Accueil | Par Pierre Jacquemain | 15 avril 2022

Nora Saint-Gal : « Au PCF, les militants sont partagés entre fierté et culpabilité »

L’union populaire tend la main aux communistes, aux écologistes et au NPA pour les législatives. Le début d’une réconciliation avec les communistes ? Nora Saint-Gal, élue de Fontenay-sous-Bois, présidente du groupe Fontenay en commun, est l’invitée de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

Sur les résultats du premier tour de l’élection présidentielle
« Malheureusement, je n’ai pas été très surprise par le score du candidat de mon parti Fabien Roussel. »
« J’ai partagé la déception des électrices et électeurs de gauche, quel qu’ait été leur choix, en particulier celles et ceux qui avaient choisi le vote utile. »
« J’ai eu un sentiment de gâchis. »
« Le score de Jean-Luc Mélenchon est un résultat remarquable pour la gauche de transformation sociale : cela faisait longtemps que l’on n’avait pas eu un tel résultat. Mais il faut y ajouter celui des autres candidats de gauche. »
« Dans l’électorat de Jean-Luc Mélenchon, différentes sensibilités se sont exprimées. Et il y a celles et ceux qui ont fait le choix, malgré beaucoup d’hésitation, de rester fidèles au candidat de leur parti : l’écologie, la social-démocratie et le communisme continuent de rester à gauche. »
« Ce sont les 10 millions d’électeurs et d’électrices qui ont voté à gauche qui doivent être considérés comme un bien commun pour l’avenir. »

Sur le ressenti à l’égard du Parti communiste
« Parmi les militants communistes, beaucoup ont pris de la distance vis-à-vis du parti sans forcément le quitter. »
« On s’est réuni à Fontenay cette semaine : il y a à la fois de la fierté de la part de certains camarades d’avoir mené cette campagne et de considérer que c’était le point de départ de quelque chose de nouveau, et parmi les camarades comme moi qui avaient fait le choix de rester silencieux, l’expression d’un dépit et d’une certaine culpabilité. »
« C’est difficile ce que l’on vit ces jours-ci, notamment d’être attaqués… »
« Je ne balaie pas d’un revers de main le sentiment qui s’exprime dans une partie de la population (…). SI les communistes sont particulièrement pointés du doigt dans leur responsabilité du fait que Jean-Luc Mélenchon n’arrive pas au second tour, c’est aussi parce qu’il a été notre candidat en 2017 et que pour beaucoup de gens, les communistes étaient avec Jean-Luc Mélenchon. »
« Si les communistes veulent s’en sortir, il faut que l’on accepte d’accueillir le ressenti négatif à notre égard et qu’on le confronte à notre propre analyse. »
« Le PCF doit toujours continuer d’aider à construire des rassemblements. Il doit mettre aussi à disposition des pratiques politiques comme la façon d’organiser une campagne, de construire au niveau local des rassemblements. »

Sur la main tendue de l’Union parlementaire pour les législatives
« La négociation va être difficile et je regrette certaines déclarations des insoumis qui se considèrent, même s’ils le peuvent, en position de force. »
« J’espère qu’on trouvera au moins un accord pour les députés communistes sortants. Ça me semblerait bien dans les deux sens. »
« Dans le contexte de la Vè République, on sait déjà que le contexte des législatives ne nous sera pas favorable. »
« Il faut accepter la main tendue des insoumis et c’est ce que j’appelle de mes vœux depuis dimanche soir. »
« La main des insoumis se tend légèrement et il nous faut la saisir. »
« La base de discussion des insoumis aux législatives est dure mais c’est le risque que les communistes avaient pris et qu’ils doivent assumer. Je ne le dis pas de gaîté de cœur ni en me moquant de mes camarades. »
« Le seul résultat objectif c’est celui du premier tour de la présidentielle. »
« Si je me mets à la place de l’Union populaire, je ne vois pas sur quelle autre base ils pourraient proposer de commencer les discussions. »

Sur les résultats de Mélenchon dans la ceinture rouge
« Il y a une continuité dans l’histoire qui est intéressante qui montre à la fois que c’est possible [de conforter des victoires passées] et en même temps que ça demande d’être organisé. »
« En 2017, il y a déjà eu un formidable élan des jeunes et des quartiers populaires qui se sont mobilisés pour Mélenchon : qu’en a-t-on fait en cinq ans ? »

Sur le 24 avril 2022
« J’aborde ce second tour de manière inquiète. »
« Pour beaucoup de gens que je croise, le choix à faire le 24 avril n’est pas évident. »
« Il est difficile de glisser un bulletin Macron mais il ne faut pas confondre un adversaire et une ennemie. Je sais qui est mon adversaire. Je continuerai de le combattre dans les cinq années à venir mais je ferai quand même le choix de la République donc pour moi ça sera le bulletin Macron pour empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir. »

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  • C’est perceptible et c’est logique, sans que cela soit dit explicitement : le PCF n’est pas intéressé aux scores respectifs, à la présidentielle, de la gauche et de l’extrême-gauche - dont il fait partie, contrairement à ce que dit Nora Saint-Gal qui le place à gauche - seule l’intéresse la survie de son groupe parlementaire, qu’il veut négocier.

    Intraitable sur la présence de la candidature Roussel, sans enjeu réel, il demande cette fois à négocier parce qu’il y a pour lui un vrai enjeu. De surcroît il est vital : ne plus pouvoir former un groupe parlementaire, dans les institutions de la Vème République, c’est mortel.

    Glycère BENOIT Le 15 avril à 15:32
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