Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 12 septembre 2019

« Nous lançons une campagne de boycott des hôtels du groupe Accor »

Les femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles à Paris sont en grève depuis le 17 juillet dernier. Elles étaient devant le secrétariat d’Etat de Marlène Schiappa ce jeudi midi pour l’interpeller sur leurs conditions de travail. Rachel Keke, gouvernante à l’hôtel, et Tiziri Kandi, responsable CGT-HPE, sont les invitées de la Midinale.

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VERBATIM

 

 Sur les raisons de la grève et la mobilisation devant le secrétariat d’Etat de Marlène Schiappa 
« Cela va bientôt faire deux mois que nous sommes en grève. »
« Nous sommes venues devant le bureau de Mme Schiappa pour l’interpeller et lui dire que nous sommes fatiguées et qu’il est temps de trouver une solution. »
« Nous demandons l’internalisation parce qu’à l’hôtel Ibis [Batignolles à Paris], les cadences sont trop élevées. »
« Nous demandons des conditions de travail correctes. »
« Toutes les femmes de chambre ne sont pas à plein temps – certaines travaillent seulement entre quatre et six heures et l’employeur refuse de nous embaucher. »
« Notre employeur profite des femmes de chambre. »
« Nous n’avons pas encore eu de relations directes avec notre employeur. »
« Marlène Schiappa a dit qu’elle voulait s’occuper du problème des femmes de chambre et nous voulons lui dire qu’il est aujourd’hui de prendre les choses en main. »
« Marlène Schiappa est une femme comme nous donc elle devrait normalement entendre nos cris et nos revendications et trouver des solutions. »
« Ca fait deux mois que l’on est en grève : on n’a plus de vie de famille, on laisse nos enfants… En tant que femmes, c’est vraiment difficile. »
« Nous sommes soutenues par la CGT, par les journalistes mais par les clients aussi. »

 Sur la visite de Marlène Schiappa sur le piquet de grève le matin 
« Ce matin, on a eu la surprise de recevoir la visite de Marlène Schiappa sur le piquet de grève sur les coups de 8h30. »
« Marlène Schiappa a eu la gentillesse de donner la parole aux femmes de chambre et d’écouter leurs revendications. »
« En revanche, l’échange, les questions-réponses avec Marlène Schiappa n’était, lui, pas très sympa. »
« Marlène Schiappa nous a expliqué que les questions de femmes de chambre lui tenait à cœur parce que son arrière-grand-mère était lingère… »
« Marlène Schiappa nous a dit qu’elle ne pouvait pas interpeller le groupe Accor sur la question de l’internalisation parce que le groupe Accor est un employeur privé et que ses choix économiques lui appartiennent. »
« Marlène Schiappa nous a dit qu’elle était ouverte au dialogue… C’est une secrétaire d’Etat qui aime particulièrement les discussions et les grandes déclarations ! »
« On a fait remarquer à Marlène Schiappa que, dans les premières discussions qu’elle a engagées sur les questions des femmes de chambre, elle n’avait invité que les organisations syndicales et patronales de la propreté… Or toutes les femmes de chambre ne sont pas externalisées ! Elle aurait donc du prendre contact avec les syndicats qui s’occupent des femmes de chambre, c’est-à-dire ceux de l’hôtellerie ! »
« N’inviter que les syndicats de la propreté, c’est une caution apportée de facto par Marlène Schiappa à la politique d’externalisation. »
« Marlène Schiappa, c’est : pas d’agenda, pas de budget, pas de programme. »
« Marlène Schiappa dit ne pas pouvoir alors qu’en fait c’est ne pas vouloir. »
« Je trouve difficile de croire que le gouvernement qui a mis en place les ordonnances Macron, la réforme ferroviaire, la réforme chômage et qui pousse aujourd’hui à imposer sa nouvelle réforme des retraites, ne puisse pas interpeller un groupe hôtelier sur ses choix économiques. »

 Sur les suites du mouvement 
« On ne va pas attendre Mme Schiappa et le gouvernement pour obtenir la fin de la sous-traitance dans les hôtels. »
« On a lancé des actions d’occupations de halls d’hôtel et des rassemblements devant l’hôtel Ibis Batignolles. »
« Aujourd’hui, on lance une campagne de boycott du groupe Accor tant que celui-ci n’ouvre pas des discussions sérieuses sur les revendications des salarié.e.s, et notamment sur la question de l’internalisation. »
« Il faut refuser d’aller dans des hôtels qui appartiennent au groupe Accor. »

La caisse de solidarité, c’est par ici : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/0oz7r5n8

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