Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 16 janvier 2019

Pierre Bauby : « Ça fait 30 ans que l’Europe organise la libéralisation des services publics »

Quels services publics pour demain ? Sur la base d’une enquête sur les services publics en Europe commandée par la GUE/NGL, le chercheur Pierre Bauby est l’invité de #LaMidinale pour nous en présenter les principaux enseignements.

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VERBATIM

 

Sur l’étude sur les services publics 
« Ça fait trente ans que l’Union européenne, ses institutions, orchestrent, organisent la libéralisation des services publics. »
« Il n’y jamais eu d’évaluation, de bilan, sur les effets positifs ou négatifs et ainsi voir si on ne s’est pas trompé de chemin et infléchir les orientations qu’on pu être décidés il y a trente ans. »
« Les services publics dans les pays européens sont liés à des histoires, des traditions, des cultures et des institutions qui sont différents. »
« La France est un Etat extrêmement centralisé, où beaucoup de choses dépendent de l’Etat, alors que l’Allemagne est un Etat fédéral donc les services publics ne sont pas organisés de la même manière. »

 Sur les gilets jaunes et les services publics 
« Les services publics, c’est répondre aux besoins de chaque habitant au plus près des réalités. »
« Les services publics, ça doit être une conjugaison d’un certain nombre de règles communes et au plan européen, national, régional, local mais aussi de l’adaptation des réalités du terrain. »
« La tendance spontanée, c’est de vouloir tout uniformiser, la marché ayant réponse à tout. »

 Sur le grand débat et la question des services publics 
« Les choses ne sont pas figées, les besoins évoluent. »
« Il faut adapter sans arrêt les services publics aux besoins. C’est un des principes constitutif ce qu’on a appelé le principe de mutabilité : l’adaptation aux évolutions des besoins des technologies et des réalités. »
« Il n’y a pas de débat sur les services publics à l’heure actuelle. Les choses se font et se décident d’en haut, de Paris, où on réduit de plus en plus les enjeux et les réalités. L’expression locale, par les usagers, est nécessaire. »

 Sur le rôle de l’Europe et Bruxelles 
« C’est trop facile de dire que c’est la faute de Bruxelles. Ce sont les Etats membres qui décident des orientations des directives et nos ministres français y participent et donnent leur accord au même titre que les autres. »
« La mise en oeuvre des règles européennes, c’est les Etats qui le font, qui le décident et qui utilisent ou pas les marges de manoeuvre. »
« Quand on voit que le gouvernement français va ouvrir à la concurrence certaines lignes de la SNCF, en anticipant sur les dates obligatoire, c’est lui qui le décide, c’est pas Bruxelles qui lui impose. »

 Sur le bilan des libéralisations 
« Il faut regarder au cas par cas parce que les mêmes règles européennes, les mêmes impulsions vont donner des réalités différentes dans les pays en fonction de leurs histoires, leurs traditions, leurs cultures. »
« Dans certains pays - comme la Slovaquie après 40 ans de totalitarisme - l’ouverture, la libéralisation a pu manifester l’espoir d’avoir des services de meilleures qualités et d’avoir le choix par rapport à des services qui étaient minimaux auparavant. »
« En France, où on a des services publics de bonne qualité, appréciés par les citoyens, les remises en cause en cours sont perçues à juste titre comme une mise en cause des services publics. »
« Les responsables des dégradations des services publics en France, ce sont certes certaines règles communes mais c’est surtout les pouvoirs publics français, les gouvernements successifs qui les impulsent et les conduisent. »

 Sur la place des usagers 
« Le B-A-BA serait qu’on organise l’expression systématique des besoins et attentes des usagers y compris en organisant l’expression de leurs mécontentements et de leurs plaintes. »
« Le sommet de l’édifice, là-haut, ne connait pas les réalités et les enjeux locaux. »
« Organiser l’expression des gens au plus près du terrain est le préalable, le pré-requis à une modernisation des services publics. »

 Sur les communs 
« Les communs ne sont pas une alternative aux services publics, ils sont l’un des éléments-clefs de l’avenir des services publics. »
« Il ne faut pas opposer les communes et les services publics. »
« Les communs, c’est des collectivités plus ou moins importantes qui se mettent ensemble pour évaluer les besoins et décider de l’organisation et du financement. »
« Il faut faire attention à ce que les communs ne fassent pas disparaître les solidarités entre collectivités. »
« Il faut conjuguer une organisation sur le terrain dans lequel les communs ont un rôle clef et une organisation de solidarité nationale, voire européenne. »

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