Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 23 octobre 2018

Sergio Coronado : « Dans un mouvement qui aspire à être majoritaire, il faut permettre la diversité »

L’ancien député EELV, candidat FI aux européennes, était l’invité de La Midinale. L’occasion d’évoquer les rapports de Jean-Luc Mélenchon avec les médias, les LGBTphobies, le Brésil, l’Europe et le Manifeste pour l’accueil des migrants.

Vos réactions (2)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

 

VERBATIM

 

 Sur les perquisitions au domicile de Jean-Luc Mélenchon, à la FI et au PG 
« On a le droit légitimement de s’interroger sur la disproportion de ces perquisitions domiciliaire et aux sièges des partis politiques. »
« On a, en France, un parquet assujetti, dépendant, sous la hiérarchie du ministère de la justice, une sorte de bras armé du pouvoir exécutif. »
« On a, depuis 30 ans, une diminution de la place des juges du siège dans les procédures pénales. »
« Le champ des libertés individuelles et publiques se réduit considérablement. »
« Le principal parti d’opposition se trouve quasiment dans les mains du ministère de la justice et de l’intérieur : toutes les informations publiques, individuelles, privées. »

 Sur les réactions à ces perquisitions 
« La presse n’a pas été aussi incisive qu’on aurait pu le souhaiter. »
« EELV n’a pas communiqué publiquement sur ces questions-là. »
« Je ne suis pas de ceux qui, sur ces questions-là, ont un comportement opportuniste. »

 Sur le rapport de Jean-Luc Mélenchon avec les médias 
« Il y a des stratégies de conflictualités avec les médias qui parfois se justifient mais pas toujours. »
« Ce qui peut poser problème, c’est qu’on englobe sans distinguer. »
« Ca ne me dérange pas qu’on dénonce des journalistes qui sont en fait des véhicules, des relais d’opinion du pouvoir en place. Qu’on englobe indistinctement des journalistes qui parfois sont précaires, qui parfois votent pour nous, qui parfois s’interrogent et ont un regard critique, c’est un peu problématique. »
« Le bruit et la fureur qu’on monte en épingle et qui nourrissent les plateaux de télé sont assez périphériques. »

 Sur les agressions à l’égard des LGBT 
« Les trans assassinées, les gays qui n’obtiennent pas l’asile et qui sont renvoyés dans des pays où ils courent des risques pour leur vie, c’est aussi des agressions, c’est aussi de l’homophobie – de l’homophobie institutionnelle qui ne dit pas son nom. »
« A chaque fois que l’on a un débat un peu compliqué comme aujourd’hui sur la PMA, l’homophobie a droit de cité sur l’ensemble des plateaux sous prétexte du débat. »
« Le texte de l’appel [de dimanche dernier] était tellement flou et apolitique qu’il permettait à tout le monde même aux homophobes patentés de s’y rendre. »

 Sur la situation au Brésil 
« Le fascisme fait son retour politique en Amérique latine. »
« Il y a une sorte de restauration d’une pensée très ancienne de la sécurité nationale au cœur des dictatures militaires. »
« Les déclarations de Jair Bolsonaro font froid dans le dos à l’égard des opposants, de la gauche brésilienne, du Parti des Travailleurs mais également à l’égard des LGBT et des minorités visibles. »
« Je suis étonné qu’on ait pas vu dans la séquence qui commence avec la destitution de Dilma Roussel, les germes de ce que pouvait vivre le Brésil : je me souviens du silence assourdissant des chancelleries européennes et de la France notamment. »

 Sur les élections européennes 
« Il faut faciliter non pas les convergences mais un dialogue large de ce que pourrait être une alliance progressiste contre la montée des fascismes en Europe. »
« La stratégie et l’orientation de la France insoumise, je n’ai pas l’impression qu’elle soit partagée en tant que telle par d’autres forces politiques qui disent qu’affronter radicalement la Commission et désobéir aux traités, c’est compliqué. »
« Je suis bien placé pour le savoir pour appartenir encore aujourd’hui à une organisation eurobéate »

 Sur la soirée de solidarité pour l’accueil des migrants au 104 ce jeudi 
« A partir du moment où l’on signe, on estime que tout le monde devrait signer. »
« Je signe à peu près tous les textes sur l’accueil des migrants, des réfugiés, même quand les textes ne me conviennent pas à 100%. »
« La gauche a une responsabilité très grande dans la réduction des droits, la gestion des flux, la défense qui n’a pas eu lieu de l’asile et de l’accueil en général. »
« Les cinq ans sous Hollande n’ont rien à envier du passé en matière d’asile et d’immigration. »
« Ce sont des choses qui méritent d’être débattues avec intelligence et bienveillance. »
« Je pense qu’un mouvement progressiste doit se donner les moyens que les citoyens de cette planète aient le choix, soit de vivre et de travailler au pays, soit de le faire ailleurs. »

 Sur la possibilité de la contradiction au sein de la France insoumise 
« Je n’ai pas l’impression qu’à la France insoumise, on soit violenté quand on a un désaccord. »
« Il y a une forme de violence brute sur les réseaux sociaux. »
« Je pense qu’on peut avoir des nuances, des divergences parfois des désaccords qui lorsqu’ils sont exprimés de façon solidaire et bienveillante, ne posent aucun problème à l’intérieur de la France insoumise. »
« Je crois que c’est nécessaire dans un mouvement qui aspire à devenir majoritaire de permettre que la diversité et la pluralité aient droit de cité. »

Vos réactions (2)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

  • Il apparaît dur de faire passer le message qu’il n’y a pas de culture du chef à la France Insoumise... Tant que tout le monde défend le même programme, il n’est pas interdit d’avoir sa propre opinion sur le fait de voter ou non Macron à la dernière élection face à Lepen, ou de signer ou non un manifeste ayant pour thème l’immigratrion...

    carlos Le 24 octobre 2018 à 11:53
       
    • "Le collectif", ça parle encore à certains voyez-vous.
      Le fait d’être d’accord sur l’essentiel n’implique pas une disparition de la capacité de chacun à exprimer certaines choses par lui-même ! C’est pourquoi il est permis d’avoir un avis différent.. A partir du moment ou il n’y a aucune incohérence sur le fond et donc sur ce qui rassemble, je ne crois pas qu’on puisse y voir un problème.

      Parfois on travaille avec des gens "insupportables" (l’enfer c’est les autres), qui font pour autant bien leur labeur. Si Mélenchon est imbuvable (et peut-être que beaucoup de sympathisants insoumis partagent cet avis), je n’ai aucun doute sur le fait que S. Coronado ou C. Autain n’en reconnaissent pas moins son engagement dans ce combat qui les unis d’autant que la réciproque semble apparemment vraie. Pourquoi ? parce que pour l’heure en tous cas, il s’affichent tous comme faisant partie du même "bloc" ! Certains pourront dire qu’il s’agit d’une "façade", et bien je les remercie alors dans ce cas d’autant plus de passer au-dessus de considérations purement personnelles pour s’attacher à la réussite d’un combat politique ardu contre un ennemi qui n’a pas oublié de diviser pour mieux régner !

      Pour ma part, cette détermination bien visible d’outre passer les différences est une motivation de plus à voter pour le programme "l’avenir en commun" dont il est clair que sur la question migratoire, il n’a strictement rien à voir avec la politique du gouvernement actuel, calquée de ce qu’on a pu constater ces derniers temps sur les aspirations du RN (ex FN). S. Coronado, C. Autan ou J.L. Mélenchon, partagent à coup sûr ce même avis !

      carlos Le 24 octobre 2018 à 13:00
  •  
Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.