Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 8 octobre 2021

« Notre film "Debout les femmes !" redonne de la dignité aux femmes, les premières de corvées »

Aides à domiciles, agents d’entretien ou encore accompagnantes d’enfants en situation de handicap : les femmes des métiers du lien sortent de l’ombre dans le nouveau film de François Ruffin et de Gilles Perret. Ce dernier est l’invité de #LaMidinale.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur l’injonction du titre « Debout les femmes ! » 
« On a plus de temps à trouver le titre qu’à faire le film : il a été choisi par les femmes du film elles-mêmes. »
« On voulait montrer que le film était un film combatif qui pouvait être un outil pour améliorer et diminuer la précarité chez ces femmes. »
« Il y a un parcours parlementaire mais il n’y a rien qui se passe si, à la base, les femmes elles-mêmes et les gens qui ont recours à ces personnes-là, ne se mobilisent pas. »

 Sur le caractère politique du film 
« Ces femmes sont les grandes oubliées : il y a eu des avancées mais à la marge et de bonne conscience. »
« On sait que les préoccupations de ce gouvernement pour les classes défavorisées qui sont à peu près nulles. »
« Le gouvernement et la majorité mènent une politique de bonne conscience et de saupoudrage : il y a quelques petites aides qui arrivent par moments mais c’est juste parce qu’au bout d’un moment, cela va finir par se voir. »
« Les choses changeront pour ces femmes lorsqu’il y aura une loi, une règle et qu’elles auront un vrai statut. »
« Ce film est là aussi pour laisser une trace - comme le film pour les gilets jaunes l’a fait. »
« Cela fait 15 ans que François Ruffin travaille sur le sujet : on s’est d’abord appuyé sur celles qu’il connaissait, notamment à Amiens et Abbeville. »
« On a réussi à embarqué ces femmes dans notre histoire comme on le voit à la fin du film. »
« C’est intéressant de voir que lorsque l’on s’intéresse à des gens, tout de suite, ils relèvent la tête alors même qu’au début du film, ils étaient abattus ou se cachaient. »
« Ce film, c’est de la fierté de leur avoir redonné de la dignité. »
« Rien que le fait de rassembler ces femmes à un moment donné, elles se sont senties fortes, pas toutes seules et elles ont senti qu’elles avaient presqu’une mission à travers le film. »
« C’est un des mérites de François Ruffin : arriver, avec sa façon de communiquer, à mettre des sujets de société sur la table. »
« Un des sujets les plus importants, c’est celui de la dignité et de la reconnaissance. »
« On fait un film avec des affects. »
« Debout les femmes ! n’est pas un tract politique. »
« Par les sentiments, on est capable, dans un film, d’emmener avec nous des spectateurs qui ne partagent forcément les mêmes opinions que nous. »

 Sur le duo Bruno Bonnell (ex-LREM) / François Ruffin 
« C’est presque parce qu’il y a ce duo que l’on a fait ce film. »
« On n’a pas voulu faire un film avec que du discours militant ou manichéen. »
« Bruno Bonnell rajoute de la complexité au film : on ne sait pas si on doit l’aimer ou le détester. »
« Il y a souvent une dichotomie - et cela se voit chez Bruno Bonnell - entre le besoin sincère d’aider l’autre et faire des choix opposés en votant des lois qui, de fait, vont précariser les gens dans la sous-traitance. »
« La question, c’est : à quel moment tu votes avec ton coeur ou avec ton groupe ? »
« C’est la loi qui fait changer les choses et s’il faut attendre que chaque député soit touché à titre personnel, c’est pas gagné… »
« Sans nier la question du parti politique et du besoin de radicalité et de rapport de forces, il peut y avoir un certain dépassement des clivages politiques. »
« Ce n’est pas en s’enfermant avec des gens qui pensent la même chose que l’on va changer quoique ce soit. »

 Sur le travail de député de François Ruffin 
« On ne peut enlever à François Ruffin sa sincérité et l’énergie qu’il met dans ses batailles. »
« On aurait besoin d’avoir 577 députés qui vivent au quotidien ce que vivent les millions de Français. »
« On voit bien le profil sociologique des députés à l’Assemblée nationale : c’est une catastrophe. Ce sont tous les mêmes (CSP+ ou profession indépendante) et ils ont été castés pour cela. »
« L’Assemblée nationale est censée représenter le peuple alors que quand vous y êtes, et d’autant plus lorsque vous venez de province, vous ne voyez aucun profil que vous voyez dans votre quartier… Vous avez l’impression de croiser toujours le même député ! »

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.