Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 28 avril 2022

Sandrine Rousseau : « Un nouveau moment s’ouvre où la gauche apparaît comme le seul espoir »

Alors que les négociations sont toujours en cours entre les différents partis de la gauche et de l’écologie, Sandrine Rousseau, candidate à la députation dans la 9e circonscription de Paris, est l’invitée de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

Sur sa potentielle éviction de l’accord entre le pôle écolo et LFI sur les législatives
« Ma circonscription a été un petit peu oubliée des accords pour l’instant. »
« Pourquoi gommer une tendance de la gauche ? Pourquoi avoir une sorte de défiance que l’on retrouve souvent dans les négociations et dans les partis politiques pour le mouvement social et pour les mobilisations qui, certes, se fait un peu en dehors des partis mais qui est une mobilisation indispensable pour gagner des élections ? On l’a vu sur Alice Coffin, on le voit sur Nadhéra Beletreche à Paris, sur Lauren Lolo, sur Bénedicte Monville… Sur pas mal de circonscriptions, les personnalités qui sont un peu orthogonales - ou plutôt qui ont une position particulière dans les partis politiques parce que très ancrées dans les mouvements sociaux - sont très fragilisées dans les moments de discussions. »

Sur la ligne d’EELV dans les négociations pour les législatives
« Au coeur des négociations, il y a des gens qui ne sont pas favorables à un accord LFI de manière générale. Je me pose la question de savoir si l’on veut vraiment de cet accord… »
« On est dans un moment exceptionnel, on ne peut pas se permettre de faire de la politique de manière classique. Et si on en fait, le peuple de gauche et de l’écologie nous en voudra de manière qu’on n’imagine pas. »
« La faute ne revient pas uniquement à EELV : il faut une volonté commune d’y arriver et je crois que chacun à des pas à faire. »
« Les équipes de négociations ne sont pas représentatives de ce que sont aujourd’hui les forces écologistes. Par exemple, nous ne sommes pas représentés dans les négociations avec LFI, ce qui est quand même un sujet… »
« Je suis peut-être arrivée après les motions mais je suis arrivée à 49%. »
« Les négociations ne peuvent pas se faire sur le dos d’une écologie naissante qui est radicale, de rupture et de bifurcation importante. Ce n’est vraiment pas le moment de régler ces comptes-là. »
« J’ai des allié-es au sein du parti écologiste, au conseil fédéral et dans toutes les instances mais pas suffisamment en regard de ce que l’on pèse. »

Sur Jean-Luc Mélenchon Premier ministre en juin
« Jean-Luc Mélenchon a fait 22% à l’élection présidentielle. Mais il ne faut pas s’arrêter à ce score : le peuple de l’écologie et de gauche a voulu être unitaire à la place des partis. »
« Jean-Luc Mélenchon est arrivé premier à gauche et la réalité politique du moment, c’est que, si on arrive à gagner une majorité à l’Assemblée nationale, évidemment, c’est lui qui sera Premier ministre. »
« [Entre le programme des insoumis et celui des écologistes,] il y a des choses qui sont différentes, il n’y a rien qui soit inacceptable. »
« On a déjà fait des alliances alors qu’il y avait des choses avec lesquelles on était bien plus opposé. »
« Commencer à regarder ce qui nous sépare, c’est vouloir étendre la faille… et ce n’est pas possible, on ne peut pas faire ça. »
« S’il y a eu ce score à la présidentielle, si Jean-Luc Mélenchon a fait 22%, c’est parce que les gens de la gauche et de l’écologie voulaient qu’on gagne et ne voulaient pas du second tour Le Pen / Macron. Il faut maintenant leur offrir la possibilité de ne pas avoir Macron 5 ans à la tête de la politique gouvernementale. »
« Si on n’est pas à la hauteur, ce qui va se passer, c’est que les gens au RSA auront 15 à 20 heures à faire par semaine, ce qui ressemble à une forme de travail obligé. Si on n’y arrive pas, ça veut dire la retraite à 65 ans. Si on n’y arrive pas, ça veut dire une transition écologique qui prend encore 5 ans de retard au moment où le GIEC nous dit qu’on n’a que 3 ans. »

Sur le dépassement d’EELV
« Je pense que les partis politiques sont arrivés au bout d’un fonctionnement : il faut les repenser beaucoup plus en lien avec la société. »
« A la présidentielle, on a payé un mode de fonctionnement qui ne nous a pas permis de sortir de notre couloir… Chacun a eu envie que sa structure s’en sorte. Mais à la fin, tout le monde est perdant. »
« Il faut faire de la politique différemment : les jeunes générations ne comprennent pas le fonctionnement d’un parti politique. »
« Le fonctionnement des partis politiques est très corsetés : il faut penser la flexibilité, penser le lien entre l’extérieur et l’intérieur et cela nécessite une sorte de dépassement. »

Sur l’état d’esprit des militants EELV
« Les militants sont des gens qui se sont investis pendant la campagne et ils ont peur d’être absorbés, de disparaître. »
« Les militants ne veulent pas que leur travail soit effacé : c’est pour ça que je dis à LFI qu’il faut aussi penser la coalition. C’est la condition de la réussite. »

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  • Il n’y a jamais un seul espoir dans le peuple. Aucune tendance politique, aucun courant d’opinion n’a le monopole de l’espoir en démocratie.

    Glycère BENOIT Le 28 avril à 10:16
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