Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien, Pierre Jacquemain | 8 avril 2020

« Nous sommes inquiets d’une possible dérive de la traçabilité par le téléphone portable »

Nos libertés vont-elles rester confinées après la crise sanitaire ? Cécile Coudriou, présidente d’Amnesty France, est l’invitée de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

Sur la liberté d’informer en Chine
« L’accès à l’information, dans des périodes pareilles, est essentiel. »
« Le Covid-19 met en lumière des violations de libertés préexistantes et qui sont même aggravées par cette pandémie : des Etats autoritaires comme la Chine n’ont de cesse de montrer qu’ils peuvent maitriser la situation et ils n’ont qu’une crainte, c’est que la population démente cette capacité à maitriser la pandémie. Ils font tout pour censurer et réprimer dès lors qu’une personne devient lanceur d’alerte. »
« La Chine ment sur ses chiffres. »
« Ne pas donner l’accès à l’information, c’est condamner à mort plus de personnes encore à cause de cette pandémie. »

Sur le confinement comme privation de libertés
« Nous on défend les libertés au nom du respect du droit international donc c’est bien important de rappeler qu’il y a des privations de libertés qui sont légitimes et nécessaires, si elles sont proportionnées, dans des situations extrêmes comme celle que nous vivons en ce moment. »
« À travers la planète, certains gouvernement autoritaires abusent de la situation - y compris en Europe, comme la Hongrie. »
« Le droit international prévoit l’Etat d’urgence en général mais il est précisé qu’il doit être temporaire. Et nous sommes inquiets parce qu’il y a le risque de mettre dans le droit commun des dispositions temporaires. »

Sur l’urgence sanitaire en France
« On a pu observer, notamment dans le cadre de la lutte antiterroriste, que certaines mesures ont été intégrées dans le droit commun. »
« Il y a des précédents en France et dans le monde qui doivent nous rendre vigilants. »

Sur la situation des mineurs isolés
« Le Covid-19 agit comme un révélateur mais aussi comme un accélérateur d’inégalités. »
« La situation des mineurs isolés s’aggrave. »
« On demande des mesures d’urgence à l’Etat (…). Il faut accélérer le processus de mise à l’abris des enfants. »
« À Grande-Synthe et à Calais, la situation est explosive. »
« Au Portugal, le gouvernement a proposé de régulariser les personnes qui sont en cours de régularisation. »
« L’accord signé par l’Union européenne avec la Turquie est un accord désastreux et qui est responsable de la situation explosive sur certaines iles grecques. »
« Ce qui se passe sur les iles grecques, comme ça s’est passé avant en Italie, est le résultat d’une absence d’anticipation et de solidarité au sein même de l’Union européenne. »
« Il faut appeler la France à prendre plutôt exemple sur les Etats qui restent généreux tout en étant pragmatique plutôt que des Etats qui tombent dans l’autoritarisme et qui s’éloignent du respect des droits humains. »

Sur l’attestation dérogatoire numérique et la géolocalisation
« Il faut rappeler que l’usage du formulaire en ligne n’est pas obligatoire. »
« Il pourrait y avoir une tentation de collecter et de garder les informations - même si le gouvernement dit le contraire - au moment où le policier scanne le QR code : ça sera condamnable au nom du respect du droit. »
« Sur la géolocalisation, le discours du gouvernement est en train d’évoluer et c’est très inquiétant. »
« Il faut respecter le principe du consentement. »
« Il faut respecter le droit à la vie privée, et notamment de la vie privée par rapport à la santé. »
« Nous sommes inquiets d’une possible dérive de la traçabilité des personnes avec le téléphone portable. »

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