Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 14 mai 2019

Philippe Bouyssou : « Il y a une libération préoccupante de la parole homophobe »

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les LGBTphobies, la mairie d’Ivry-sur-Seine organise une projection-débat au cinéma Le Luxy. Son maire, Philippe Bouyssou est l’invité de la Midinale.

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VERBATIM

 

 Sur l’égalité des droits LGBT 
« Sur le terrain, on est loin de l’égalité des droits LGBT. »
« Je veux éviter la double discrimination à l’égard des villes de banlieues : la discrimination à l’égard des LGBT est vraie partout au plan national. »
« Le regard discriminant et réprobateur des populations majoritaires demeure une réalité et la bataille est loin d’être gagnée pour une totale égalité des droits. »
« Je suis pour le droit à l’indifférence absolue et la banalité absolue de toutes les orientations sexuelles quelle qu’elles soient. »

 Sur les tags homophobes sur une école et la mairie d’Ivry 
« Ce sont des actes violents même si ça n’est pas une agression physique : c’est une agression personnelle. »
« Il s’agit d’individus isolés dont les agressions, dans la dernière période, regagnent un peu de terrain. »
« Il y a une recrudescence des actes et agressions à caractère homophobe. »
« Il y a une libération préoccupante de la parole homophobe qui doit nous inciter à ne rien laisser passer. »
« Quand on est investi d’une responsabilité publique, on doit ne rien laisser passer. »

 Sur les actions de terrain 
« Avec la projection/débat que nous organisons ce soir, nous envoyons un signal à la population. »
« Avoir mis le rainbow flag [drapeau arc-en-ciel] à côté du drapeau bleu-blanc-rouge sur la mairie, c’est une signal envoyé qui doit être de nature à tranquilliser aussi ceux qui subissent des discriminations. »

 Sur l’homosexualité en politique 
« Dans mon engagement politique, [l’orientation sexuelle] n’est pas ce qui me définit en premier. Je suis communiste. J’ai un point de vue sur l’évolution de la société. Être communiste, c’est se battre pour une société de pleine égalité. »
« Je me sens une personne complète et je me suis présenté aux élections sur mon identité politique. L’orientation sexuelle n’a rien à voir avec tout ça. »

 Sur l’alliance des luttes 
« Il faut en parler et mettre en évidence les points communs entre les différentes luttes. »
« Toutes les discriminations, quelles qu’en soient la provenance, doivent être portées au même niveau. »
« Se battre contre les discriminations, c’est se battre contre toutes les formes de racisme, d’homophobies, de LGBTphobies… »
« Il faut que l’on travaille à la convergence des luttes. »
« Il faut qu’on arrive à montrer qu’une société qui s’enrichit de la diversité de tout le monde, c’est une société qui va mieux. »
« Je commence à voir les alliances se tisser entre les luttes même si pas encore de manière assez significatives. »
« Il y a des personnes comme Assa Traoré, Edouard Louis ou Geoffroy de Lagasnerie qui portent ces alliances-là et c’est intéressant. »
« Il y a des combats qui sont, aujourd’hui, plus portés que d’autres. »
« Le combat anti-raciste a beaucoup de relais par divers associations de divers horizons – c’est bien, il le faut et c’est nécessaire. Mais le combat contre les LGBTphobies reste encore à mon sens et même si je ne vois pas tout, trop minoritaire et résiduel. »
« C’est en faisant converger les luttes, en les nourrissant les unes des autres, en essayant de faire émerger des points communs et des intérêts communs, qu’on va réussir à faire avancer les luttes. »

 Sur la mixité sociale 
« Je me méfie du terme mixité sociale : pour une ville de banlieue comme la nôtre, on peut donner le sentiment que dans une ville extrêmement populaire, on va implanter de nouvelles catégories plus middle class, pour diluer la pauvreté et le peuple. »
« Je pense que les milieux populaires aujourd’hui, dont une partie est issue de l’immigration à deux ou trois générations portent en lui-même les germes d’une mixité sociale. »
« Les parcours d’excellence de personnes qui sont issus des milieux populaires et qui réussissent des choses fabuleuses apportent aussi de la mixité sociale. »
« La mixité, c’est aussi la diversité : des cultures, des origines, pourquoi pas la diversité des sexualités. »

 Sur la gauche 
« Les divisions de la gauche m’inquiètent parce que j’ai un sentiment d’urgence. »
« La politique libérale fait beaucoup de dégâts et Macron lui a donné un coup d’accélérateur sans précédent. »
« Avec ma majorité, j’essaie de mettre en résistance le service public pour ne pas défaire son périmètre et ne rien enlever. »
« Si, après 2022, les politiques libérales que nous subissons aujourd’hui se poursuivaient, ce serait un drame absolu pour les collectivités locales et pour le service public de proximité. »
« J’espère qu’à l’horizon 2022, on sera capable de trouver les chemins d’un rassemblement de gauche. »
« Aujourd’hui, on est loin de l’union à gauche. »
« J’espère que les gens, pour les municipales, réussiront à imposer aux forces de gauche, de transformation et de progrès, une unité sous leur contrôle. »

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