Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud | 29 avril 2021

« Les critères de fixation des salaires des patrons se font au détriment des enjeux climatiques »

Mardi 27 avril, Oxfam France a publié une note sur la rémunération des PDG du CAC 40 dont l’indexation sur des objectifs de long-terme comme la lutte contre le réchauffement climatique est très relative. Quentin Parrinello, chargé de plaidoyer pour l’ONG, est l’invité de #LaMidinale.

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 Sur les critères financiers des salaires des grands patrons 
« La rémunération d’un PDG est divisée en deux : une partie fixe et une partie variable qui est basée sur des critères de performance financiers et non financiers - sociaux, environnementaux ou climatiques. »
« Il y a une surreprésentation des critères financiers puisque l’ensemble de la rémunération moyenne des PDG du CAC40 pèse deux tiers alors que les critères non financiers pèsent 10%. »
« On a des PDG qui sont incités à se préoccuper du court terme au détriment des sujets de plus long terme comme le sujet climatique ou le virage écologique des entreprises. »

 Sur les critères sociaux et environnementaux des entreprises 
« Le fait d’indexer une plus grande partie de la rémunération des PDG sur des sujets non financiers peut inciter les entreprises à s’occuper des sujets sociaux et environnementaux. Pour autant, ça n’est pas suffisant parce qu’il faudrait dans le même temps s’attaquer à la structure des actionnaires spéculateurs et redonner de la voix aux salariés des entreprises. »
« Le PDG a un regard direct sur l’ensemble des critères financiers et non financiers (…). Ce n’est pas les syndicats ou les parties prenantes qui fixent les priorités de l’entreprise. »

 Sur les propositions d’Oxfam 
« Les rémunérations variables de performances - notamment les rémunérations financières - font exploser les écarts de salaires et comme dans ces variables il y a une surreprésentation des critères financiers à court terme, elles incitent les PDG à s’occuper d’une rentabilité financière à très court terme au détriment des sujets de plus long terme comme le climat. »
« S’attaquer à la structure de la rémunération des PDG et aux variables financières c’est s’attaquer aux deux sujets d’écarts de salaires et de rentabilité à court terme. »
« On propose de réduire drastiquement la variable pour qu’elle rentre dans un écart de salaires de 1 à 20. Il y a des débats sur le taux général mais l’objectif final c’est de dire qu’il faut encadrer les écarts de salaires. »
« On a un problème de financiarisation de l’économie des entreprises du CAC 40. »
« Il faut remettre l’actionnaire à sa place, c’est-à-dire un financeur de l’entreprise au milieu d’autres parties prenantes dans une entreprise qui n’est pas simplement la propriété des actionnaires mais qui est une aventure commune - y compris des salariés. »

 Sur le rôle des entreprises  
« Certains nous expliquent qu’elles font mieux qu’avant mais il faut aller beaucoup plus vite. L’autorégulation des entreprises ne va pas assez vite parce qu’on est face à un impératif climatique. »
« Oxfam appelle à une régulation sur les sujets de structure de rémunération des PDG pour réguler les écarts de salaires mais aussi les critères de rémunération des PDG. »
« Il y a une directive qui s’appelle ‘gouvernance durable’ et qui va être discutée dans les prochaines semaines et les prochains mois au niveau européen et qui devrait permettre de lancer le débat sur ces sujets. »
« Oxfam demande deux choses sur la question de la structure de rémunération des PDG : premièrement, que la part financière dans les critères de rémunération ne dépasse pas la moitié de la rémunération totale des PDG et d’autre part qu’on arrête d’avoir des critères qui sont indexés sur la satisfaction des actionnaires. »
« Il est beaucoup plus rentable pour un PDG de s’occuper des intérêts des actionnaires que de s’occuper des enjeux climatiques. »
« Il faut que le législateur se pose la question de la qualité des critères non financiers »

 Les entreprises meilleures alliées dans la lutte contre le réchauffement climatique ? 
« On va avoir besoin que les entreprises changent leur modèle économique donc on va avoir besoin de leur parler. »
« Si on comptait sur l’autorégulation, on ne demanderait pas une directive. »
« Il y a un décalage entre l’ensemble des campagnes de publicité de ces entreprises qui disent prendre le sujet climatique à bras-le-corps et leur modèle économique climaticide. »
« Si on a un CAC40 qui nous emmène vers une trajectoire de réchauffement climatique à 3,5° d’ici 2010, c’est aussi parce que les dirigeants de ces entreprises sont incités à privilégier le court-terme et les interêts de quelques gros actionnaires. »
« Il va falloir aller réguler mais on ne pourra pas simplement dire : il faut que l’Etat investisse dans la transition écologique. Il faut aussi transformer les entreprises. »

 Sur la lutte contre les inégalités 
« On a réussi à mettre le sujets des inégalités sur le devant de la scène politique. »
« Le problème n’est pas seulement l’existence de personnes précaires mais il y a un modèle économique qui crée des personnes extrêmement riches et d’autres extrêmement précaires parce qu’il y a des décisions politiques qui concentrent les richesses entre les mains de quelques uns au détriment des autres. »
« Le rôle d’une ONG comme Oxfam, c’est de dire que les inégalités ne sont pas une fatalité, ce n’est pas naturel, c’est le résultat de choix politiques. »
« Il y a un enjeu à repolitiser le sujet des inégalités et du changement climatique : c’est notre modèle économique qui crée du réchauffement climatique. »

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