Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien, Pierre Jacquemain | 9 avril 2020

Stéphane Peu : « Il y a des raisons d’être extrêmement inquiet sur le drame social à venir »

Auditions de Christophe Castaner et de Cédric O. La situation en Seine-Saint-Denis. Le jour d’après. Le rôle de la gauche et des écologistes. Le député communiste de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Peu, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur les inégalités en période de confinement  
« Ma première crainte c’est l’état sanitaire pour la population de la Seine-Saint-Denis. »
« En Seine-Saint-Denis, le taux de mortalité a augmenté dans des proportions nettement supérieures aux autres départements. Et nos lits de réanimation sont complets. »
« La population de la Seine-Saint-Denis fait partie de ces petites mains qu’on applaudit à 20h - et j’espère qu’on ne les oubliera pas - qui ne sont pas en télétravail et qui vont au travail chaque matin, dans les grandes surfaces, dans les entrepôts, sur les chantiers, dans les camions. Ces personnes s’exposent davantage sans bénéficier de toutes les protections nécessaires même si va un peu mieux depuis quelques jours. »
« Derrière le drame sanitaire, il y a un drame social qui est en train de se nouer. »
« Les gens qui sont au chromage partiel sont à 84% de leur net et 84% du net quand vous êtes à 1600 euros, mère seule avec deux enfants, c’est 250 à 300 euros en moins sur le salaire à la fin du mois. »
« Les grandes surfaces sont en train de se gaver en ce moment en augmentant les prix. »
« Le prix des cadis augmente et les salaires baisses considérablement. »
« Il y a des raisons d’être extrêmement inquiet sur le drame social à venir. »

 Sur la stigmatisation de la Seine-Saint-Denis 
« Je suis très en colère sur ces articles, commentateurs ou responsables politiques qui pointent du doigt la Seine-Saint-Denis alors qu’on devrait applaudir ses habitants. »
« J’ai horreur de la métaphore de la guerre utilisée par le président de la République mais pour reprendre cette métaphore, les habitants de la Seine-Saint-Denis sont les tirailleurs sénégalais ou les bretons qui étaient dans les tranchées de 14-18 et qui ont été oubliés de nos monuments aux morts et de nos hommages longtemps après. »
« J’ai vu plus de monde dans les beaux quartiers parisiens qu’il n’y en a dans les rues de Saint-Denis ou en bas des cités. »

 Sur la fermeture des rayons non essentiels des supermarchés  
« L’idée fait son chemin. »
« Les produits essentiels, c’est les produits alimentaires ou les produits d’hygiène. »
« Les librairies devraient être ouvertes. »
« On a fait un mauvais sort au petit commerce. On a fermé les petits commerces et les marchés alimentaires : c’est une bêtise. »
« C’est open bar pour les grandes surfaces et les GAFA en ce moment. »

 Sur le secteur du bâtiment  
« Il faut arrêter le secteur du bâtiment et de la construction. Normalement les chantiers ont été arrêtés. Reprendre les chantiers serait une bêtise. »
« Il est faux de dire que le chantier du Charles de Gaulle Express est essentiel. Pareil pour le chantier des Jeux Olympiques dont il est probable qu’ils soient décalés puisque ceux de Tokyo sont reportés à 2021. »

 Sur l’audition de Cédric O et les libertés individuelles 
« L’hypothèse du tracking serait une ligne rouge. »
« On n’est pas en guerre, on est en état d’urgence sanitaire. »
« La lutte contre le Covid-19 passe par la démocratie et la discussion. »
« On ne mobilise pas un peuple comme le peuple français à la trique. Pas en France : ça n’est pas notre histoire, ça n’est pas notre culture. »
« Il y a une tentation autoritaire de ce pouvoir qui ne date pas d’aujourd’hui et une fascination de la startup nation sur tout ce qui est numérique. »

 Sur la visite de Macron au Pr Raoult 
« Je ne m’immisce pas dans les débats que je ne maitrise pas sur la qualité ou la pertinence médicale et de recherche du professeur Raoult. »
« Les Français jugent sévèrement la façon dont jusqu’à présent le gouvernement et les conseillers scientifiques autour de lui ont balayé d’un revers de main ce qui est une espérance de soins sur cette maladie. Il y a eu beaucoup de mépris et de condescendance. »
« Le président de la République essai de rattraper ce qui a été une erreur - comme il y en a eu tant d’autres - que de traiter par le mépris et la condescendance ce que faisait le professeur Raoult et son institut - dont. Je me garde de jugé la pertinence des travaux. »

 Sur la prise de parole de Macron ce lundi 
« Il faudrait que le président de la République mette le pays en perspective et qu’il donne de la cohérence à la parole publique. »
« J’évite d’être trop sévère parce que c’est une crise inédite mais il y a une impréparation sévère. »
« Macron doit prendre la mesure de ce que doit être le jour d’après. »
« Macron doit indiquer un chemin qui ne soit pas celui qu’il poursuit depuis le début du quinquennat. »

 Sur la gauche et les écologistes  
« Avant le Covid-19 il y avait déjà une nécessité d’être rassemblés et la crise du Covid-19 accélère cette urgence. »
« On vit l’échec d »’une mondialisation financiarisée, libérale et productiviste. »
« Seuls la gauche et les écologistes peuvent montrer le chemin. »

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  • In cauda venenum. Il est saugrenu d’affirmer que seule la gauche peut montrer le chemin pour sortir de la crise sanitaire. La gauche avec les écologistes, précise Stéphane Peu. Mais c’est un point de vue encore plus fumeux : nous sommes tous écologistes.

    Présenter les choses comme cela est au mieux naïf. Chaque tendance politique propose des mesures, le bon chemin selon elle. Il y en a plusieurs possibles. Stéphane Peu parle pour celles qu’avance son parti, c’est normal de la part d’un élu doté d’une étiquette. Mais cela ne lui confère pas une expertise indiscutable.

    Tous les partis proposent leurs solutions, ceux de gauche comme ceux de droite. Rien ne dit a priori que les solutions venant de la gauche l’emporteront. Ni celles venant de la droite. Le peuple choisira. Personne ne peut se substituer à lui, aucun parti ne le représente tout entier à lui seul. Et aucun n’a de clairvoyance absolue. Les partis communistes avaient cette double prétention autrefois, d’universalité et d’infaillibilité. Ce temps est révolu, et la sanction qui y a mis fin ne les grandit pas.

    Un parti ne représente pas une compétence, mais une opinion. Aucun ne peut prétendre à un monopole en matière de connaissances scientifiques et aucun ne peut exiger qu’on lui obéisse au titre d’un commandement moral.

    Glycère Benoît Le 12 avril à 22:17
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