Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 20 novembre 2019

Stéphane Lajaumont : « Tellement de choses nous rassemblent qu’il est possible de se retrouver sur un projet clair »

Première réplique du Big Bang hier soir à Limoges. Autour des députées Clémentine Autain et Elsa Faucillon, accompagnée de Gérard Mordillat, Jacques Boutault (EELV) et Benjamin Lucas (Génération.s) ainsi que de nombreuses figures des luttes locales, le Big Bang a réuni plus de 300 personnes dans la capitale limousine. Stéphane Lajaumont, porte-parole d’Ensemble à Limoges, est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur le Big Bang à Limoges 
« Il y a eu un Big Bang à Limoges parce que je pense que, comme partout en France, il y a des gens qui aujourd’hui ne supportent plus à la fois l’offensive du libéralisme macronien, s’inquiètent de la montée de l’extrême droite et constatent qu’il y a des mouvements de gauche qui se questionnent sur la manière dont on peut parler de justice sociale et dont on fait entendre l’urgence écologique. Il y a besoin de frapper ensemble et de proposer un front commun durable sur ces questions-là. »
« On est dans une période où, quel que soit l’endroit où l’on mène les luttes - depuis le monde associatif, syndical ou politique -, on se rend compte qu’il y a tellement de choses qui nous rassemblent qu’il est possible de se retrouver à partir du moment où il y a une clarté du projet. »
« Il y avait 300 personnes hier à Limoges et c’est un signe très encourageant. Ça veut dire qu’il y a un potentiel de luttes et de mobilisations qui fait qu’aujourd’hui, on peut envisager une réponse durable à Macron et à son monde. »

 Sur la convergence des luttes en Haute-Vienne 
« Le Limousin et la Haute-Vienne sont des terres de gauche : il y a une histoire de résistances et de luttes. »
« Il y a une généralisation de la misère alors que la richesse est là. »
« Il faut voir dans la grève du 5 décembre plus un réveil qu’un sursaut. Un réveil où l’on doit mettre les chapelles, les étiquettes et les boutiques derrière soi. »

 Sur le mot « gauche » 
« Mon histoire personnelle, culturelle, militante, familiale fait que le mot gauche est un mot à la fois essentiel et en même temps qui a été sali par des gouvernements PS qui ont mené une politique voulue par les financiers et le patronat. »
« Les jeunes ne savent plus ce que c’est que la gauche mais ils savent ce que sont l’injustice et l’urgence écologique ; donc, si un moyen de leur parler, c’est de ne plus employer le mot gauche – qui ne parle plus qu’à d’anciens militants -, alors allons-y. L’essentiel, c’est qu’on arrive à se rassembler sur les contenus et les urgences. »

 Sur les annonces du gouvernement dans le secteur de la santé 
« La mobilisation du monde hospitalier traduit une souffrance et un besoin de maintenir le lien humain permanent qui doit exister entre les patients, les usagers et les soignants. »
« Il y a un big bang à faire dans le secteur hospitalier. »
« Le curseur n’est pas à la hauteur. »

 Sur les municipales à Limoges 
« Les discussions et les échanges [avec toutes les formations et mouvements de gauche] étaient une première depuis très longtemps. »
« La mairie de Limoges est une mairie qui a basculé à droite aux dernières élections après un siècle de municipalité de gauche. »

 Sur l’unité à gauche à Limoges 
« On a eu l’idée de se rassembler pour ramener la mairie à gauche mais il reste la question du projet. »
« Si certains ont quitté la table - pour instant -, c’est parce que des questions centrales n’ont pas été abordées avec la question par exemple de la métropolisation : faut-il continuer à accumuler les richesses, les activités et les emplois sur Limoges ou au contraire faut-il les répartir sur le territoire de la Haute-Vienne ? »
« Il y a des sujets qui clivent à gauche : dès qu’on aborde la question de la transition écologique, on ne peut pas être sur un entre-deux. »
« Il faut laisser la porte ouverte parce que, plus on sera nombreux pour porter un projet, plus ça permettra de créer des dynamiques. Mais en même temps, il faut de la clarté sur le projet. »
« L’urgence écologique et l’urgence sociale ne peuvent pas être dissociée : soit on porte les deux, soit on porte un projet de renoncement. »

 Sur le ministre haut-viennois des transports, Jean-Baptiste Djebarri 
« Il faut un Big Bang partout : sur la santé, sur l’aménagement des territoires… et là-dessus Djebarri n’est absolument pas à la hauteur. »
« Djebarri est un monsieur qui présente bien. Qui effectivement a un beau discours et un beau sourire. Mais entre paraitre et agir, il y a parfois un monde. »

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