Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud, Pierre Jacquemain | 3 juin 2021

Pierre Laurent : « D’ici 2022, il faudra regarder comment la situation évolue et prendre nos responsabilités »

Candidature de Fabien Roussel, manifestation des policiers, législative partielle dans le XXe arrondissement de Paris, marche des libertés : beaucoup de débats divisent les communistes en ce moment. Pierre Laurent, sénateur communiste de Paris, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur le PCF et la question de la sécurité 
« J’espère que la campagne présidentielle mettra au cœur du débat la question de la sécurisation sociale des vies : c’est ça, la grande question populaire face à la précarité, à la catastrophe écologique et aux dégâts du capitalisme. »
« La sécurité est une préoccupation populaire : il faut aussi porter des propositions sur cette question mais porter avec force les questions de sécurité et de services publics en matière de justice et de police ne veut pas dire confondre avec les offensives actuelles de la droite et de l’extrême droite pour nous faire avaler tout un tas de thèses, notamment sur le laxisme pénal - ce sont des thèses contraires à l’exigence de sécurité. »
« Dans la mobilisation policière récente, il y avait tout un tas de mots d’ordre dans lesquels on ne pouvait pas se reconnaître. Mais il faut porter des exigences de sécurité publique qui ne peuvent se comprendre que si elles sont accompagnées de fortes propositions de développement du service public de la police et de la justice. »

 Sur la manifestation des policiers 
« La surenchère sécuritaire n’est pas nouvelle, notamment pendant la loi de sécurité globale. »
« Il faut être vigilant et riposter aux discours de la droite et de l’extrême droite. »
« On a adopté plusieurs dizaines de lois qui ont développé l’arsenal sécuritaire sans développer la sécurité des citoyens - au contraire, cela insécurise les libertés publiques dans de nombreux domaines. »
« Il y avait une ambiguïté à participer à cette manifestation, compte-tenu des mots d’ordre portés notamment sur la tribune de la manifestation par les dirigeants d’Alliance et d’autres militants syndicaux qui ont cautionné des discours sur le laxisme pénal extrêmement dangereux. »
« Je vois bien, en même temps, qu’il y a un souci chez Fabien Roussel de vouloir porter l’exigence de sécurité publique de nos concitoyens dans la campagne. Mais, je le répète, je pense qu’il ne faut pas confondre cette exigence avec des discours entendus dans la manifestation des policiers. Il y a eu beaucoup de réactions, je pense que l’alerte a été entendue et j’espère qu’à l’avenir, on aura un discours qui tiendra compte du trouble provoqué par cette participation. »
« Beaucoup d’élus communistes, notamment les maires, sont très quotidiennement confrontés à ces questions : on devrait les écouter beaucoup car ils savent bien que ce dont ils ont besoin ce sont des moyens de services publics et d’une police républicaine qui soit une police de proximité. Mais aussi de beaucoup d’autres choses, notamment l’égalité républicaine en matière de services publics. »

 Sur la candidature communiste de Fabien Roussel à l’élection présidentielle 2022 
« Dans beaucoup de domaines, il y a un apport des idées communistes aux débats de la gauche, notamment en matière d’innovations nécessaires pour la sécurisation sociale de la vie, de sécurité d’emploi et de formation, de développement de la sécurité sociale. »
« Il faut reconquérir une souveraineté publique sur la production de médicament, sur le contrôle et sur son développement dans la mesure où le grand groupe pharmaceutique qu’est Sanofi ne joue pas le jeu de la sécurité sanitaire des Français ou des Européens mais suit des objectifs de rentabilité. »
« Il faut un effort de rassemblement, de convergence et d’unité des forces de gauche car on ne peut se résoudre à la perspective vers laquelle on se dirige pour le moment qui serait un second tour Le Pen - Macron, cauchemar pour la société et pour la gauche. »
« Si on veut faire avancer le débat dans la situation actuelle, il ne faut peut-être pas commencer par la présidentielle. Il faut que ce soit dans la société qu’il y ait un travail d’élaboration et d’engagement commun pour la législature. Il faut que les citoyens s’en mêlent. »
« Le centre de gravité du rassemblement n’est pas tellement dans un rassemblement des forces politiques au sommet mais au cœur des exigences sociales. »
« Je crois au travail citoyen. »
« Je n’adhère pas au discours selon lequel la gauche est en train de disparaître : au contraire, il y a des forces disponibles très importantes. »
« J’ai été très surpris par la présence de plus de 20.000 personnes pour monter au Mur des Fédérés à l’occasion des 150 ans de la Commune (…). La gauche politique n’est pas à la hauteur de ça. »
« La vraie aventure collective à laquelle j’avais participé comme secrétaire national du PCF, ce n’était pas une candidature commune derrière Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle mais la création du Front de Gauche, une organisation qui reconnaissait la pluralité des acteurs de la gauche et les différences de leur formation tout en favorisant l’investissement citoyen dans une nouvelle architecture politique. »
« Les communistes ne sont pas les seuls responsables que le Front de Gauche n’ait pas duré. Certains ont voulu utiliser le seul levier présidentiel pour reproduire des schémas d’hégémonie sur la gauche. »
« Une vraie majorité politique en 2022, c’est une majorité qui nous donnera la majorité à l’Assemblée nationale. Et elle ne peut être que pluraliste - et citoyenne. »

 Sur le communisme d’aujourd’hui 
« Nous sommes une formation politique qui pense qu’il faut changer de système économique. Il faut passer à autre chose que le capitalisme et pas seulement l’aménager, il faut le transformer en profondeur. » 
« Une originalité du Parti communiste c’est d’accorder une très grande importance à la question industrielle : nous avons besoin d’une industrialisation du pays. Il faut reconquérir industriellement le pays. » 
« Il faut donner plus de pouvoir aux salariés, voire leur donner la propriété. » 
« Nous accordons beaucoup d’importance à la démocratisation de la sphère économique. »
« Notre problème n’est pas de cultiver une différence avec les autres, c’est d’avancer des idées que nous élaborons collectivement et de voir si elles sont communes à d’autres. »
« Nous ne pouvons pas transformer quoi que se soit, tout seul. Il faut travailler à des convergences. »
« Il y a toujours des formations politiques qui pensent qu’elles doivent dominer à elles seules tout le paysage de la gauche et qu’ensuite tout le monde doit se rallier à elles. Ça ne marche pas. »
« Ce qui manque, c’est qu’on soit plus créatifs au plan politique. Il y a de nouvelles constructions politiques à inventer sans perdre de vue qu’il y a d’énormes dangers en 2022 avec la droite et l’extrême droite et donc il faudra prendre nos responsabilités. »
« D’ici 2022, il faudra regarder comment la situation évolue et prendre nos responsabilités. »
« Pour le moment, il faut lever de l’espoir dans le pays en levant des dynamiques populaires. » 

 Sur la législative partielle à Paris  
« Je veux faire respecter la parole des militants communistes du 20è arrondissement [pas de consigne de vote]. »
« Il y a des raisons au très bon résultat des candidats communistes : l’authenticité de nos candidats. Deux jeunes salariés, enfants du 20è. Leur candidature est apparue comme une candidature nouvelle. » 
« Il y a eu une discussion parmi les communistes du 20è. La droite est éliminée mais on est sûr d’avoir une députée de gauche. »
« Pour fusionner aux régionales en Ile-de-France, ça se fera autour de celle ou de celui qui arrivera en tête le soir du premier tour : je milite pour que ça soit la liste de Clémentine Autain qui arrive en tête, je l’espère. »
« On a beaucoup d’électeurs nouveaux qu’on veut respecter et c’est la raison pour laquelle on a fait le choix de ne pas donner de consigne de vote. »
« Le choix qu’on a fait - qui est un choix de confiance à l’égard de nos électeurs - va nous permettre de continuer à faire le travail de rassemblement et d’unité qu’on fait en général. »
« J’ai confiance dans le choix des électeurs. »
« Je ne dirai pas pour qui je voterai parce que je sais que ma voix compte et que je suis soucieux du collectif. Je porte la voix des communistes du 20è et je m’en tiens à la position qui consiste à ne pas donner de consigne de vote. »
« On a des débats avec les deux [Simonnet et El Aaraje]. Sur le logement social ou sur la police municipale par exemple, nous avons des désaccords avec elles. »
« Ce qui nous détermine, ça n’est pas une alliance privilégiée avec telle ou telle, c’est des débats de fond sur lesquels on se positionne en toute indépendance. »
« Les électeurs de gauche du 20è sont des gens attachés à des politiques de gauche vraiment sociales donc ils seront assez intelligents pour faire le bon choix. »

 Sur la marche des libertés du 12 juin 
« Le PCF appelle à y aller. »
« J’ai lu l’appel unitaire et je n’ai aucun problème et c’est une très bonne chose que la gauche et les écologistes descendant dans la rue pour la défense des libertés publiques dans une période où il y a tant de menaces sur les libertés publiques. »
« Cette mobilisation est absolument nécessaire. Il faut être dans la rue le 12 juin comme on l’est dans toutes les mobilisations sociales du moment. »

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  • ’Changer de système économique.’ nous dit Pierre Laurent. Dire cela est trompeur. L’identité du parti communiste français n’est pas exprimée par cette formule. L’originalité de tout parti communiste est de résoudre les problèmes économiques par le changement de régime politique. En politique il n’y a pas de systèmes, il y a des régimes. Le régime socialiste est celui prévu par la doctrine marxiste-léniniste pour se substituer au régime parlementaire.

    Si le PCF veut abandonner ses principes fondamentaux, il est libre de la faire. Mais qu’il le dise clairement, plutôt que d’user de formules vagues et imprécises.

    Glycère BENOIT Le 3 juin à 17:53
       
    • M. BENOIT, désolé de vous le répéter, mais vous n’avez toujours rien compris.

      B. LAURENCE

      Bernard LAURENCE Le 3 juin à 18:37
  •  
  • M. LAURENCE, qu’en savez-vous ? Méfiez-vous de l’illusion de la supériorité intellectuelle, ou, ce qui revient au même, de l’infériorité de vos concitoyens qui ne partagent pas vos opinions. Vous ne dites rien. Votre critique tombe dans le vide. Au moins de mon côté j’ai exprimé une position : que les partis politiques doivent avoir une identité propre qui justifie leur existence faute de laquelle ils n’ont plus de raison d’être. Ils peuvent en changer si celle de leur origine est devenue caduque, mais alors ils doivent le dire sans ambiguïté, plutôt que de diluer leur discours dans l’insignifiance.

    Glycère BENOIT Le 3 juin à 19:15
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