Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 13 janvier 2021

« Nous devons mener une réflexion collective et démocratique sur les enjeux industriels stratégiques de demain »

Le gouvernement organise ce mercredi 13 janvier un séminaire pour réfléchir aux réformes à conduire d’ici la fin du quinquennat. Il entend ainsi afficher que sa détermination à réformer est toujours intacte. De son côté, le CESE planche sur la stratégie industrielle de la France. Marie-Claire Cailletaud, présidente du groupe de la CGT au CESE, est l’invitée de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

Sur l’impréparation des Etats face aux crises
« Je suis stupéfaite quand on nous dit qu’on découvre que nous sommes vulnérables. »
« La crise sanitaire a mis en évidence notre vulnérabilité. »
« On n’est plus capable de fabriquer des médicaments de base comme le paracétamol. Plusieurs rapports alertent en ce sens depuis longtemps et ont montré qu’on était très dépendants. »

Sur les milliards débloqués pour la crise sanitaire
« Si on avait écouté ceux qui alertaient, les partis politiques, les syndicalistes ou les associations et si on avait investi dans notre système de santé, dans l’éducation, dans la recherche et l’appareil productif, on n’en serait pas là. »
« Notre système de santé a tenu grâce au dévouement des personnels soignants et qui ont des professions qui n’ont pas été revalorisées malgré les promesses. »

Sur la stratégie industrielle
« Le fait qu’on ne soit pas capable de transformer notre industrie pour produire des masques ou faire des tests, ça pose la question de notre indépendance et de notre souveraineté industrielle. »
« Avant la crise, l’industrie pesait 12% du PIB en France contre 24% en Allemagne. »
« La question industrielle est essentielle. »
« Il faut investir dans l’économie pour avoir une industrie capable de répondre aux enjeux de demain. »
« Les grands groupes français se portent très bien mais ils ont fait le choix de se délocaliser plutôt que d’investir dans nos territoires en créant des déserts industriels. »
« Si l’on veut réindustrialiser le pays, il faut renforcer le rôle de l’Etat et qu’il soit capable de porter une vision de long terme. »
« Le marché est myope et n’est pas capable d’avoir une vision de long terme et d’intérêt général. »

Sur les secteurs stratégiques
« La question démocratique est très importante pour déterminer les filières stratégiques en France. Les décisions doivent être anticipées et construites collectivement. »
« Le commissariat au plan devrait être capable de construire un projet qui embarque la population. »
« Nous souhaitons l’organisation d’Etats généraux de l’industrie en France. »
« Les secteurs stratégiques sont principalement les entreprises de réseaux : les transports, l’énergie, les télécommunications. Ce sont ces secteurs-là que l’Europe s’acharne à détruire. Mais il y a aussi les questions d’eau et d’alimentation qu’il faut regarder à l’aune des questions sanitaires d’aujourd’hui. »
« Nous devons réfléchir ensemble à la manière dont on définit nos besoins. Ces besoins doivent être définis de manière démocratique. »

Sur le rôle de l’Etat et la recherche de l’intérêt général
« Il y a un enjeu démocratique pour notre pays. »
« Il faut espérer que cette crise permette une prise de conscience générale. »
« Il faut plus d’Etat. On a trop laissé la main au privé. »
« Les grands groupes ont plus de pouvoir que les Etats. »
« Aujourd’hui, on a besoin d’un Etat fort. »

Sur le séminaire du gouvernement
« Le président de la République est déjà sur la prochaine élection présidentielle. »
« Il est assez extraordinaire que le gouvernement remette sur la table la réforme des retraites ou de l’assurance chômage. La crise nous montre que si ces réformes avaient été mises en place, la pauvreté serait encore plus grande. Il y aurait sans doute plus de chômeurs pauvres. Il faut mettre ces réformes de côté et réfléchir sur le long terme. »
« Le monde d’après risque d’être pire que le monde d’avant. »

Sur la démocratie et la réforme du CESE
« Le CESE est la troisième assemblée de la République et c’est un endroit important pour la démocratie parce qu’il y a une représentation de la société civile organisée. »
« Si nos avis avaient été pris en compte par le gouvernement, nous n’en serions pas là. »
« La convention citoyenne pour le climat était un exercice démocratique intéressant mais quand on voit ce qu’en fait le gouvernement aujourd’hui, il décrédibilise ce qu’il a lui-même mis en place. »
« Le CESE revient de loin parce qu’au départ il était question de sa suppression pure et simple. »

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