Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien, Pierre Jacquemain | 5 mars 2021

Sophie Binet : « J’appelle toutes les femmes et tous les hommes à rejoindre notre grève féministe ce lundi 8 mars »

Lundi 8 mars, plusieurs organisations se mobilisent pour une journée de grève afin de dénoncer les inégalités professionnelles femmes/hommes – encore plus exacerbées depuis la crise du Covid – et les violences sexistes et sexuelles. Sophie Binet, co-secrétaire générale de la CGT Cadres, est l’invitée de #LaMidinale​.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur la grève du 8 mars 
« Pendant le premier confinement on a applaudi des travailleurs essentiels qui étaient majoritairement des travailleuses. »
« Depuis les applaudissements et les envolées lyriques, la situation des travailleuses n’a pas changé, voire s’est dégradée avec la crise : licenciements, automatisation des caisses, flexibilité et temps partiels augmentent chez les femmes. »
« Il faut revaloriser les métiers à prédominance féminine. »
« Il faut mettre fin au fossé entre l’utilité sociale des métiers et leur reconnaissance salariale et sociale dans notre société. »
« La crise sanitaire a exacerbé les inégalités notamment en matière de tâches domestiques. »
« Quand le service public recule, quand les crèches et les écoles arrêtent de fonctionner, la surcharge de travail domestique repose d’abord sur les femmes au détriment de leur vie personnelle, de leur travail et de leur santé. »

 Sur la coordination internationale de l’appel 
« La dynamique internationale existe depuis plusieurs années. Il y a plusieurs pays dans lesquels cette mobilisation du 8 mars se construit. »
« On est dans un contexte particulier et par exemple en Espagne, les rassemblements et manifestations seront interdits. »
« En France, la mobilisation est aussi entravée par le contexte sanitaire avec 20% des salariés qui sont en télétravail. » 
« En France, la mobilisation sera plus importante que les années précédentes. »

 Sur la 190è convention de l’OIT  
« Cette 190è convention de l’OIT est la première loi contre les violences et le harcèlement au travail : c’est une victoire qu’ont obtenu les syndicats en s’appuyant sur la mobilisation #MeToo. »
« Une convention pour être appliquée, doit être ratifiée par les Etats. Elle a déjà été ratifiée par l’Argentine, l’Italie, les Îles Fidji et l’Uruguay. Rien du côté de la France pour l’instant. »
« Le processus de ratification est en cours dans de nombreux pays. »
« On vient de gagner que la ministre du travail s’engage par écrit à ratifier cette convention. La question qui se pose maintenant c’est : est-ce qu’on ratifie cette convention à droits constants ou est-ce qu’on l’accompagne de modifications du droit du travail pour mettre en place des avancées pour les femmes ? Nous ce qu’on dit c’est qu’on ne peut pas se satisfaire de la situation. »
« On dit souvent que l’arsenal législatif est suffisant mais il ne fait peur à personne. »

 Sur le patronat 
« Le patronat refuse de négocier avec les syndicats sur la violence sexiste et sexuelle au travail. »
« Il faut mettre en place des moyens d’accompagnement des femmes victimes. »
« Il faut créer des droits nouveaux dans l’entreprise pour les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles. Il faut garantir le droit au travail des femmes victimes de violences conjugales et ça passe par le droit du travail. »

 Sur la classification genrée de certains secteurs professionnels et métiers 
« A la CGT, on est favorable à la mixité à tous les niveaux dans le monde du travail. »
« Le monde du travail n’est pas du tout mixte. »
« Le seul secteur où la mixité progresse, c’est l’encadrement. Sinon dans le reste, notamment chez les ouvriers et employés, la mixité et la ségrégation des emplois a plutôt tendance à augmenter. »
« La mixité dans les emplois à prédominance féminine ne peut se faire qu’en revalorisant ces métiers : revalorisation salariale, reconnaissance de la pénibilité et l’utilité sociale. C’est cela qui rendra ces métiers plus attractifs. »
« Pour que les femmes puissent exercer certains métiers, il faut aussi revoir les conditions de travail, notamment la pénibilité, et prévenir les violences sexistes et sexuelles. »
« On voit combien l’égalité femme-homme est un levier de progrès pour toutes et tous. »

 Sur le féminisme d’Emmanuel Macron 
« Dans les faits et dans le concret de la situation des femmes au travail, Emmanuel Macron n’a rien changé du tout : la situation des femmes au travail ne s’est pas du tout améliorée depuis son accès à la présidence de la République et malgré ses grands engagements. »
« Le gouvernement refuse de prendre toute mesure contraignante face au patronat. »
« Aujourd’hui, en France, il est moins coûteux de discriminer que de respecter la loi : c’est ce que font donc la majorité des employeurs. »
« Les écarts de salaires entre les femmes et les hommes sont toujours de 26% en moyenne. C’est d’ailleurs ce qui explique que les femmes arrêtent d’être payées à 15h40 chaque jour. »
« Avec la crise, il y a même une augmentation de la précarité : les salariées considérées comme étant en sous-emploi sont à 70% des femmes, notamment à cause des temps partiels. »
« Il y a une augmentation de la flexibilité du travail en horaires atypiques le soir et le week-end qui pénalise énormément les femmes, notamment dans le secteur de la grande distribution. »

 Sur la réforme envisagée par le gouvernement de l’assurance-chômage 
« Les femmes vont être très pénalisées, notamment celles qui sont déjà les plus précaires aujourd’hui : celles à temps partiels, les assistantes maternelles ou aides-à-domicile qui peuvent avoir des passages au chômage… »
« Cette réforme est, dans l’absolu, scandaleuse : on fait des économies sur le dos des chômeurs et notamment sur le dos des plus précaires. »

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