Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 8 juillet 2021

Philippe Poutou : « L’élection présidentielle s’annonce pourrie d’un point de vue idéologique »

Pour la troisième fois, Philippe Poutou est candidat à l’élection présidentielle. Il portera les couleurs du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). On fait le point avec lui sur cette campagne qui commence pour lui. Il est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur les résultats NPA/FI en Aquitaine 
« On a essayé de reproduire l’expérience de Bordeaux en lutte. »
« A Bordeaux, on était dans une configuration politique particulière. Il y a eu une dynamique militante et on était face à la droite. »
« Pour les régionales, ça a été différent, il y a eu assez peu d’enthousiasme. C’était une campagne sans véritable dynamique avec une élection qui intéresse un peu moins. »
« On était là et on a réussi à faire entendre et rendre visible des luttes sociales. »
« On sentait, à l’approche de la présidentielle qu’avec LFI on avait moins de liberté. On ne le regrette pas. C’était bien de faire la démonstration qu’être unitaire et construire ensemble, c’est nécessaire. »

 Sur la troisième campagne présidentielle de Philippe Poutou 
« On s’était dit qu’une candidature à l’élection présidentielle devrait être suffisante, pas plus. Mais la présidentielle, ça n’est pas qu’une histoire personnelle. »
« En discutant au NPA on s’est dit que vu le contexte, de difficulté notamment pour recueillir le nombre de parrainages suffisants, il valait mieux choisir un visage connu et qui avait un peu de popularité. »

 Sur l’hypothèse d’un soutien de Mélenchon en cas d’échec aux parrainages 
« On ne sait pas si on sera en capacité d’aller jusqu’au bout parce qu’il y a la question des parrainages qui va être déterminante. »
« ça va être compliqué mais on va essayer d’aller jusqu’au bout. »
« Ce qui peut changer la donne, c’est la possibilité d’une mobilisation sociale. »
« On tient à faire apparaître ce que l’on est. On a la prétention de penser qu’on a des choses différentes à apporter que Jean-Luc Mélenchon et Nathalie Arthaud qui ne sont pas des adversaires. »
« Je crois que si on n’est pas en situation de se présenter, on ne soutiendrait personne. On verra le moment venu. »
« L’élection présidentielle s’annonce pourrie d’un point de vue idéologique. »
« On peut apporter des choses qui peuvent un peu modifier la campagne : l’internationalisme, les luttes sociales ou encore la remise en cause du système. » 

 Sur ce qui distingue un Poutou d’un Mélenchon, d’un Roussel ou d’une Arthaud 
« Il y a une perte de conscience politique : on est dans une société qui n’apporte pas que de la pauvreté et de la précarité, d’un point vue idéologique il y a une forme d’individualisation des situations. »
« C’est vrai que les gens peuvent ne pas comprendre la différence entre le PCF, LO mais surtout les gens ne savent peut-être même pas ce qu’est le PCF, LO ou le NPA. »
« La grande famille de gauche devrait être unie selon certains mais moi je m’interroge sur ce qu’est la gauche. »
« Il y a des points communs, on se retrouve dans les manifs, dans les combats, les soutiens aux grèves, les combats écologistes ou pour les migrants. »
« Il y a une dépolitisation. »
« Le NPA est dans le paysage et on a des particularités que l’on est déterminer à porter - même si l’on ne dit pas qu’on est irremplaçable. Mais quand on est militant, on se bat jusqu’au bout. »
« Aller aux élections fait partie de notre combat. »

Sur la rupture au NPA (les 200 qui ont quitté le parti
« La rupture est très vieille entre nous. »
« Les situations internes au NPA sont souvent très compliquées. »
« On savait qu’on avait des désaccords importants avec ceux qui viennent de quitter le NPA. »
« On n’a pas envie de jouer à qui de nous sera le plus révolutionnaire. »
« Le chemin important, c’est celui de l’unité pour construire un mouvement social, collectif, pour en finir avec le capitalisme. »

Sur le bloc bourgeois contre le bloc populaire
« Parfois on utilise des mots sans savoir ce qu’ils recouvrent réellement : à Bordeaux, on disait que le problème c’était pas gauche ou droite mais le Bordeaux bourgeois contre le Bordeaux populaire. »
« La société est divisée en camps sociaux : il y a une lutte des classes. »

 Sur la gauche 
« La gauche nous a tellement menti et trahi. C’est du pipeau de nous dire que si on y va tous ensemble, on va y arriver. »
« Je crois dans la gauche, je crois dans le mot mais ça dépend quel contenu on y met. »
« On est de gauche. À Bordeaux d’ailleurs, c’est ce qu’on dit, les vrais gens de gauche, c’est nous. »
« Le bilan de la gauche réformiste est terrible. »
« Nous on veut l’unité du mouvement social et des forces militantes. »
« Les problèmes de divisions à gauche, ça n’est pas nous : quand on voit EELV, le PS et le PCF se disputer, vanter l’unité pour partir chacun de leur côté, on se dit que déjà eux ils constituent une famille et qu’ils commencent déjà par régler leurs problèmes. »

 Sur le monde d’après 
« Il n’y a pas de suspens : le monde d’après, c’est le même monde qui continue et qui s’aggrave. Aucune leçon n’est tirée de ce qu’on vient de vivre. » 
« Le seul truc qui fait que ça pourrait changer, c’est qu’il y ait une explosion sociale. »
« La leçon qu’il faudrait tirer de la période de la crise sanitaire devrait commencer par la reconstruction des services publics et d’y remettre des moyens. »
« Il faut remettre en cause le capitalisme et les politiques libérales qu’on mène depuis des années. »

 Sur la vaccination obligatoire  
« On n’est pas pour la vaccination obligatoire. Pour autant, on pense que c’est important de se faire vacciner. »
« C’est un problème de confiance : nous avons un pouvoir arrogant qui a mal géré la crise sanitaire. »
« Sur la vaccination, on est plutôt pour convaincre et ne pas imposer. »

 Sur la réforme des retraites 
« La perspective d’une mobilisation sociale d’ampleur contre la réforme des retraites à la rentrée explique sans doute la raison pour laquelle Macron hésite à la remettre sur la table. »
« Même si la réforme devait ne pas passer, il nous faudrait déjà regagner ce qu’on a perdu et c’est déjà énorme. »
« On propose le retour à la retraite à 55 ans. »
« On veut une retraite plus tôt et qui va de pair avec une réduction du temps de travail. »

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  • Philippe poutou est flou sur les intentions de son parti à long terme, alors qu’un langage un peu plus précis nous aurait éclairés en peu de mots. Il veut changer de régime – il dit système, mais en politique il s’agit de régime – sans dire par quoi il va le remplacer. La France a un régime parlementaire, c’est dire qu’elle est une démocratie. Veut-il supprimer le parlement, abolir le suffrage universel, remplacer le régime parlementaire par le régime socialiste ? Il n’est pas clair sur ces points, alors qu’il n’est pas difficile de l’être.

    Glycère BENOIT Le 8 juillet à 18:51
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