Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 30 novembre 2018

Philippe Martinez : « Notre responsabilité c’est de mettre tout le monde en grève »

À la veille de l’acte III des gilets jaunes, et alors que la CGT appelle aussi les citoyen-nes à manifester sur le thème de la précarité ce samedi 1er décembre, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, était l’invité de #LaMidinale.

Vos réactions (6)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

 

VERBATIM

 

Sur la manifestation de la CGT du 1er décembre 
« Il est important de continuer à mobiliser autour des questions de précarité et de précarité de l’emploi. »
« Le gouvernement accentue l’idée que les privés d’emplois étaient des privilégiés et qu’il fallait les obliger à retrouver du travail en traversant la rue. »

 Sur la mobilisation des gilets jaunes  
« Il y a des possibilités de faire des choses ensemble, évidemment s’ils sont d’accord parce qu’on n’est pas là pour récupérer leur mouvement. Mais il y a des choses possibles. »
« Chaque barrage est un endroit particulier de la contestation et les messages ne sont pas les mêmes partout. »
« Il y a des endroits où ça n’est pas possible parce qu’il y a des actes racistes, d’autres endroits où on n’est pas les bienvenus. »

 Sur le rôle du gouvernement 
« Le gouvernement joue avec le feu. »
« Depuis qu’ils sont élus, ils considèrent que les syndicats ne servent à rien et qu’ils peuvent gérer le pays comme ils le veulent. »
« Le gouvernement a enfanté les gilets jaunes et ça leur revient à la figure parce qu’il n’y a pas d’interlocuteur, il n’y a pas d’organisation, mais il y a des vrais problèmes et il va falloir les régler. »

 Sur la représentativité des syndicats 
« Il y a une crise de la représentativité. »
« Le mot démocratie n’a pas la même définition quand on parle du politique et du social. »
« Un député a été élu dimanche dernier avec 18% de taux de participation : ce monsieur a porté sur son nom 11% des inscrits. Moi personnellement, avec un tel score, je ne siégerais pas à l’Assemblée nationale. »
« Il y a eu des élections à la SNCF, c’est 60% des inscrits et on ne serait pas légitimes ? »

 Sur la suite de la mobilisation et la grève 
« On a un plan de travail qui était déjà dans le paysage avant que les gilets jaunes ne soient sur les ronds points. On l’a un peu renforcé. »
« On veut faire du 14 décembre, jour de la fameuse réunion de la commission nationale de la négociation collective, un temps fort de la mobilisation. »
« Il y a, par profession, des grèves qui sont prévues, notamment dans l’énergie. »
« La grève est indispensable sauf qu’il ne suffit pas que Martinez le dise devant une caméra pour que ça marche. »
« Il faut une généralisation des grèves. »
« C’est bien d’occuper les ronds-points mais pour être efficace, c’est bien d’occuper les usines et les services. C’est à ça qu’il faut travailler. »
« Notre responsabilité, c’est de mettre tout le monde en grève malgré des statuts et des préoccupations immédiates ou lointaines qui ne sont pas tout à fait les mêmes. »
« Le slogan magique n’existe pas même si l’on voit que l’on peut fédérer autour des questions de salaires. »

 Sur la généralisation de la mobilisation (les lycéens, les quartiers populaires, les syndicats) 
« On essaie pas de reprendre la main, on essaie de continuer ce qu’on a construit, dans un contexte différent. »
« Je suis sûr que parmi les gilets jaunes, dans les 85% que j’imagine avoir de bonnes intentions, ils devaient nous critiquer lorsqu’on a bloqué des raffineries et des ronds-points pendant la loi El Khomri. »
« La période est propice à la convergence des luttes. »
« Notre souci, c’est de faire converger des revendications et des luttes qui peuvent sembler éloignées mais qui, sur le fond, posent des questions de comment on va vivre demain. »
« En 68, le monde du travail était plus homogène et il y avait moins de syndicats. »

 Sur les élections professionnelles 
« Notre problème, contrairement à la démocratie politique, c’est qu’il n’y a pas d’élections générales pour les syndicats : on ne peut voter pour la CGT que quand la CGT est implantée dans une entreprise. »
« Ces élections sont un moyen d’expression de nos revendications, ça n’est pas une compétition entre syndicats. »
« Il nous faut renouer avec les services publics de proximité parce que c’est une des forces de notre pays. »

 Sur l’avenir du syndicalisme et de la CGT 
« La CGT doit évoluer parce que le monde actuel génère d’autres formes de travail, d’autres relations au travail et notre souci c’est de toujours s’occuper de ceux qui travaillent. »
« Ce n’est pas parce qu’on est contre le travail du dimanche que l’on ne doit pas s’occuper de ceux qui travaillent le dimanche. »
« Beaucoup de gilets jaunes n’ont jamais croisé un syndicaliste : comment peuvent-ils en parler hormis ce qu’ils entendent sur certaines chaines d’infos en continu où l’on nous appelle les "braillards", les "gueulards" ? Donc la CGT doit s’ouvrir. La CGT doit être présente partout où il y a des travailleurs, qu’ils aient du travail ou pas, qu’ils soient en activité ou à la retraite. »

Vos réactions (6)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

  • Entièrement d’accord. Et j’irai même plus loin. Depuis une quarantaine d’années tout a été fait pour depolitiser le monde du travail afin de casser les solidarités et remodeler le pays. La base de la richesse d’un pays est ce qu’il produit, et depuis 1978, on a cassé sans discontinuer l’appareil productif en le délocalisant, pour ne plus avoir que des activités de commerce et de services, une économie dépendante des importations de produits désormais fabriqués à l’étranger.
    Une pédagogie médiatique insidieuse depuis la même époque assimile la CGT à des "preneurs d’otages" et les communistes français à des gardiens de goulags, cela pour en détacher les jeunes générations et leur faire oublier les conquêtes sociales qu’ils ont obtenues par leurs luttes, afin de mieux les détruire et établir un monde de haine les uns contre les autres, ce qu’ils appellent la "compétition". Oui, il faut repolitiser le monde du travail, afin qu’il comprenne où sont ses intérêts, une conscience de classe.

    Domart Jean-Marc Le 1er décembre à 03:39
  •  
  • D’accord M. Martinez... Donc... A quand la grève générale ? Parce qu’il me semble en effet que si le paquet de travailleurs pauvres, de retraités et globalement de précaires qui sont dans la rue en ce moment n’attendent pas le moindre petit geste "désintéressé" de la part des syndicats, il serait bienvenu que ces derniers fassent montre de cette fameuse "conscience politique" en appuyant ce mouvement social majeur et inédit, avec leur arme ultime : la grève générale ! C’est aux syndicats de prouver qu’ils n’ont pas abandonné ceux qu’ils étaient censés protéger !!!!! Et certainement pas l’inverse !!!!! Alors ? Ce combat du "tous ensemble" ? Le moment de l’action est venu... Il est temps de s’engager. Bientôt, il sera trop tard.

    Carlos Le 1er décembre à 08:28
       
    • Ben voyons,

      Maître Carlos la grève générale ne se décrète pas, elle se construit.

      Et quand on voit comment vous et vos amis avez été capables de mobiliser les citoyens la semaine dernière en Essonne, pour arriver in fine à faire élire un ami de Macron et de la droite à l’assemblée , il y a mieux à faire que de que l’incantation péremptoire.

      Arthurr Le 2 décembre à 10:47
    •  
    • Et bien je suis ravi d’entendre que la CGT est tout simplement incapable, à l’échelle qui est la sienne propre, d’émettre un préavis de grève à travers chacune de ses délégations respectives dans tous les secteurs dans lesquels elle est présente, puis de tenter de convaincre ses homologues de faire de même une fois leur engagement acté... ça en dit long sur la capacité des syndicats à sortir des logiques "corporatistes" et "d’appareils" qui les ont conduit là où elles en sont...

      Quant à l’abstentionnisme en Essonne, rassurez-vous, les sympathisants de la France Insoumise, sont particulièrement lucides sur la valeur accordée par nos concitoyens aux tenants de la parole politique et y compris à celle de nos représentants... En l’occurrence, j’espère bien pour P. Martinez que les adhérents de la CGT sont dans de meilleures dispositions à l’égard des propos qu’il peut prononcer...

      carlos Le 3 décembre à 11:24
  •  
  • Les insultes de JLM vis à vis de la CGT au début du mouvement gilets jaunes ne vont pas dans le sens du tous ensemble !
    La CGT a des décennies de luttes à son actif avec des victoires et des défaites qui doivent lui permettre de mesurer les opportunités et les dangers de l’invocation d’une révolution à portée de main selon JLM !
    JLM du trotskisme au mittérandisme et maintenant à la FI n’a pas trop de leçon à donner me semble-t-il !

    jeandu13 Le 2 décembre à 13:02
       
    • Oh mais il ne s’agit pas de faire front avec JLM... Mais d’appuyer un mouvement social majeur qui fait trembler le gouvernement !
      Limite, si ça peut vous inciter à le faire, je ne serai pas le seul sympathisant France Insoumise à vous encourager à aller insulter Mélenchon à chaque assemblée générale dans chaque entreprise ou la CGT se serait mise en grève... du MOMENT QUE LA CGT INITIE UN MOUVEMENT DE GREVE PARTOUT OU ELLE EST PRESENTE pour appuyer cette lame de fond que sont les Gilets Jaunes et l’opportunité qu’elle représente de reconquérir tous les droits perdus par les syndicats jusqu’ici dans leurs luttes voir même d’en gagner de nouveaux pour tous les actifs de ce pays !!!!

      carlos Le 3 décembre à 11:35
  •  
Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.