers de la BAC lui attraper les jambes. »
« Les témoins ne veulent plus témoigner parce qu’ils ont vraisemblablement reçu des pressions ou en tous les cas, ils ont peur. »

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