Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 24 septembre 2018

Olivier Besancenot : « Dire que le patronat est pour l’immigration n’est pas vrai »

Europe, migrants, Jean-Luc Mélenchon, NPA, climat social : Olivier Besancenot était l’invité de la Midinale.

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VERBATIM

 

 Sur le « diviser pour mieux régner » (extrait de son dernier morceau de RAP) 
« Il faut tenir bon sur des points de repères qui ont tendance à s’effacer et à disparaitre. »
« La politique consiste à dresser des secteurs de la population les uns contre les autres alors que les uns et les autres se font bouffer. »
« Il y a un point commun entre ceux qui payent la facture de la crise économique : des salariés, des chômeurs, des retraités, des artisans ou des migrants. »

 Sur le climat médiatique (Zemmour, Campion, Consigny, Bastié, etc.) 
« L’air du temps est particulièrement nauséabond en ce moment. »
« Ceux qui sont décomplexés le sont de plus en plus (…) ça me met en panique et ça me fait froid dans le dos. »
« On a l’impression d’une grande régression politique et idéologique. »
« Les intellectuels ont encore une fonction et un rôle. »
« C’est la pensée dominante et qui a comme point d’appuis ces centaine de bouches qui vont distiller leur venin en pointant du doigt des victimes. »

 Sur les réfugiés et les migrants 
« Je suis pour la liberté de circulation et d’installation. Ça n’est pas un gros mot. »
« La Turquie, le Pakistan et le Liban, chacun de ces trois pays à lui seul, accueille plus que tous le pays de l’Union européenne réunis. »
« Il y a la part de responsabilité de l’Etat français : toutes ces personnes qui fuient le chaos économique des guerres, des situations catastrophiques, fuient des situations qui la plupart du temps ont été suscitées par des interventions impérialistes occidentales, et souvent Françaises. »
« Il y a des démonstrations à faire : la bataille qu’on est en train de perdre, et qu’il faut regagner du côté de la gauche radicale, c’est l’idée qu’il n’y aurait plus suffisamment de moyens pour accueillir tout le monde. »
« Si une majorité, en terme de bataille hégémonique, c’est cette idée qui est en train de rentrer dans la conscience populaire c’est l’idée qu’on n’aurait pas assez. On oublie que la France est la septième puissance économique du monde ; qu’il y a plus de logements vacants que de demanderas de logements. »

 Sur les désaccords avec Jean-Luc Mélenchon 
« Pour l’instant, Jean-Mélenchon n’a pas l’air de vouloir ce débat. »
« Je ne connais pas la position de Jean-Luc Mélenchon. »
« Il [Jean-Luc Mélenchon] est quelqu’un de très intelligent donc quand il fait des phrases en double appel, à un moment il faut trancher dans le vif. »
« Il y a la volonté d’accompagner l’air du temps. Résister à cette pression politique et idéologique ambiante, ça fait pas gagner des voix, c’est vrai, mais il fait savoir aller à contre courant. »
« Même en double appel, faire une corrélation entre l’immigration et la pression sur les salaires, je pense que c’est un grand recule politique et idéologique. »
« Le patronat est pour l’immigration quand il en a besoin. »
« La réponse de Jean-Luc Mélenchon est une réponse de classe. »

 Sur l’échéance des européennes 
« Il faut tenir les deux bouts : il faut rappeler que dans ces élections il y aura plein d’autres enjeux, sur des question sociales imminentes, notamment, mais quand la question est posée [question migratoire] il faut savoir y répondre. Et il ne faut pas faire des feintes de balayeur. »
« Se référer à Jaurès, à certaines de ses phrases, c’est trop court. Il y a des grands penseurs socialistes auxquels je me réfère, qui ont tenu des propos qui me font froid dans le dos. »
« Dans le contexte, même dans le mouvement ouvrier, il y avait l’idée que quelque part les colonisés c’est ceux à qui on allait apporter la lumière, on allait les éclairer. Mais Jaurès, en fin de parcourt, a évolué sur ces questions. »

 Sur le rôle du NPA 
« Le NPA va essayer de proposer un rassemblement dans un camp politique délimité : l’anticapitaliste et l’internationalisme. »
« Il faut une rupture claire avec l’Union européenne, ses traités mais en même temps une perspective internationaliste avec les autres peuples européens. C’est-à-dire pas se recroqueviller sur soi. »

 Sur l’unité politique aux européennes 
« Il faudrait une unité politique [pour les européennes] de tous ceux et toutes celles qui se revendiquent de ce camp-là. »
« Le rassemblement c’est pas contradictoire avec l’idée de se dire les choses. »
« C’est gonflant au bout d’un moment dans la gauche radicale, à partir du moment où on dit qu’on n’est pas d’accord avec quelqu’un, de penser qu’on va au clash. »
« La question d’un accord avec la France insoumise, ne se pose même pas. J’ai cru comprendre que les yeux étaient plutôt tournés du côté du Parti socialiste. Mes yeux ne sont pas tournés dans cette direction-là. »

 Sur l’agenda social 
« S’il y avait autant de manifestants que de listes à gauche, on pourrait avoir beaucoup d’enthousiasme parce que là on va vers une perspective politique peu enthousiasmantes. »
« Il y a beaucoup de répression syndicale en ce moment. »

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  • O Besancenot en bon communicant, fait ce qu’on enseigne en marketing : du « positionnement » . Il le fait par rapport à la FI et JLM, première force à gauche, ce qui le met plus en lumière . Ce positionner par rapport à Hammond ou Faure ça fait moins le buzz .

    JLM ne fait aucune « corrélation » , il fait un constat , le patronat a toujours utilisé des travailleurs migrants prour peser non seulement sur les salaires , mais aussi sur les conditions de travail. Ce n’est pas le seul moyen qu’il utilise mais cela en fait partie.

    O Besancenot serait bien avisé d’aller notamment sur les chantiers du bâtiment, pour parler avec les travailleurs, plus particulièrement ceux qui sont détachés et qui sont employés par des boîtes d’intérim situées en Roumanie où en Pologne. Des salariés qui font jusqu’à 45 h par semaine sans heures supplémentaires , qui comme la loi les y obligent doivent repartir dans leur pays. Ils y restent 2 mois sans travailler, puis reviennent pour une nouvelle période et cela pendant plusieurs années. J’ai vue un excellent documentaire à la télé sur ce sujet , qui suivait des inspecteurs du travail, malheureusement trop peu nombreux, qui partaient à la chasse des nombreuses fraudes dans ce secteur activité.

    O Besancenot pourrait-il nous expliquer pourquoi les patrons de l’hostellerie et de la restauration, réclament à corps et à cris en ce moment, la possibilité de pouvoir engager des migrants, en expliquant que les événements qu’ils avaient traversés en faisaient de « bon employés ».

    « Il faut une rupture claire avec l’Union européenne, ses traités mais en MEME TEMPS une perspective internationaliste avec les autres peuples européens. » on dirait du Macron .

    O Besancenot entretien avec la FI et JLM des polémiques avec une mauvaise foi pleine d’aplomb, si c’est son vrai visage, je doute que les salariés s’y retrouvent.

    Gege Le 24 septembre à 18:23
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