Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 20 mai 2019

« S’il n’y avait des inégalités qu’au Festival de Cannes, la vie serait belle »

Le Festival de Cannes, ses stars, ses paillettes, le luxe… et la précarité cachée des techniciens ou des professionnels de l’hôtellerie. Laurent Blois, délégué général du SPIAC (Syndicat des professionnels de l’industrie, de l’audiovisuel et du cinéma) et Ange Romini, secrétaire général de la CGT des hôtels, cafés et restaurants de Cannes, sont les invités de La Midinale.

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VERBATIM

 

 Sur le Festival de Cannes 
« En tant que professionnels, Cannes est un moment magique et unique. »
« C’est nous qui accréditons les techniciens qui souhaitent être à Cannes. »
« Cannes est un spectacle permanent et toute la ville y participe au travers de la restauration et des hôtels. »
« Le Festival de Cannes c’est aussi le top départ de la saison avec l’embauche des saisonniers. »
« En tant que syndicaliste, le Festival de Cannes est un moment unique puisqu’il a toujours été lié au social et aux luttes. »
« Le Festival est une scène internationale pour parler de beaucoup de sujets, pas seulement à l’intérieur du Palais : ça se passe aussi à l’extérieur. »
« Le Festival de Cannes est un festival d’idées. »

 Sur la CGT et Cannes 
« La CGT est membre du conseil d’administration du Festival de Cannes. »
« C’est une bataille que d’exister en tant que techniciens. »
« Il faut batailler pour que la CGT soit visible et se montre au Festival de Cannes. »
« Le Festival de Cannes veut réinternaliser la billetterie et donc dispenser les organisations professionnelles d’être sur place. »
« Plus que jamais, dans cette société bling bling, où il faut avoir un nom, il faut batailler pour montrer que derrière la lumière et les paillettes, il y a des gens dans l’ombre qui travaillent. »

 Sur les travailleurs invisibles de Cannes 
« Ce sont les salariés qui permettent aux palaces d’être au plus haut niveau. »
« L’important, ce sont les salariés qui connaissent les clients et leur travail. »
« Il y a trop de contrats précaires [dans l’hôtellerie et la restauration cannoise]. »
« Le Festival de Cannes est une scène internationale pour faire passer des messages. »

 Sur les négociations avec le ministère de la Culture 
« Le Festival de Cannes était un moment de négociations jusqu’à il y a peu de temps. »
« Jusqu’à il y a cinq ans, il y avait un petit déjeuner organisé avec toute la filière cinéma et le Ministère de la Culture – il a été abandonné. »
« Lorsqu’on fait des contacts à Cannes, c’est plus détendu, même si les enjeux sont les mêmes. »

 Cannes et les inégalités 
« Ce n’est pas Cannes qui est la capitale des inégalités, c’est la France. »
« S’il n’y avait des inégalités qu’à Cannes, la vie serait belle. »
« Cannes a deux facettes : le Festival du film et le Marché international, c’est-à-dire le business. Politiquement, ces deux facettes peuvent s’opposer. »
« La magie cannoise, c’est aussi la liberté d’expression à l’intérieur du Palais, dans les films que l’on voit. Mais il faut que cette liberté se voit aussi à l’extérieur. »
« L’essence de Cannes, c’est la liberté de parler de tous les sujets. »

 Sur les gilets jaunes 
« Nous au SPIAC, dès l’apparition du mouvement des gilets jaunes, on a rédigé une motion de soutien aux gilets jaunes même si on savait qu’il y avait des choses avec lesquelles on n’était pas d’accord. »
« La question des intermittents n’est pas réglée au moment où nous parlons : on attend que le ministre prenne ses responsabilités et fasse étendre l’accord qui a été signé, car pour l’instant, ça n’est pas le cas. »
« Il faut que des convergences se créent avec les gilets jaunes mais pas sur n’importe quelles bases. »
« Il faut travailler à contrer l’idée selon laquelle les corps intermédiaires ne serviraient à rien. »
« Le problème des gilets jaunes part d’un mal-être Français : une grande partie de la population n’y arrive plus – et ce constat là, la CGT l’a fait. »
« Dès le départ, le mouvement des gilets jaunes s’est voulu en dehors des syndicats et des politiques. Nous, à la CGT, on respecte ce choix. »

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