Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud | 16 juin 2021

Pascal Boniface : « À force de désigner la Chine comme ennemie, elle pourrait le devenir »

À quoi sert l’OTAN ? L’Union européenne s’est-elle couchée derrière l’agenda américain contre la Chine ? Quels risques immédiats en Palestine ? Pascal Boniface, directeur de l’Iris, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

...ET A LIRE

 Sur l’antiracisme dans le foot 
« Il n’y avait pas d’accord avec l’équipe d’Allemagne [pour mettre un genou à terre à l’entrée du match Allemagne/France]. »
« Un jour où l’autre, les joueurs s’exprimeront. » 
« Je ne pense pas que les joueurs cèdent à la fraction de l’opinion [qui critique l’engagement antiraciste des joueurs de foot]. »
« Il faut sortir des clichés sur les footballeurs qui pensent avec leurs pieds : ils voyagent beaucoup, découvrent de nombreux pays, parlent plusieurs langues, ont de la culture. »
« Les footballeurs ne sont pas dépendants des pressions. On aura toujours besoin de Pogba - ou d’autres joueurs - même s’ils prennent des positions. »

 Sur la géopolitique du football  
« Tous les euros ont eu des tensions géopolitiques à travers certains matchs emblématiques de nations qui sont en compétition et qui parfois peuvent se saisir d’un match pour envoyer un message de rapprochement ou qui parfois la tension est plus forte - tout dépend où a lieu le match. »
« Le fait qu’une équipe nationale représente la nation mais représente aussi l’hostilité qu’une nation peut avoir vis-à-vis d’une autre, c’est aussi vieux que les compétitions internationales de football. »

 Sur les membres européens de l’OTAN vis-à-vis de la Chine  
« Les européens sont tellement soulagés de ne plus avoir Trump et d’avoir un Biden souriant, avenant et qui dit aux européens : je vous aime. Du coup, les européens ont accepté quelque chose à laquelle ils étaient réticents : c’est de désigner la Chine comme un rival systémique. Donc de reprendre l’agenda américain puisque cette représentation de la Chine n’est pas l’agenda européen. » 
« l’OTAN est une alliance militaire. La Chine peut être un défi politique ou commercial mais n’est pas pour l’Europe un défi militaire. »
« La Chine est un défi stratégique parce qu’elle va ravir aux Etats-Unis, la première place mondiale. »
« Le véritable motif d’opposition des Etats-Unis, plus que la violation des droits de l’Homme, c’est le fait que la Chine va dépasser les Etats-Unis. Mais ça, ça n’est pas un problème européen, c’est un problème américain. Nous avons eu tort d’accepter cela parce qu’il y a un risque de prophétie réalisatrice. À force de désigner la Chine comme un ennemi, elle pourrait le devenir. »
« Il y a eu une molette de la réaction européenne par rapport à l’agenda américain qui n’est pas tout à fait le notre. »

 Sur la stratégie de Biden 
« Le but de Biden est le même que Trump : contenir la Chine. La stratégie est différente. Trump partait seul à l’assaut. Biden veut rassembler une coalition autour de lui pour y parvenir. »
« Biden veut jouer du soft power et du consensus apparent mais sa stratégie c’est de rétablir un leadership américain. »

 Sur la Turquie 
« La Turquie a son agenda. Erdogan s’est aperçu qu’en n’ayant plus l’appui de Trump, ses marges de manœuvre sont plus limitées avec Biden. Il est donc amené à faire des concessions qu’il n’était pas amené à faire l’an dernier. »
« La France et la Turquie ont toujours des intérêts estimés divergents sur de nombreux sujets mais le fait de négocier et de ne plus s’insulter est préférable. Il faut accepter la bonne nouvelle. »

 Sur l’OTAN 
« L’OTAN est un marteau à la recherche de clous. »
« La raison d’être de l’OTAN était la menace soviétique qui a disparu. »

Sur les tirs d’Israël au sud de Gaza
« Le cessez le feu bienvenu n’a rien réglé : le problème palestinien existe toujours contrairement à ce que dise les propagandistes israéliens. »
« Il y a à la tête du gouvernement israélien quelqu’un qui dit qu’il n’a pas de problème pour tuer les arabes. Je ne vois pas pourquoi les choses iraient mieux dans les semaines qui viennent. »

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  • Elle l’est déjà devenue. Rien ne permet d’affirmer qu’un régime totalitaire soit incapable de bonnes performances économiques. En 1933, il y avait 6,5 millions de chômeurs en Allemagne. En 1938 il y en avait 400 000. L’Allemagne devint ainsi la première puissance économique de l’Europe. Était-ce une raison pour admirer le nazisme et lui trouver des mérites ? Non, il me semble. La menace venue de la Chine s’étend sur le monde, adossée à son économie, performante depuis qu’elle a tourné le dos aux principes marxistes-léninistes, aberrants en ce domaine. Mais ils continuent de s’appliquer en politique.

    A la menace nazie sur l’Europe au siècle dernier a succédé la menace communiste chinoise sur le monde au début du suivant. Quel progrès ! Les démocraties doivent-elles rester indifférentes à cette menace, la combattre ou s’en accommoder ? On ne voulut pas mourir pour Dantzig à l’époque, avec les conséquences que l’on sait. Voudra-t-on mourir pour Taiwan ?

    Glycère BENOIT Le 16 juin à 21:30
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