Accueil | Entretien par Pablo Vivien-Pillaud, Pierre Jacquemain | 3 février 2021

Sarah Durieux : « Il ne faut pas dépolitiser l’activisme »

Les citoyens seraient-ils devenus passifs face aux décisions politiques ? Comment les individus s’organisent-ils pour manifester leurs désaccords ? Sarah Durieux, directrice France de change.org, autrice de Changer le monde : manuel d’activisme pour reprendre le pouvoir (Éditions First), est l’invitée de #LaMidinale​.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur l’état de la mobilisation  
« Je ne sais pas si l’on peut pas parler de passivité [des citoyens]. »
« Entre mars 2020 et juillet 2020, on a une augmentation de plus de 80% au niveau global des signatures sur change.org. En France, c’est 64%. On a plus de 15% des inscriptions sur la plateforme. »
« Il y eu un verrouillage [de nos libertés] mais il y a eu aussi des réactions. »
« L’impact psychologique de la pandémie a aussi un impact sur notre capacité à nous mobiliser. »
« On a besoin de trouver les outils pour se mobiliser et il y a déjà des choses à faire près de chez nous. »

 Sur l’importance de la communication et la théorie du changement 
« Il ne faut pas dépolitiser l’activisme. »
« À l’époque la communication était plutôt descendante. Aujourd’hui, on est plutôt sur des stratégies qui sont descendantes et ascendantes. »
« La théorie du changement consiste à commencer par quelques activistes très formés qui eux mêmes vont former des gens et eux mêmes vont former d’autres personnes. C’est exactement de cette manière que le mouvement #NousToutes a pris. »

 Sur les mobilisations locales 
« On a la possibilité d’aller chercher les gens différemment et de manière plus efficace en approchant les choses par le local. »
« La grande majorité des pétitions lancées sont des pétitions locales : contre la fermeture des écoles par exemple. »
« Les initiatives et actions locales peuvent être ensuite mobilisées pour des dynamiques de mobilisations pour des échéances électorales. »
« C’est une bonne nouvelle qu’on reparle du local. Avec la crise des gilets jaunes et du covid, les gens ont envie d’être solidaires et d’agir ensemble dans leurs quartiers. »
« Les gens expriment une espèce de reconnexion avec leurs voisins et de voir comment on peut agir en solidarité dans des périodes très tendues du point de vue de l’actualité nationale mais aussi des situations réelles de tous les jours. »

 Sur le pluralisme des combats sur change.org 
« Notre plateforme a des règles d’utilisation et il y a des choses qu’on n’accepte pas. »
« Ce qu’on n’accepte pas, c’est principalement les pétitions qui sont lancées par des groupes de haine. »
« Je ne compte plus les exemples de gens qui ont lancé des pétitions et qui se sont organisés par la suite pour se mettre en contact avec d’autres militants sur des questions similaires. »

 Sur la place des organisations politiques  
« J’ai avant tout écrit ce livre pour des gens qui ne sont pas des militants. »
« Il était important pour moi de parler d’engagement individuel pour que les gens n’aient pas le sentiment que l’engagement se réduirait à signer dans un syndicat, un parti politique ou une association pour commencer à agir. »
« L’engagement individuel participe de la réussite des organisations collectives. »
« Dans la première partie du livre, j’essaie d’aider les gens à construire leur propre leadership dans le changement qu’ils souhaitent voir. Dans la deuxième partie, j’introduis la question de l’organisation collective. » 
« Sur un chemin d’engagement, je pense qu’il est important de se penser soi avant de penser le groupe. »
« Je pense que les organisations historiques, les corps intermédiaires, sont indispensables. Ces initiatives individuelles dont je parle et qui existent sont des outils importants pour ces organisations. »

 Sur la recherche du buzz 
« Sur la majorité des mobilisations citoyennes qu’on voit notamment sur les réseaux sociaux ou en ligne, l’image compte beaucoup. »
« Il y a un vrai enjeu d’accessibilité et l’image, quand on n’arrive pas à exprimer avec ses mots la situation qu’on essaie de combattre, y participe. »

 Sur la désertion des urnes et l’abstentionnisme 
« La question est moins de savoir comment on amène les citoyens aux urnes que de savoir comment on amène les urnes aux citoyens. »
« La question est plus de savoir comment les personnes qui s’engagent dans une élection réfléchissent à aller chercher les citoyen-nes plutôt que d’attendre qu’ils et elles viennent à eux et à leur programme. »
« ll faut que les politiques se saisissent de cette envie des citoyens de participer. »
« Ramener les gens aux urnes, c’est d’abord recréer une confiance dans la politique partisane et de remontrer l’intérêt et l’importance du vote. La question ne vaut pas que pour 2022 mais pour les années qui viennent. »
« Je suis une partisane de l’auto-organisation, de l’interpellation et du plaidoyer mais il faut aussi un réinvestissement des politiques et du citoyen dans la démocratie représentative. »

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