Accueil | Par Pierre Jacquemain | 25 février 2019

Sophie Grilliat : « Sans agriculture aujourd’hui, il n’y a pas de société »

Salon de l’agriculture, véganisme, habitudes alimentaires, condition animale, industries agroalimentaires : quoi manger demain ? Pour en parler, Sophie Grilliat, membre fondatrice de "Changer par l’assiette" est l’invitée de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur le salon de l’agriculture 
« C’est évidemment l’opportunité pour ls grands lobbys de l’agro-alimentaire de défendre leurs intérêts. »
« C’est un moyen aussi de valoriser et de parler des métiers agricoles. »
« Sans agriculture aujourd’hui, il n’y a pas de société. »
« C’est un moyen de se pencher sur la souffrance du monde agricole et du monde paysan. »
« Les chiffres sont clairs : un suicide tous les deux jours dans le monde paysan. »
« Il y a un décalage entre les revenus d’un agriculteur aujourd’hui, qui se situent pour 30% d’entre eux à 350€/mois, et l’industrie agroalimentaire qui vient presser les marges des agriculteurs, et donc des prix derrière qui ne correspondent pas aux coûts de production. »
« Ce qui est vrai à l’international est aussi vrai à l’échelle nationale, on y retrouve le même type d’écueil. »

 Sur les échelles de production 
« Il y a une économie politique mondiale de l’alimentation qui n’est absolument pas vertueuse. »
« Il faut sensibiliser le consommateur à ce qu’il trouve dans son assiette. »
« A partir du moment où l’on se pose la question d’où vient ce que l’on consomme, comment s’est produit, qu’est-ce que ça implique sur le plan écologique, qu’est-ce que ça implique sur le fonctionnement général de l’économie, qu’est-ce que ça implique au niveau nutritionnel, on peut changer les choses. »

 Sur les paniers issus de l’agriculture biologique et l’autosuffisance alimentaire 
« L’enjeu c’est de consommer le plus près possible de l’endroit de production des produits qu’on consomme. »
« La densité urbaine, la densité de population et le niveau de population francilien est beaucoup trop élevé par rapport à la surface agricole consacrée à la production alimentaire. »
« La France est autosuffisante sur le plan alimentaire ce qui n’est pas le cas de beaucoup de pays au monde comme le Mexique ou l’Inde. »
« La France produit plus que ce dont elle a besoin puisque c’est le quatrième exportateur mondial de produit alimentaire. »
« La question n’est pas l’autosuffisance alimentaire mais sur la qualité de la production et sur la qualité de transformation de ses produits de base. »
« Si on se concentre uniquement sur les circuits-courts, on ne consomme plus de café et on ne consomme plus de chocolat. »

 Sur la sélection sociale par l’alimentation 
« Le bio est de moins en moins pour les riches. Aujourd’hui, l’agriculture biologique devient un marché un tant que tel, un marché très fructueux. »
« Les coûts de production baissent, le prix baissent et le hard discount aujourd’hui propose des produits bio tout à fait abordable et la consommation bio grandit de manière très très significative en France, y compris dans les classes populaires. »

 Sur le véganisme et la consommation de viande 
« Je suis flexitarienne, c’est à dire que je mange moins de viande mais j’essaie de manger une viande de meilleure qualité. »
« C’est au départ une affaire de bobo dans la mesure où l’offre alimentaire de masse est encore dirigée par l’offre carnée. »
« Paul Aries point les dérives possibles de ce qui est en train de devenir une nouvelle tendance, par le véganisme, qui est de dire que l’industrie agroalimentaire mondiale s’empare de cette question pour redévelopper un marché dans exactement les mêmes termes que notre ancien mode de consommation. »
« Rien n’échappe au capitalisme et notamment d’un point de vue alimentaire. »

 Sur aménagement du territoire et pratique alimentaire 
« Quand on parle d’aménagement du territoire pur, c’est à dire comme on répartit l’usage des sols, ll y a une concurrence forte entre l’usage à destination d’habitation avec l’étalement urbain, et l’usage agricole qui générer une valeur ajoutée qui est bien moins forte. »
« La tendance aujourd’hui, même si les politiques publiques urbaines tendent à essayer de densifier les villes, elle est très clairement à grignoter de l’espace agricole. »
« Il y a un enjeu majeur parce que moins il y a d’espace agricole, moins la capacité de subvenir aux besoins alimentaires d’une ville, est remplie. »
« Il y a des bureaux d’étude qui se penchent auprès des élus sur la réappropriation des centres urbains pour aider les petits commerçants de bouche à se réinstaller en lien avec le monde agricole périphérique. »

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  • oui enfin, on devrait quand même exproprier sans compensation tous les koulaks à la tête des grandes exploitations céréalières qui sont de vrai parasites inutiles qui nous empêchent de faire la transition écologique :(

    loulou Le 25 février à 12:10
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