Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien, Pierre Jacquemain | 15 mai 2020

Rémi Lefebvre : « Mélenchon incarne une stabilité, une continuité et une présidentialité »

Beaucoup d’appels et de tribunes circulent à gauche et chez les écologistes depuis quelques semaines. La crise sanitaire et politique peut-elle favoriser, à gauche, l’émergence d’une alternative politique ? Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur le contexte et les alternatives possibles 
« On a vécu une période inédite donc il n’y a pas vraiment de règle que l’on pourrait appliquer historiquement sur les conséquences politiques de ce type de pandémie. »
« Le diagnostic de la crise s’est orienté vers la mise en cause du système et des dérives du système libéral. Reste à savoir si ce diagnostic sera partagé dans la société - ce qui n’est pas du tout sûr. »
« Idéologiquement, il y a une fenêtre d’opportunités pour la gauche de contrer l’idéologie dominante et libérale qui est enracinée dans la société - même si elle est très contestée. »
« Cette période post-crise peut ouvrir du possible mais elle peut aussi ouvrir le pire. »
« Je ne suis pas sûr que la crise ouvre une espèce de reviviscence du clivage gauche/droite - mais une reconflictualisation peut-être. »
« La critique des élites peut être un ferment de politisation de la crise mais par forcément du clivage latéral gauche/droite. »
« On peut penser que cette crise va faire le jeu des populismes - même si je n’aime pas trop l’expression. La France insoumise veut s’appuyer sur cette crise et - même si je ne les mets pas en parallèle - Marine Le Pen va rebondir sur cette crise parce qu’elle caractérise la faillite des élites. L’extrême droite va prospérer avec l’imaginaire complotiste qui va derrière. »

 Sur les appels et autres tribunes à gauche  
« Il y a eu une petite dizaine de tribunes et d’appels ces derniers jours. »
« L’appel des 150 personnalité de gauche d’aujourd’hui est très très œcuménique. »
« Toutes les initiatives qui visent à éclater ce qui est figé sont intéressantes. »
« Ce qui manque dans ces initiatives, c’est une méthodologie. Elles sont parfois incantatoires. »
« Ce qui est intéressant, c’est d’identifier les points de convergences et de divergences. Tout ça demande à être très précis. Ça demande des garants et des méthodes. Pour le moment, tout ça reste assez vague. »
« Il y a une accélération du calendrier : on va être très vite dans la présidentielle. »
« Il y a un certain nombre d’acteurs de la société civile qui se disent que c’est maintenant qu’il faut agir parce qu’après, il sera trop tard. »
« Les acteurs de la société civile pensent que si la pression sur les appareils politiques n’est pas externe, rien ne va se passer. Tout ça a été accéléré avec la pandémie. »
« L’un des effets du confinement, c’est que le temps politique s’est arrêté et qu’ils se sont mis à réfléchir. »

 Sur la bataille du leadership à gauche 
« La question du leadership est très largement sous-jacente. »
« La question de l’incarnation est omniprésente. »
« Depuis les dernières élections européennes, les écologistes estiment avoir pris l’ascendant. Et de son côté, la France insoumise n’a pas renoncé à vouloir renoncer d’incarner le changement. »
« On a très bien vu ces derniers jours, dans l’attitude de Jean-Luc Mélenchon, qu’il est candidat à la prochaine élection présidentielle. Il n’y a pas l’ombre d’un doute. »
« Mélenchon a changé de méthode : il est moins conflictuel et veut apparaitre plus respectable. »
« Pour Yannick Jadot, c’est plus compliqué parce qu’il y a Nicolas Hulot et qu’il est moins reconnu par son organisation. »

 Sur les élections municipales 
« D’un côté, on a eu des expériences intéressantes, localement, de dépassement des affiliations partisanes (…) avec des alliances à géométries variables qui peuvent être des laboratoires d’union de la gauche et, d’un autre côté, les élections municipales pour les partis, c’est très important parce que c’est les places et le financement. »
« Les partis politiques cherchent à être pragmatiques. C’est leur survie qui est en jeu. »
« Il faut une décomposition, peut-être une explosion du système politique, et ce n’est pas les municipales qui vont le favoriser. »
« Le faux premier tour des municipales aura peut-être servi de primaire dans certains endroits pour qu’il y ait une offre politique différente si on retourne au premier tour. »
« Il pourrait y avoir de nouvelles listes de premier tour ne serait-ce que parce que certaines listes n’auront pas les ressources financières suffisantes pour repartir en campagne au premier tour. »

 Sur le Parti socialiste  
« Le PS au premier tour des municipales a réalisé plutôt des bons scores. »
« Le PS a été très ouvert sur l’union de la gauche. »
« Le PS est plus à gauche que ces derniers mois. Le centre de gravité du PS s’est déplacé vers la gauche. »
« Le temps politique a acté le déclassement du PS. Plus personne ne parle du PS comme un acteur de la prochaine campagne présidentielle. »
« Je ne suis pas sûr que le PS joue un rôle majeur dans la prochaine présidentielle et je suis même convaincu de l’inverse. »

 Sur Jean-Luc Mélenchon  
« Jean-Luc Mélenchon a un gros avantage : il est incontesté dans son camp avec un programme qui apparait encore actuel. Tous les autres ont un problème de leadership. »
« Soit la gauche non mélenchoniste arrive à s’organiser et faire pression en exerçant une vraie concurrence sur Jean-Luc Mélenchon, soit Jean-Luc Mélenchon apparaitra comme le pôle de stabilité à gauche. »
« Mélenchon incarne une stabilité, une continuité et une présidentialité. »
« La carrière de Mélenchon est un yoyo, elle rebondit tout le temps. Il peut rebondir parce qu’il a beaucoup d’atouts dans son jeu. »

 Sur le retour à gauche de la souveraineté, de l’indépendance, du protectionnisme 
« Il y a un débat intéressant sur le libre échange et le commerce international. »
« Je suis sûr que la question du tourisme, des échanges internationaux, de la relocalisation de la production va faire souche dans le champ politique. »
« Il peut y avoir autour de ces questions, de relocalisation notamment, un élément de la reconfiguration idéologique à gauche. »

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Vos réactions

  • Tou ta fe. Melenchon est le moins mauvais cheval.

    Dominique FILIPPI Le 22 mai à 16:47
  •  
  • Mélanchon est certainement le cheval le plus instable, le plus colérique. Il n’a jamais rien géré. Toute sa vie il a été nourri par la République : conseiller général, sénateur, député, et j’en passe.
    Il n’a eu qu’une entreprise à géré : sa télé Le Media et on a vu à quoi cela a abouti : disputes, malversations, tribunal...
    C’st pas un bon argument pour quelqu’un qui se présenterait devant les électeurs.
    Avec ses 17 députés, il peut même pas faire 2 équipes de foot pour jouer ensemble !

    Balzac Le 23 mai à 22:05
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