Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud, Pierre Jacquemain | 17 février 2021

Pierre-Yves Cadalen : « En Bretagne, nous voulons casser l’influence du lobby agro-industriel sur le conseil régional »

Historiquement à gauche, la région Bretagne va-t-elle le rester ? Quels combats y mener ? On en parle avec Pierre-Yves Cadalen, chef de file de la France insoumise pour les prochaines élections régionales en Bretagne.

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UNE MIDINALE À VOIR...

ET À LIRE...

 Sur l’échec des discussions avec EELV 
« D’abord on n’est pas certains de partir tout seuls à ce stade [aux régionales en Bretagne pour LFI]. »
« On a une démarche ouverte : on discute avec le PCF et Génération.s pour constituer une majorité alternative et rompre avec le modèle agro-industriel breton. »
« On avait mis un peu d’espoir avec EELV parce que s’il y a bien une région où il fait sens d’aller ensemble [FI/EELV], c’est bien la Bretagne. »
« Il y a un intérêt politique majeur à rompre avec l’influence du lobby agro-industriel sur le conseil régional. »
« EELV a fini par dire en bout de course qu’il n’était pas d’accord parce que nous n’étions pas fédéralistes - ce qui nous a tous beaucoup surpris parce que ce sujet n’appartient pas au débat public des régionales. C’est pas le conseil régional qui décide s’il devient autonome ou non. »
« On espère rassembler largement des citoyens et d’autres forces politiques pour créer les conditions d’une majorité alternative. »

 Sur l’héritage de Jean-Yves Le Drian 
« Le cœur du problème, c’est la domination du marcronisme au sein de la majorité régionale. »
« L’actuel premier vice-président, le bras droit du président socialiste, va mener une liste pour LREM avec les centristes dans la région [Bretagne]. »
« Je m’interroge sur la cohérence politique de l’actuelle majorité régionale. »
« Le Parti socialiste n’est plus le centre de gravité, y compris dans ces élections intermédiaires que sont les élections régionales. »
« Nous travaillons à un programme de rupture et le point de rupture en Bretagne, c’est l’agro-industriel. On ne peut pas continuer avec ce modèle qui est financé par les fonds publics. »
« Le Parti socialiste n’a cessé de soutenir le modèle agro-industriel. »

 Sur la stratégie de LFI en Bretagne 
« Notre objectif politique c’est d’être une force majeure à la sortie du premier tour. »
« Il est possible, avec les communistes et Génération.s, de finir devant le PS et ensuite, dans le cadre d’un accord de second tour, de gouverner la région avec EELV. »
« Pour réinstaurer le lien de confiance entre les citoyens et leurs institutions il faut avoir des lignes programmatiques claires et savoir constituer des majorités cohérentes, sur le plan politique, sur le fond. »
« On peut constituer une alliance sur le fond. »
« C’est aberrant qu’EELV mentionne un sujet de politique nationale, le fédéralisme, pour refuser une alliance régionale sur une lutte commune qu’on aurait pu engager ensemble et que j’espère on engagera ensemble. »

 Sur la Bretagne, terre historiquement à gauche 
« Il y a une Bretagne rouge historiquement, il y a une Bretagne qui a envie d’autre chose, il y a une culture ouvrière qui reste forte à Brest, à Lorient ou à Saint-Brieuc, il y a dans le centre-Bretagne des gens qui se battent sur des combats concrets. Il y a une culture du combat en Bretagne : les Bretons, ce sont des têtes dures. »
« La Bretagne est une terre de contradictions : c’est là qu’a été fondé le club des jacobins mais c’est aussi la terre de naissance des plus grands opposants à la Révolution française. »
« Il ne faut pas rêver : ce n’est pas avec le budget de la région que l’on va pouvoir faire tomber le modèle agro-industriel mais on peut changer la nature du rapport de forces. »
« Dans toutes les grandes entreprises - dites coopératives - agricoles bretonnes, il y a de l’argent public : nous, on commencera par le retirer. »
« Il faut construire un autre modèle en posant politiquement la question de la dette paysanne. »
« Beaucoup de paysans sont en train de crever tellement ils sont endettés. Et ils ne peuvent objectivement leur exploitation dans une transition parce que tous les investissements liés à leur exploitation ne leur permettent pas de l’envisager. »
« Il faut se poser la question de la façon de sortir les agriculteurs de leur dépendance aux coopératives - et là-dessus, la région a un rôle à jouer. »
« Il faut créer des plateformes de distribution qui donnent accès à des marchés locaux. »
« Il faut réinternaliser le modèle agricole français et a fortiori breton : tout notre modèle absurde d’aujourd’hui est construit pour l’export. On vend du poulet au Moyen-Orient qui serait imbouffable en France vu les impératifs de qualité, le tout, en plus, arrosé d’argent public. »

 Sur la campagne de LFI en Bretagne 
« La majorité sociale du pays mérite une représentation politique. »
« Il y a des villes où 70% des gens ne sont pas allés voter : il va donc falloir construire une campagne autrement. »
« Dans la liste, on va intégrer des gens qui travaillent dans le secteur maritime, des paysans, des gens du secteur associatif, du secteur culturel : bref, des gens qui soient à l’image de la société. »
« On va faire une campagne qui puisse permettre de parler politique. Quand on ouvre la presse, on a l’impression que c’est la course des petits chevaux - et ça, ça dégoute de la politique. »
« On va organiser un grand tour de Bretagne pour aller à la rencontre des Bretonnes et des Bretons pour diffuser et mettre en discussions nos idées. »

 Sur la nécessité de porter le débat sur le passage à une 6e République 
« La manière dont on infantilise depuis un an, dont on a l’impression de regarder les trains passer, de ne plus être maîtres de notre vie, il y a des raisons politiques à cela. »
« Les gilets jaunes quand ils sont descendus dans la rue, ils ont fini par dire qu’ils voulaient le référendum d’initiative citoyenne pour faire sauter le verrou du pouvoir du président de la République. Cette question, elle est cruciale. »
« Il faut se réapproprier le pouvoir par rapport aux intérêts économiques qui aujourd’hui dominent. »

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